
|
| [Envoyer un message] | [Forum forumautroisbal] | [F.A.Q.] | [Chat] | [Archives] |
| (1 visiteur) |
| Forum Forumautroisbalais | Modification: 5/9/2005 Création: 9/10/2004 |
|
|---|---|---|
Bienvenus Au Trois Balais, le forum qui parle de l'univers d'Harry Potter! |
||
| 1496 messages déposés | ||
Attention: les citations qui figurent dans cet article sont en anglais. Histoire de ne rien perdre du texte original. SI vous voulez un exemplaire de l'article avec traductions, demandez.
HARRY, FIGURE DU CHRIST
Le fils du Tout-Puissant et de la pureté
La filiation de Harry est, comme celle du Christ, le fruit de l’union de la pureté et de la Toute-Puissance. Chez le Christ, l’union est celle de la Vierge Marie, l’Immaculée, et de Dieu, le Tout-Puissant. Jésus a néanmoins un père humain, Joseph, qui est son père aux yeux des hommes puisqu’il est le mari de sa mère. On retrouve chez Harry cette triple filiation.
En ce qui concerne sa mère, Harry est comme le Christ fils de la pureté. Il est le fils de Lily, dont le nom signifie « lys », lequel est un symbole de pureté. De plus, Lily est d’extraction non-magique, de la même façon que Marie était d’extraction pauvre. Son origine détonne avec son destin extraordinaire : elle est « Muggle-born », fille de Moldus.
James est, comme Joseph pour le Christ, le père humain de Harry. Ceci ne fait aucun doute aux yeux des hommes : Harry est physiquement le portrait de son père, mis à part ses yeux, qu’il tient de sa mère. Tout le monde, de Hagrid à Dumbledore en passant par Slughorn et Lupin, le lui dit. Physiquement il est le portrait de son père biologique, mais moralement ? Moralement Harry tient beaucoup plus de sa mère, ainsi que le soulignera Dumbledore : « He is his father over again – », dit Snape, ce à quoi Dumbledore lui répond : « In looks, perhaps, but his deepest nature is much more like his mother’s » . Comme si James n’avait été prédestiné qu’à transmettre ses caractéristiques physiques à Harry. Et pourtant, comme le Christ, Harry reconnaît son père humain comme son père. Il est fier de sa filiation, et choisit fondamentalement James comme son protecteur, ainsi qu’en témoigne la forme de son Patronus, qui est un cerf, la forme animale de James. La forme animale : comme si James avait été l’animal procréateur de Harry. Rien de plus, mais rien de moins.
C’est que Harry, comme le Christ, en sus d’un père biologique, a une filiation paternelle liée à la Toute-Puissance. Cette Toute-Puissance est en l’occurrence divisée entre deux figures, l’une terrifiante, l’autre bienveillante, ainsi qu’il en est dans certaines civilisations : celle de Voldemort et celle de Dumbledore. Et cette double paternité s’établit alors que Harry est âgé de un an, à Godric’s Hollow, le soir de la mort de ses parents biologiques.
Ce soir-là, l’acte de paternité de Voldemort vis-à-vis de Harry est à la fois réel et symbolique. Symbolique, à travers l’éclair que Voldemort lance à Harry en lui projetant son sortilège mortel, l’Avada Kedavra. Ce sortilège est un sortilège mortel, destiné à tuer Harry et non à le faire naître, néanmoins c’est l’effet inverse qui se produit. Harry, loin de mourir, survit, et plus, même : il renaît en tant que le Harry dont le destin sera le sien. L’éclair est en effet dans le symbolisme de nombreuses civilisations associé à l’émission de sperme et à l’acte créateur de Dieu. Ainsi, Voldemort, ce Tout-Puissant maléfique, en lançant l’éclair de son sortilège à Harry, le marque du sceau de sa paternité. Cette paternité est même plus que symbolique, elle est réelle, puisque ce faisant Voldemort transmet à Harry certains de ses pouvoirs. Au vrai, l’ensemble de ses pouvoirs, dont celui de parler la langue des serpents, puisque sans le savoir ce soir-là Voldemort fait de Harry l’un de ses Horcruxes, autrement dit il lui transfère involontairement une part de son âme. Comme s’il s’agissait d’une transmission génétique. Ce soir-là, Voldemort s’incarne véritablement en Harry.
