Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE
Envoi de CARAUSIUS, empereur auto-proclamé en Bretagne. 286. le 04 Novembre 2000:
Réponse à: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE envoi de Marc'heg an Avel le 19 Octobre 2000:
Le problème étant règlé, au moins officiellement, les responsables de l'Empire peuvent à nouveau concentrer leurs forces sur la défense des frontières.
En 286, Maximien Hercule confirme au commandement de la Classis Britannica un certain Carausius, ménapien d'origine modeste, qui s'est signalé lors de la répression des Bagaudes, et qui est réputé pour ses grandes connaissances de la guerre maritime. Sa mission est de protéger les côtes de Belgique et de la Manche contre les pirates Francs et Saxons qui infestent désormais la mer, et si possible de les en chasser définitivement.
Mais que se passe-t-il alors réellement, on ne le sait car les documents nous manquent. Toujours est-il que l'amiral Carausius se voit accuser par certains de ne pas reverser intégralement au Trésor de l'Empire le butin pris aux pirates. D'autres vont même jusqu'à l'accuser de collusion avec ceux-ci aux dépends de l'Empire. L'attitude équivoque de Carausius, qui ne semble même pas vouloir se défendre de ces graves accusations, constitue aux yeux de tous un aveu, et Maximien Hercule, l'empereur, donne alors l'ordre à ses armées de rechercher le renégat et de le mettre à mort.
Carausius, loin de s'en impressionner, et sachant qu'il peut disposer de la puissance navale et de l'appui des Francs et des Saxons, se proclame purement et simplement empereur, en soumettant à son commandement, bon gré ou mal gré, les légions de Bretagne et d'une partie du nord de la Gaule. La rupture avec Maximien est donc nette et sans détours, et chaque camp entreprend à nouveau des préparatifs de guerre.
Carausius, outre la Marine, possède les forts de la côte sud-est de l'Ile de Bretagne qu'il fait regarnir de troupes ainsi que le port de Gesoriacum / Boulogne-sur-Mer sur la côte nord de la Gaule belgique. Il s'agit en fait d'une véritable ceinture de places fortes autour du détroit, qui lui confère la puissance et la maitrise incontestée de la mer, et donc de l'Ile de Bretagne. Fort de cette situation, Carausius se permet le luxe de braver les empereurs en les qualifiant de 'frères' et même de faire frapper des monnaies jusqu'à Rotomagus / Rouen- sur-Seine, avec des inscriptions comme "Expectate Veni ...", ou " Roma Aeterna ...".
Les Romains quant à eux, sont à nouveau empêtrés dans une nouvelle vague de dissidences simultanées d'un bout à l'autre de l'Empire. Car, outre Carausius en Ile de Bretagne et dans le nord des Gaules, ils ont aussi à affronter Achilléus en Egypte, Julianus et les Pentapolitains en Afrique du Nord, et Narseus en Orient et en Perse. La situation, comme on le voit, n'est ni enviable ni brillante, loin s'en faut. Maximien lui-même, pourtant bon stratège, ne sait plus très bien comment venir à bout de la dissidence de Carausius, d'autant que la malchance vient s'ajouter à ses entreprises militaires.
S'il parvient, dès 288 à extirper de la côte de Belgique les Francs alliés de Carausius, par contre la flotte qu'il fait construire et équiper sur les bords de la Moselle se voit empêchée de prendre la mer à cause ...
A cause de quoi ?
... A cause de la sécheresse qui sévit cette année là, le fleuve se trouvant presque sans eau, et dans l'impossibilité de porter des bateaux !
L'année suivante, il tente une nouvelle traversée. Mais cette fois ci, coquin de sort, la situation est exactement inverse de l'année précédente car la flotte, prise dans une tempête, est éparpillée et contrainte à rebrousser chemin !
La situation devient humilante pour Maximien "Hercule", dont l'épithète ne semble plus très appropriée, d'autant que son collègue Dioclètien est parvenu de son coté à rétablir l'ordre romain en Orient et en Afrique du Nord. Les deux empereurs ont une entrevue à Mediolanum / Milan en janvier 291, pour faire le point sur leurs situations repectives. Les rênes de la guerre contre Carausius sont alors confiées à Constance Chlore, adopté par Maximien, et élevé à la dignité de César = vice empereur, en 292.
JCE.
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