Testament d'Edith Piaf Forum pentecôtiste
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Forum pentecôtiste Modification: 2/7/2008
Création: 14/11/2003

Il est nécessaire que le monde nous laisse au cœur un grand vide. Ce vide c'est la place de Dieu.

 
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    Envoi de Esaïe 55 le 09 Décembre 2007 17:47:50:

    Il faut lire cela dans le testament d’Edith Piaf.

    « Cette lettre est plus qu'un testament. Je voudrais qu'elle fasse comprendre qui j'ai été vraiment et pourquoi, parfois, j'ai mené une vie absurde... Lorsque la maladie vous frôle avec opiniâtreté, lorsqu'on sent, comme je le sens moi, la mort rôder à tout instant, il y a un moment où on est obligé de faire le point avec soi-même. Il y a un moment où on se demande si on n'a pas vécu pour rien...

    J'ai fait des sottises. Souvent j'ai été méchante. J'ai gaspillé mes forces, ma santé, ma fortune. J'ai été prodigue en tout d'une manière exagérée, folle. Je me suis jusqu'à présent cherché et trouvé mille circonstances atténuantes. Aujourd’hui, je n'en ferai rien. Je veux me pencher sur ma vie et me juger franchement, sans tricher, sans excuses. A chaque échec, à chaque déception, je me suis enfoncée un peu plus dans la certitude que ce que j'attendais n'arriverait jamais. Les années ont passé. Si, jeune, je savais que les garçons s'intéressaient à moi parce que, sans être belle, j'étais mignonne, quand les rides et la fatigue ont marqué mon visage, j'ai connu un drame. Je me suis aperçue, un jour, qu'on jouait la comédie de l'amour pour réussir, par intérêt. La première fois, en 1957, j'ai entendu l'homme qui disait m'aimer raconter à des amis : « Edith me permet de réussir en quelques semaines, alors que sans elle il me faudrait des années. »

    Ce jour-là j'ai réalisé que j'avais vieilli, et pour une femme, c'est un jour atroce. C'est depuis ce moment-là que j'ai commencé à me détacher de plus en plus de la vie. J'ai accumulé les sottises, alors que j'aurais dû acquérir de la sagesse... Depuis cette époque, je ne parviens plus à m'accrocher à rien. J'ai connu depuis lors la peur, la peur de mourir toute seule, sans personne autour de moi, abandonnée de tout le monde. Parce que brutalement tout s'était éclairé en moi. Et je me suis aperçue que, lorsque la maladie m’abattait, lorsqu'on m'annonçait que j'étais perdue pour la chanson, personne ne venait me trouver. Je me souviens, entre autres, de cette nuit de Noël 1958. J'avais à tout prix, bien qu'encore faible, voulu quitter la clinique pour recevoir mes amis. J'ai fait téléphoner à tous par ma secrétaire. Quand, à trois heures du matin, je me suis résignée à me coucher, personne n'était venu. J'étais seule, horriblement seule dans cette grande maison que j'avais voulue grande pour recevoir mes amis.

    Mon Dieu, que je regrette aujourd'hui! Comme je voudrais pouvoir tout recommencer à zéro... A l'âge où on commence à comprendre la vie, à l'âge où l'indulgence remplace la colère, il est trop tard. Il aura vraiment fallu qu'après une vie de tourbillons et de bruit, je me retrouve seule avec mon infirmière dans cette maison de Placassier, perdue dans les collines, pour que je prenne conscience de tout cela. Comme j'ai changé! Je retrouve soudain ce besoin de pureté, cette envie de pleurer qui m'envahissait lorsque j'étais une petite fille. Cette envie de poser ma tête contre une épaule amie et de fermer les yeux, et de me reposer enfin. Quand je pense à ma vie, à toutes ces débauches de forces, j'ai honte de moi. Quand je revois cette petite femme engoncée dans sa fourrure, qui traîne la nuit sa solitude et son ennui, je pense que Piaf, ç'a été ça...! J'ai été quelquefois injuste et parfois méchante. J'ai aussi été ronchonneuse, coléreuse et autoritaire. A tous, je demande pardon. Et lorsque vous lirez cette lettre, à ne publier qu'après ma mort, ne pleurez pas. »

    Mais si, nous pleurons. Cette grande maison vide, sans ami, n'est-ce pas l'image d'un cœur vide sans Dieu? Le cœur de l'homme est fait pour l'Absolu, et Dieu seul peut le combler. « Mon fils, donne-moi ton cœur » (Proverbes 23/26).




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