BRGM et utilisation "optimiste" des machefers
Envoi de serge le 16 Novembre 2004 20:03:10:
Chaque Franais produit un kilo dordures mŽnagres chaque jour avec un volume ˆ traiter toujours plus important. Alors que les dŽcharges sont progressivement fermŽes, lincinŽration, combinŽe ˆ la valorisation des matires recyclables (papiers, cartons, plastiques,..), simpose comme le mode de traitement le plus rŽpandu dans les communes. Mais lincinŽration produit aussi ses propres dŽchets, les MIOM et les REFIOM (rŽsidus de fumŽe dincinŽration dordures mŽnagres). Chaque tonne incinŽrŽe produit ainsi 250 ˆ 300 kg de m‰chefers et 50 ˆ 70 kg de rŽsidus dŽpuration de fumŽes. Alors que les REFIOM, considŽrŽs comme dŽchets ultimes du fait de leur toxicitŽ, doivent tre envoyŽs en dŽcharge, les MIOM peuvent au contraire tre valorisŽs dans le BTP, Žvitant ainsi des cožts importants de mises en dŽcharges pour les collectivitŽs. lheure o les granulats naturels deviennent plus rares et donc plus chers, lutilisation de MIOM peut-elle reprŽsenter une alternative Žconomique et environnementale crŽdible ? Ces m‰chefers, qui reprŽsentent 2% du tonnage total de matŽriaux consommŽs en France, peuvent-ils avoir des incidences sur lenvironnement, la santŽ, la qualitŽ de lair ou des eaux souterraines ? Ce sont quelques-unes des F I CHE DE SYNTHSE SCIENTI FIQU E N 5 - FŽvrier 2004 En France prs de 70 % de la production totale de MIOM (m‰chefers dincinŽration dordures mŽnagres) soit 2,25 millions de tonnes sont traitŽs en IME (installation de maturation et dŽlaboration). Le recyclage constitue la solution optimale si on considre les contraintes environnementales et Žconomiques pour ces produits qui sont ˆ la fois des dŽchets et un matŽriau. Par son expertise, le BRGM participe aux recherches pour amŽliorer cette valorisation. MIOM (m‰chefers dincinŽration dordures mŽnagres) 1 Ordures mŽnagres 2 IncinŽration 3 Production de MIOM M‰chefers dincinŽration : un nouveau matŽriau pour le dŽveloppement durable Direction de la Communication et des ƒditions - D. Roblin - TŽl. 02 38 64 39 76 4 Confortement de carrires souterraines 5 Sous-couche routire 6 Granulats de charge dans le bŽton 7 Possible influence sur la qualitŽ des eaux souterraines 3 2 1 6 4 5 7 M.Villey-Brgm questions auxquelles le BRGM veut rŽpondre gr‰ce ˆ des Žtudes destinŽes ˆ Žvaluer le comportement des m‰chefers ˆ moyen et long terme. La valorisation des MIOM, explique Patrice Piantone, chargŽ de ce dossier au BRGM, appara”t comme un important challenge aussi bien pour les collectivitŽs territoriales que pour les industriels du BTP. QUEL IMPACT SUR LENVIRONNEMENT ? La valorisation des m‰chefers nest pas une nouveautŽ (la ville de Toulouse les utilise depuis 1926 dans ses travaux urbains). Pourtant, leur utilisation a encore mauvaise presse : les dŽfenseurs de lenvironnement y voient une source de pollution potentielle des eaux souterraines tandis que les Žlus et les administrations hŽsitent ˆ les utiliser. Cest pourquoi, sur environ trois millions de tonnes de MIOM produites chaque annŽe, il semblerait que seulement 50 % soient valorisŽs dans les travaux publics o ils sont utilisŽs comme sous-couche routire ou pour le comblement de fossŽs et de remblais. Alors quune partie encore importante de la production part en dŽcharge, le dŽfi actuel consiste donc ˆ promouvoir leur valorisation. Le BRGM travaille notamment sur limpact des MIOM dans lenvironnement (prŽsence de mŽtaux lourds et de dioxines) et sur leur qualitŽ gŽotechnique de matŽriau de substitution. Des progrs sensibles ont ŽtŽ enregistrŽs en quelques annŽes. Ainsi, une circulaire de 1994 dŽfinit des indications de bons usages pour la production et lutilisation des m‰chefers avec des analyses obligatoires au sortir des fours. En fonction de leur composition, ces rŽsidus peuvent tre valorisŽs aprs une maturation minimale de trois mois sur une