La paternité de Dumbledore, l’autre Tout-Puissant, le bénéfique, vis-à-vis de Harry est quant à elle adoptive. Passant outre, en effet, les droits du père de substitution de Harry à la mort de James, à savoir Sirius, c’est Dumbledore qui, le soir de la mort des parents de Harry, prend ce dernier en charge. C’est lui qui envoie Hagrid chercher le petit Harry pour l’emmener chez son oncle et sa tante, et c’est lui qui écrit à Petunia la lettre lui confiant Harry. C’est ainsi lui qui prend le relais des Potter dans la prise en charge du jeune sorcier. Il l’avoue du reste à Harry quinze ans plus tard : « I never dreamed that I would have such a person on my hands » . Et Harry ressent la réciproque. À la mort de Dumbledore, Harry se sent une ultime fois orphelin : « And Harry saw very clearly as he sat there under the hot sun how people who cared about him had stood in front of him one by one, his mother, his father, his godfather, and finally Dumbledore, all determined to protect him ; but now that was over. He could not let anybody else stand between him and Voldemort ; he must abandon for ever the illusion he ought to have lost at the age of one : that the shelter of a parent’s arms meant that nothing could hurt him. There was no waking from his nightmare, no comforting whisper in the dark that he was safe really, that it was all in his imagination ; the last and greatest of his protectors had died and he was more alone than he had ever been before » . « Mon Dieu », aurait pour sa part murmuré le Christ sur la croix, « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».
L’Amour incarné
Le Christ est pour sa part l’Amour incarné. Ce qu’est aussi Harry.
Harry est en effet l’Amour incarné depuis que sa mère, Lily, s’est sacrifiée pour lui. Par ce sacrifice, elle lui a transmis physiquement tout l’amour maternel qu’elle portait en elle. Ce que Dumbledore explique bien à Harry : « Your mother died to save you. If there is one thing Voldemort cannot understand, it is love. He didn’t realise that love as powerful as your mother’s for you leaves its own mark. Not a scar, no visible sign… to have been loved so deeply, even though the person who loved us is gone, will give us some protection for ever. It is in your very skin » . D’où que Quirrell, possédé par Voldemort, lequel ne connaît pas l’amour et ne comprend rien à ce mystère, ne puisse toucher Harry sans en éprouver une intense souffrance. Souffrance dont il finit par mourir, car il ne peut supporter d’être physiquement en contact avec un être empli de ce mystère qu’est l’amour. Ce qui prouve bien que Harry en est investi. De même, lorsque Voldemort prend possession de Harry au ministère de la Magie, c’est le transport d’amour que le jeune sorcier ressent vis-à-vis de son parrain qui fait évacuer Voldemort de son corps. Là encore, Voldemort ne supporte pas physiquement le contact avec cette force qu’il ne connaît pas et à laquelle il ne comprend rien : l’amour. Plus tard encore, après la mort de Dobby, l’amour de Harry pour l’elfe repousse l’insertion de Voldemort dans son esprit. Repensant à l’épisode du ministère, Harry associe ce phénomène au chagrin plutôt qu’à l’amour. Mais c’est bien une manifestation de l’amour, de l’amour triste, dont il est, dans les deux hypothèses, question.
Cet amour, dont le Christ comme Harry sont investis, est bien une force supérieure. Dixit encore Dumbledore : « There is a room in the Department of Mysteries », interrupted Dumbledore, « that is kept locked at all times. It contains a force that is at once more wonderful and more terrible than death, than human intelligence, than the forces of nature. It is also, perhaps, the most mysterious of the many subjects for study that reside there. It is the power held within that room that you possess in such quantities and which Voldemort has not at all. That power took you to save Sirius tonight. That power also saved you from possession by Voldemort, because he could not bear to reside in a body so full of a force he detests. In the end, it mattered not that you could not close your mind. It was your heart that saved you » . Et cette force supérieure rend Harry sacré à Voldemort, c’est-à-dire intouchable. Ceci, physiquement jusqu’à ce que Voldemort se serve du sang de Harry pour assurer la résurrection de son corps. Alors, il peut toucher Harry. Mais l’épisode du ministère, où Voldemort ne supporte pas longtemps de prendre possession de Harry, et les instants qui suivent la mort de Dobby, où Harry ne ressent plus l’insertion de Voldemort dans son esprit, montrent que l’avancée de Voldemort dans son pouvoir de toucher Harry n’est que superficielle : ils peuvent se toucher de peau sans que Voldemort en ressente désormais de la souffrance ; ils ne peuvent se toucher de cœur.
