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| Forum Meimeill Team | Modification: 23/7/2006 Création: 4/7/2005 |
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Aujourd'hui, je vais certainement battre tous les records de longueur... seulement ca ne sera ni pour vous raconter ma vie, ni pour faire des points sur les gens qui m'entourent.
Je voulais juste vous informer sur une situation qui me tient à coeur... Peut-etre que vous vous en foutez... mais de toutes facons, il est toujours bon de savoir, d'être informé!
Je voudrai vous parler de la République de Guinée, la Guinée Conakry comme on l'appelle... celle où je suis partie il y a deux ans, où j'y ai rencontré des personnes formidables, des personnes au grand coeur, où j'y ai passé des moments trop chouettes et inoubliables, là où nous y avons monté une association, en lien avec une école dans un petit village... là où je parraine un petit Jean-Pierre qui est rentré en CP... Mais là aussi où depuis quelques temps, la situation y est plus que dramatique...
Je dis pas tout ça pour que chacun sorte son mouchoir, mais si vous en êtes là dans mon mail, allez plus loin...
La situation est dramatique là-bas... Ils sont entrés en état de crise, mais les rois du pétrole préfèrent surement rester "en bon contact" avec les dictateurs africains... plutôt que d'intervenir.
La communauté internationale est seulement "préoccupée" alors que tout le pays est sans dessus dessous, que les gens meurent de faim, que toute activité est bloquée, que les villages commencent à être victime de pillage, que des dizaines d'hommes meurent pour retrouver leur droit et que nous sommes au bord de la guerre civile!
C'est sûr, c'est certainement plus confortable de faire un film dans 20 ans pour montrer les magouilles, les tortures affligées au peuple, les photos qui circulent sur toutes ces tueries et que du fond de notre fauteuil de ciné, le noeud au ventre nous scotche, et que nous puissions seulement nous dire que nous laissons chaque jour faire ça!
Désolée... c'est un moment terrible en Guinée... et pour moi, ça n'est pas un pays comme TOUS les autres!
Prenez le temps de lire les articles et les liens suivants... c'est important! Et si vous vous sentez un peu investi, parlez-en autour de vous... pour faire connaître la situation et pousser les autorités françaises à faire pression.
Je vous espère tous en forme... et vous envoie plein de bises,
A bientot j'espere
ML
mlmeillerand@yahoo.fr vous recommande l'article "La communauté internationale préoccupée" :
http://www.rfi.fr/actufr/articles/086/article_49650.asp
Message de votre ami(e) :
article Guinée
Cordialement,
L'équipe RFI.
Article sur la Guinée :
http://survie-france.org/article.php3?id_article=873
Ci-dessous l'article du Monde, pour des infos venant de Guinée.
On avait pris l'habitude de décrire le régime guinéen du vieux général-président Lansana Conté comme "une fin de règne sans fin". Mais les violences de ces derniers jours et la proclamation, lundi 12 février, de l'état de siège marquent peut-être le début de la fin.
Au moins 18 manifestants sont morts lundi dans la capitale, Conakry, et plusieurs villes de province. Le bilan est provisoire, et ces affrontements avec les forces de l'ordre semblent beaucoup plus graves que ceux du mois dernier, qui avaient fait 59 morts, la plupart lors d'une marche, le 22 janvier. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime le nombre de victimes de lundi à des centaines de blessés et des dizaines de morts dans le pays. "Cette fois, la foule est armée, elle répond aux tirs des militaires et détruit les bâtiments publics, prisons, préfectures ou commissariats", témoigne la responsable d'une agence humanitaire jointe par téléphone.
La seule revendication des manifestants, désormais, est la démission du président, 72 ans, affaibli par la leucémie et le diabète, absent la plupart du temps. Ces violences font suite à la nomination, le 9 février, par le président Conté d'un de ses proches, Eugène Camara, au poste de premier ministre.
Ce poste, dont la création a été âprement négociée à la fin janvier, attendait depuis deux semaines d'être pourvu. Ce ne sont pas les candidats qui manquaient. Des noms ont circulé, comme ceux de Sydia Touré, premier ministre de 1996 à 1999, particulièrement apprécié par la communauté internationale, de François Lonseny Fall, premier ministre durant deux mois en 1994 avant de prendre la fuite et d'être nommé représentant spécial pour la Somalie du secrétaire général de l'ONU, ou encore de Lansana Kouyaté, représentant de la Francophonie à Abidjan.
"EVITER UNE GUERRE CIVILE"
Nul ne sait ce qui s'est passé, ces deux dernières semaines, dans l'entourage du président pour aboutir à la pire décision, celle qui a mis le feu aux poudres. Les premiers signes de déliquescence du régime sont apparus, lundi à la mi-journée, lorsque des soldats du camp militaire d'Alpha Yaya, non loin de l'aéroport, se sont révoltés contre leur hiérarchie. Elle venait de leur annoncer que le président avait appelé en renfort des anciens guérilleros libériens du LURD (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie). Les mutins ont alors défoncé les portes de l'arsenal pour se servir en armes et en munitions, avant de sortir et de fraterniser avec la foule.
Dans la soirée, le président décrétait, au cours d'une brève apparition télévisée, l'état de siège, qui impose un couvre-feu de 20 heures sur 24, l'interdiction de tout défilé ou manifestation ainsi que des réunions publiques ou privées "propres à provoquer ou entretenir le désordre". Il a prié le chef d'état-major, le général Kerfalla Camara, de "prendre toutes les dispositions pour protéger la population et éviter une guerre civile".
L'armée est la dernière institution organisée dans ce pays à la dérive, même si elle n'est pas exempte de tensions. Depuis une dizaine d'années, les Soussous, membres de l'ethnie minoritaire du président, y sont privilégiés, au détriment des Malinkés et des Peuls.
Le président, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire en 1984, sait que l'armée représente son ultime chance de survie. Il multiplie donc les appels à l'unité de la troupe - et les promesses de nouveaux privilèges. Cela ne suffira pas, estime le commentateur Lansiné Kaba. "Les Guinéens ont vaincu leur peur, ils sont désormais prêts à mourir pour le changement, pour vivre enfin décemment dans un des pays au sous-sol le plus riche d'Afrique."