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Envoi de Poupou le 13 Mai 2005 14:10:39:
Le duel Anquetil-Poulidor dans le Puy-de-Dôme (1964)
En ce jour du 12 juillet 1964, sous un soleil ardent, 500.000 spectateurs se sont massés sur les flancs abrupts du Puy-de-Dome, sans savoir qu’ils vont assister à un duel homérique.
La montée du Puy-de-Dôme, à partir de Royat, comporte cinq kilomètres d’une côte à 7 %, puis un kilomètre de faux-plat, et pour terminer cinq kilomètres à 13 % en moyenne. La route chauffée à blanc est étroite, sans aucun abri, et prend la forme d’un tire-bouchon étincelant au soleil.
Une échappée d’une trentaine de coureurs constitue le premier groupe au sein duquel figurent les meilleurs. Ils traversent Chamalières en tête pour affronter les premières rampes de l’ascension.
Déjà, les maillots sont détrempés, la sueur ruisselle sur les visages et le regard devient fixe.
Au pied du vieux volcan, Jacques Anquetil conserve une marge de sécurité de cinquante-six secondes sur Raymond Poulidor.
Dans le raidillon, les deux rivaux montent au coude à coude derrière Federico Bahamontès et Julio Jimenez qui ont pris les devants. Les grimpeurs ne peuvent rêver d’un meilleur terrain pour s’exprimer et ils en profitent. Derrière eux, Anquetil et Poulidor gravissent la pente filiforme épaule contre épaule, sans échanger un regard, conscients de l’enjeu et de l’effort qui reste à accomplir.
Suivant les conseils de son directeur sportif, Raphaël Géminiani, Anquetil reste à la hauteur de son adversaire, afin de ne pas lui laisser l’initiative et l’impressionner au maximum. De son côté, Poulidor ne peut que suivre le train sans parvenir à lâcher le porteur du maillot jaune.
À 900 mètres du sommet, Anquetil craque soudain. Il cède un mètre, puis deux. L’effondrement total ne tient qu’à un fil, mais ce fil résiste. La victoire d’étape, le maillot jaune et peut-être même la victoire finale au classement général se jouent à ce moment précis. Poulidor augmente son avance, grignotant seconde par seconde, mais, dans un sursaut d’orgueil, et grâce à son courage légendaire, Anquetil parvient à limiter les dégâts et à sauver sa première place pour quatorze secondes. Poulidor s’est battu avec énergie et bonne conscience, au paroxysme de l’effort, mais il n’est pas parvenu à aller au-delà de lui-même. À l’arrivée, il regrette amèrement son choix pour un braquet de 42 x 25 (3,58 m), alors que Bahamontès, par exemple, avait monté un 42 x 26 (3,45 m). Il estime qu’un développement plus petit lui aurait permis de produire une accélération plus vive lorsque Anquetil a fléchi et d’effectuer alors le bond décisif.
Lors de la dernière étape courue contre la montre, Versailles-Paris, Jacques Anquetil transforme ces quatorze secondes en cinquante-cinq secondes. Il remporte ainsi son cinquième Tour de France, devant Raymond Poulidor classé deuxième
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