Par ailleurs, Harry, tel le Christ, lorsqu’il comprend que sa destinée est de se sacrifier, en l’occurrence pour éradiquer en lui la part d’âme de Voldemort qui y réside, se sacrifie dans un acte d’amour. Sa dernière pensée, au moment de mourir, est une pensée d’amour : elle est dirigée vers Ginny. Et le sacrifice de Harry assure, à la manière du sacrifice de sa mère, la protection de ceux qu’il aime. Et Harry le sait très bien. Ainsi qu’il le dit à Voldemort, lors de leur confrontation finale : « I’ve done what my mother did. They’re protected from you. Haven’t you noticed how none of the spells you put on them are binding ? You can’t torture them. You can’t touch them » . Ainsi, comme sa mère, Harry aura eu le pouvoir de rendre sacré vis-à-vis de Voldemort, c’est-à-dire intouchable pour lui. Ceci, parce qu’au moment de son sacrifice il incarne véritablement la force d’amour.
Une dimension messianique
La dimension messianique de Harry se manifeste tout d’abord par l’Annonciation dont il fait l’objet, L’Annonciation dont le Christ fait l’objet est énoncée à Marie, par l’Archange Gabriel. Celle dont Harry fait l’objet est faite par Sibyll Trelawney, à Albus Dumbledore : « The one with the power to vanquish the Dark Lord approaches… born to those who have thrice defied him, born as the seventh month dies… » . Certes la prophétie faite par Trelawney aurait tout aussi bien pu concerner Neville Longbottom que Harry Potter, néanmoins il y est spécifié que le Seigneur des Ténèbres marquerait l’enfant comme son égal, or c’est Harry que Voldemort choisit, en lui lançant son sortilège mortel, de marquer, involontairement bien sûr, comme son égal, dans la mesure où il lui transfère une part de son âme.
Une fois Voldemort vaincu à Godric’s Hollow, Harry est connu dans le monde des sorciers comme le survivant, « the boy who lived ». Et lors de son retour dans ce monde, lorsqu’il atteint ses onze ans, il y est attendu comme le Messie. À peine arrive-t-il au Leaky Cauldron que tous les clients s’approchent de lui et veulent lui serrer la main, le toucher, comme on peut vouloir toucher un saint. Par la suite, après l’épisode du Département des Mystères et la fuite selon laquelle Voldemort aurait été en quête d’une prophétie le concernant lui et Harry, Harry est désigné comme étant l’Élu, « the Chosen One ». Ce dont Harry se sert : c’est en effet en avouant à Horace Slughorn qu’il est l’Élu qu’il réussit à obtenir le souvenir de son professeur de potions que ce dernier était si réticent à fournir – le souvenir concernant Voldemort et son désir de savoir ce que sont les Horcruxes, et comment on les fabrique.
Harry est ainsi considéré comme un Messie par le monde des sorciers, mais il en a également l’attitude. Il a en effet, comme Hermione le lui signale à un moment, une nette tendance à vouloir sauver les gens, a « saving-people thing » . Qu’il s’agisse de Ginny dans la Chambre des Secrets, de la jeune Gabrielle Delacour dans le lac lors du Tournoi des Trois Sorciers, ou de Sirius au ministère de la Magie, Harry a clairement un penchant pour sauver les autres du danger. C’est dans sa nature : il a un tempérament messianique.
Ce tempérament messianique trouve son apothéose dans le sacrifice qu’il accepte de faire de sa personne pour venir à bout de Voldemort. Car comme le Christ, il accepte son sacrifice. Comme le Christ, il marche vers sa propre mort, qu’il sait inéluctable, quoiqu’il soit paradoxalement en son pouvoir de l’éluder : « And Dumbledore had known that Harry would not duck out, that he would keep going to the end, even though it was his end, because he had taken trouble to get to know him, hadn’t he ? Dumbledore knew, as Voldemort knew, that Harry would not let anyone die for him now that he had discovered it was in his power to stop it » . La double référence ici à Dumbledore et à Voldemort équivaut à une référence à l’ascendance divine de Harry : les Tout-Puissants qui sont ses pères savent que Harry n’échappera pas à son destin, qu’il ne le fuira pas, qu’il se sacrifiera ainsi qu’ils l’avaient prédit. Et Harry, en effet, comme le Christ, se sacrifie.
Crucifixion et résurrection
Le Christ a été crucifié. Sur la croix, il porte des stigmates aux mains et aux pieds, résultats de sa crucifixion. Il porte également les stigmates dus à la couronne d’épines qu’on lui a fait porter. Et, pour vérifier qu’il est bien mort, il reçoit un coup de lance en plein cœur. Le Christ est bien mort. Mais, trois jours après, il ressuscite : il revient d’entre le royaume des morts. Ce sont les hommes qui l’ont tué. Mais c’est son Père, le Tout-Puissant, qui l’a voué au sacrifice, et qui l’a fait également ressusciter. Le destin de Harry est, à peu de choses près, analogue.
