Re: recherche poeme r lamoureux
Envoi de Greyowl le 04 Juillet 2007 17:11:29:
Réponse à: recherche poeme r lamoureux envoi de gilou le 24 Décembre 2006 13:40:49:
Voici le poème : Le Printemps On a beau dire, mais le printemps, C'est tout d'même une bien jolie chose, Sur les rosiers y pouss'nt des roses Et les pommiers s'habillent de blanc Mais l'printemps, c'est vriment dommage, Il a beau venir bien habillé, Cett' pauv' terre a tell'ment d'ouvrage Qu'elle'n'a mêm' plus l'temps d'le r'garder. Pensez donc ! La bombe atomique c'est tell'ment plus préoccupant. A l'époque où l'printemps rapplique, Aller s'promener, c'est perdr' son temps. Moi, j'veux bien! Seul'ment j'peux vous dire que d'jouer les blasés, les repus, Y'a une chose qui pourrait s'produire... C'est qu'le printemps... ben y r'vienne plus...! Y'aura toujours des feuilles aux branches Et des fleurs, et des soirs de mail, Desmarguerites et des pervenches, Mais c'est votr' coeur qui s'ra fermé. Vous viverz dans l'indifférence, Vous s'rez pir's que des morts vivants, Vous n'aurez plus que l'oppulence, Seul'ment vous n'aurez plus l'printemps ! L'coeur d'un homme, c'est grand... mais tout d'même Faut pas y mettr' tout à la fois. S'il est bourré d'fric à l'extrême, Le printemps n'y entrera pas. On peut toujours construire des bombes, Inventer des médicaments. A quoi ça sert si d'vant la tombe, Vous n'avez pas connu l'printemps. Ca m'ennuie d'jouer les prophètes, Mais rapp'lez-vous bien c'quej'vous dis : Si l'printemps voit qu'il vous embète, y r'viendra plus jamais ici. Alors messieurs qui m'nez la terre, Pensez à nous, humbles vivants. C'est qu'au fond nous somm's nécessaires : Car c'est nous qui gardon l' prinemps. Vous pensdez bien que si dans l'monde Le printemps fleurit chaque année, C'est pas pour ceux qui font des bombes, Mais pour ceux qui les prenn'nt sur l'nez. Il vient en se disant qu'en somme Nous, on n'est responsablke's de rien, Et comme y nous aim' comm' nous sommes, C'est pour nous, les tout p'tits qu'il vient ! Aussi messieurs les intouchables, quand l'soleil s'ra sur votr' bureau, Accoudez-vous sur votre table Et dit'es-vous dans c'rayon tout chaud : "Voilà le printemps, les feuilles repouss'nt. "Bonjour printemps, assieds-toi là" Et dans une frêle odeur de mousse, Le prinemps dira d'un' voixdouce : "Ce sont les humbles qui m'envoient..." Robert Lamoureux
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