Le préavis de grève lancé en fin de semaine dernière par les représentants du personneldu TEC Charleroi a été suivi, ce lundi matin, par plus de 80% des travailleurs. Selon la direction, seuls trente-trois bus et huit trams circulaient sur le réseau. Ce mardi, les véhicules de transport en commun devaient reprendre la route.
Le motif de la grève est connu: le licenciement d'un électricien jugé inapte le 26 juin dernier. Selon Gilbert Delva (directeur général du TEC Charleroi), son responsable technique lui laissait jusqu'au 1er septembre pour trouver un autre emploi. Soit un délai supérieur au préavis légal. Toutefois, au début du mois d'août, l'électricien sollicitait la CGSP. Le 11 août, une procédure de conciliation avec la direction débutait. En représailles, la direction licencie l'ouvrier dans l'après-midi, arguant du fait qu'une procédure d'appel a été engagée et que les dispositions conventionnelles deviennent caduques, explique Jean-Louis Foucart, secrétaire régional de la CGSP Tram-Bus-Métro. Pour le syndicat socialiste, cette attitude pose un double problème. D'abord, à partir du moment où la direction surévalue l'indemnité de licenciement mais qu'elle met dans le même temps les organisations syndicales hors jeu, cela ne va plus, lance Jean-Louis Foucart. Ensuite, licencier l'ouvrier le jour de la réunion de conciliation constitue une pénalisation du droit d'appel.
Gilbert Delva se défend d'avoir voulu «dribbler» les organisations syndicales. Dans un cas pareil, on discute avec l'ouvrier qui est libre ensuite d'aller trouver son syndicat. Quant à d'éventuelles représailles, le directeur général du TEC carolo les nie: l'ouvrier a été licencié parce qu'il a rompu l'accord passé avec la direction.
Ce chapitre semble clos. Il y a deux aspects au problème, analyse Roger Malter (permanent CCSP). Sur le fond, nous sommes coincés par un règlement interne qui prévoit que toute place libre doit faire l'objet d'une procédure de recrutement. Impossible donc de réserver à l'électricien une place correspondant à ses compétences.Sur la forme, poursuit-il, la direction aurait dû tenir sa parole et garder cet ouvrier jusqu'à la fin du mois d'août. Elle s'est foutue des syndicats.
D'autres signes semblent annoncer un automne «chaud» au TEC carolo. Le 15 septembre, une autre réunion de conciliation est prévue. On y parlera notamment des agressions verbales qui, depuis peu, ne sont plus considérées comme des accidents de travail par l'assureur du TEC Charleroi. Les syndicats attendent de la direction, qui choisit la compagnie d'assurance, une position claire. De plus, d'ici la fin de l'année, les représentants du personnel réclameront une revalorisation des barèmes. La demande sera examinée à Namur, par la Société régional wallonne des transports (si elle finance elle-même l'augmentation de la masse salariale) ou par le gouvernement wallon (si la dotation de la SRWT doit être augmentée).