Tout d’abord c’est le Tout-Puissant Voldemort qui le sacrifie. La scène se situe dans le cimetière de Little Hangleton, où est enterré le père de Voldemort et où ce dernier choisit de retrouver son corps. Pour ce faire, il a besoin du sang de Harry. Harry se retrouve pris au piège, enchaîné à la tombe du père de Voldemort comme le Christ était cloué en croix. Il est marqué à la jambe, par la morsure de l’Acromantule qu’il a rencontrée dans le labyrinthe peu avant cela, il est marqué au bras, par le coup de poignard que lui a donné Wormtail afin de prendre son sang, et il est marqué au front, par sa cicatrice qui le fait hurler de douleur. Cette cicatrice, pour Harry, c’est sa couronne d’épines. Ainsi, dans cet épisode, Harry porte tous les stigmates du Christ au moment de sa mort. Et Voldemort pratique sur lui un sacrifice de sang. Puis il lui lance le sortilège qui porte bien son nom : le Cruciatus Curse. Enfin il attente à sa vie, en lui lançant, pour la deuxième fois de sa vie, un sortilège mortel. Mais, comme la première fois, Harry ne meurt pas. Se produit entre sa baguette et celle de Voldemort le phénomène du Priori Incantatem, la remontée des sortilèges, qui sauve Harry de l’Avada Kedavra dont il était la cible. Brisant le lien unissant les deux baguettes au moment où ses parents lui en donnent le signal, et se saisissant du Portoloin qui le ramènerait à Hogwarts, Harry s’échappe ainsi de ce royaume des morts qu’est le cimetière de Little Hangleton, et renaît symboliquement à la vie. Du reste, tout se présente ici comme une renaissance, après l’Avada Kedavra lancé par Voldemort. En effet Harry et Voldemort se retrouvent encocounés dans un dôme d’or, lequel peut faire figure d’utérus, reliés par un fil d’or faisant pour sa part figure de cordon ombilical, et le moment où Harry brise le lien unissant les deux baguettes peut être vu comme l’image du cordon ombilical qui se coupe. Alors, Harry se saisit du Portoloin et renaît à la vie, la sienne, celle de Hogwarts, où l’attendent les vivants.
Un an plus tard, au ministère de la Magie, Voldemort prend possession du corps de Harry afin que Dumbledore le sacrifie, de façon à venir à bout de lui, Lord Voldemort. C’est là, via Harry, un dialogue entre ses deux pères Touts-Puissants. L’un est la voix du sacrifice, le second ne peut s’y résigner. À ce moment-là, Harry n’est donc pas sacrifié par ce Père symbolique qu’est Dumbledore. Mais c’est simplement qu’il n’est pas encore temps, et que Dumbledore sait bien que c’est Harry lui-même qui devra aller à son propre sacrifice ; un sacrifice où c’est Voldemort qui prendra sur lui de tuer Harry, et non lui, Dumbledore : « And Voldemort himself must do it, Severus. That is essential » , dit-il à Snape. Un sacrifice qui aura son utilité : « If I know him, he will have arranged matters so that when he does set out to meet his death, it will, truly, mean the end of Voldemort » . Ce à quoi Snape répond horrifié : « You have kept him alive so that he can die at the right moment ? » . En effet, Dumbledore aura veillé à ce que Harry reste en vie jusqu’au bon moment, le moment de son sacrifice. Et c’est bien parce que Dumbledore a prévu qu’il se sacrifierait, que Harry se sacrifie. Comme le Christ, il suit le destin tracé par le Tout-Puissant. Comme le Christ, il va au devant de sa mort, portant à ce moment un stigmate de plus, que le Christ portera aussi : une marque au cœur laissé par le médaillon de Slytherin. Et cette fois-ci, parce que c’est le moment, réellement, il meurt. Il pénètre le royaume des morts. Et dans ce royaume, il y rencontre Dumbledore. C’est là un dialogue avec le Tout-Puissant qu’il est possible que le Christ ait eu avec son Père avant de ressusciter. Puis comme le Christ, il revient au royaume des vivants. Il y revient, et son sacrifice aura rendu ceux qu’il aime intouchables à Voldemort. Comme le Christ, Harry s’est sacrifié par amour. Et comme le Christ, il est celui qui s’est sacrifié, que l’on a tué, mais qui ne meurt pas. Harry aura bien mérité le surnom qui lui avait été donné lorsqu’il était âgé de un an et qu’il avait déjà, une première fois, vaincu Voldemort : il est bien, aux termes du premier chapitre de l’œuvre, et comme le Christ, « the boy who lived » .