plate-forme dŽlaboration ou, pour les plus mŽdiocres au terme dune annŽe de maturation, stockŽs en centre denfouissement technique de classe 2. UN MATƒRIAU TECHNIQUEMENT FIABLE PlacŽ en maturation ˆ lair libre entre trois mois et un an maximum, le MIOM perd une bonne partie de ses capacitŽs polluantes et acquiert ainsi des qualitŽs qui le rendent plus compatible avec lenvironnement (abaissement du pH alcalin ˆ lorigine). Les premiers rŽsultats sont donc encourageants. Une Žtude du ministre de lEcologie et du DŽveloppement Durable a montrŽ que la migration des dioxines dans les sols et les eaux souterraines Žtait inexistante (il ny a pour ainsi dire pas de dioxines dans les m‰chefers actuels, bien moins de 20 g TEQ par kg, ce qui les met au niveau dun sol faiblement polluŽ). Dautres Žtudes se poursuivent cependant afin damŽliorer encore les performances environnementales et gŽotechniques de ces rŽsidus. Certaines portent en particulier sur lajout de liants pour stabiliser et/ou emprisonner les ŽlŽ- ments polluants dans une matire solide par liaison chimique (stabilisation) ou mŽcanique (encapsulation). Une bonne valorisation des MIOM suppose quils soient bien adaptŽs aux techniques routires. Des tests rŽalisŽs sur des chantiers menŽs dans les annŽes 70 montrent une bonne durabilitŽ mŽcanique des structures et une faible influence des MIOM sur la qualitŽ des sols. De nouvelles techniques (traitement par des liants pour assurer une meilleure cohŽsion, ajout de gravillons, enrobage par bitume) permettent encore damŽliorer ce matŽriau qui pourrait Žgalement tre utilisŽ dans le confortement de carrires souterraines pour prŽvenir les effondrements. Lajout de liant, chaux, ciment, pourrait aussi favoriser lutilisation de m‰chefers comme granulat de charge dans le bŽton bien que cela pose le problme de la banalisation du dŽchet comme matŽriau et donc de sa traabilitŽ. La rŽussite de la valorisation suppose, au prŽalable, de vaincre des prŽjugŽs, de jouer la carte de la transparence et surtout dinnover pour produire un meilleur matŽriau, encore plus compŽtitif et surtout avec peu dimpact sur lenvironnement. Les m‰chefers pourront alors vŽhiculer une image davant garde, celle du concept dŽcologie industrielle qui prŽfigure la coopŽration future entre industriels, collectivitŽs et gestionnaires des milieux naturels. FŽvrier 2004 Pour en savoir plus : Patrice Piantone - TŽl. 02 38 64 34 27. Collaboration rŽdactionnelle : Jean-Jacques Talpin Centre scientifique et technique BRGM - 3, avenue Claude-Guillemin - BP 6009 45060 OrlŽans Cedex 2 - TŽl. 02 38 64 34 34 www.brgm.fr Le projet europŽen AWAST La valorisation des rŽsidus dincinŽration est un des ŽlŽments de la gestion globale des dŽchets mŽnagers. Le BRGM travaille avec 10 autres partenaires europŽens au programme AWAST (Aid in the Management and European Comparison of Municipal Solid Waste Treatment methods for a Global and Sustainable Approach). Lobjectif est de crŽer un outil daide ˆ la dŽcision pour collectivitŽs locales afin damŽliorer leur gestion des dŽchets avec des approches en termes de qualitŽ et de quantitŽ, dŽnergie, de cožts et denvironnement. Une rentabilitŽ Žconomique immŽdiate Pour une collectivitŽ, la valorisation des m‰chefers peut reprŽsenter une bonne opŽration. Le cožt global des m‰chefers sur une plate-forme de maturation sŽtablit en moyenne ˆ 40 euros la tonne contre au minimum 70 euros la tonne stockŽe en dŽcharge. Une ville moyenne avec une production de 35 000 tonnes par an peut donc Žconomiser plus dun million deuros. Pour les entreprises de BTP, lintŽrt est Žgalement Žvident avec un cožt de un ˆ deux euros la tonne contre trois ˆ quatre euros pour les granulats naturels Fragment de m‰chefers issu de lincinŽration des ordures mŽnagres vu au microscope Žlectronique ˆ balayage (x 750) BRGM M‰chefers BRGM
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