Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE Forum Histoire des Bretons dans l'antiquité
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Forum Histoire des Bretons dans l'antiquité Modification: 15/9/2008
Création: 3/3/2001

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Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE

Envoi de Expédition de Maxime en Gaule. Printemps 383 le 21 Novembre 2000:

Réponse à: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE envoi de Marc'heg an Avel le 19 Octobre 2000:

Proclamation de Maxime en Ile de Bretagne. Expédition en Gaule.
Printemps 383.



Comme nous l'avons à de multiples occasions dans les pages précédentes, la gestion de l'empire romain n'est pas forcément une sinécure. Pour beaucoup d'empereurs, cette fonction a même été fatale et mortelle plus tôt que prévu. Du point de vue politique et militaire les choses continuent donc comme précédemment sous Gratien à l'Ouest et Théodose à l'Est.

Mais désormais la situation se complique aussi pour des raisons religieuses. En effet, le Christianisme, reconnu officiellement par Constantin Ier, a pris de l'importance, y compris au sein des classes dirigeantes, même si le parti païen reste toujours très actif et compte en ses rangs des personnages de haut niveau, tant politiques qu'intellectuels. Les Chrétiens, dont la religion n'est pas encore stabilisée, se payent en plus le luxe de suivre des doctrines de sectes divergentes. En plus des questions politiques et militaires se jouent donc des trafics d'influences selon les appartenances religieuses et sectaires.

Gratien et Théodose sont du parti chrétien. Gratien, en particulier, est largement influencé par Ambroise, évêque de Milan et pilier de l'église chrétienne. Dans un premier temps, après le désastre d'Andrinople en 378, Gratien publie un édit de tolérance à l'égard des Païens, édit qu'il abroge dès l'année suivante. Pire encore, il proclame la religion païenne hors la Loi, refuse de porter pour lui-même le titre de Pontifex Maximus (Grand Pontife) jusqu'àlors attribué d'office à la Personne Sacrée de l'Empereur, et fait retirer du Sénat l'Autel de la Victoire. Il est inutile de dire que dès cet instant le parti païen va utiliser tous les moyens pour lutter contre cette décision qu'il considère comme un attentat à la
Ville et à la Gloire de Rome et de l'empire romain tout entier.

Gratien, qui se trouve à Vérone depuis le vendredi 16 juin 383 rejoint ses troupes à la fin du mois pour aller combattre les Alamans qui viennent à nouveau d'attaquer en Rhétie.

Alors qu'il se trouve sur le front, une nouvelle lui parvient qu'une usurpation vient d'être faite en Ile de Bretagne et que l'usurpateur, Clemens Maximus, a débarqué en Gaule à la tête d'une forte armée et y a pris pied.

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Clemens Maximus ne nous est pas inconnu. Nous en avons déjà fait mention à l'époque du rétablissement de l'ordre romain en Bretagne par le comte Théodose, père de l'actuel empereur d'Orient. Maxime et Théodose, tous deux de nationalité espagnole, qui ont oeuvré dans la même armée et sous le même commandement, se connaissent donc. Maxime, lui aussi, est du parti chrétien.

Sa fonction d'officier supérieur de l'Armée en Bretagne lui a permi de connaitre les familles nobles du pays, et en particulier celle d'Eudaf (Octavius ?), le comte de Seguntium / Caernarvon. Eudaf a une fille, Elen (Hélèna ?) qui devient ainsi l'épouse du jeune officier. Celà se passe vers 380. Eudaf a aussi des garçons, parmi lesquels, selon les textes, les princes Kynan et Adeon qui vont ainsi devenir les fidèles soutiens de Maxime, leur beau-frère.

Clemens Maximus est proclamé empereur par ses troupes en Bretagne au printemps 383. La légion qui le soutient est la Legio XX Valeria Victrix, celle dont le quartier général se trouve à Deva / Chester et qui a le contrôle du secteur sud-ouest de l'Ile, à savoir tout l'actuel Pays de Galles et toute la péninsule Domnonéenne (actuels Cornwall, Devon, Somerset, Dorset, Avon ...), jusqu'à l'ile de Wight, côté ouest.

Le but de l'expédition est de prendre pied en Gaule et de s'y maintenir, en prenant comme objectif de s'emparer rapidement des villes de contôle pour pouvoir obtenir l'adhésion des légions de Germanies et le quartier général qui se trouve à Augusta Treverorum / Trèves.

Embarquée de Portus Adurni / Portsmouth ou Anderita / Pevensey, la flotte du corps expéditionnaire touche terre à l'embouchure de la Somme, c'est à dire entre (Portus) Leuconaus / Saint-Valery-sur-Somme et Calvosus Portus / Caubert.

Or ce territoire a été attribué à des fédérés Francs qui se sont engagés à défendre l'Empire contre les attaques maritimes. C'est ce qu'ils font, commandés par leur chef Himbaldus.

Une bataille d'une rare violence s'engage entre les troupes britanniques (Britto-romains et autres) qui tentent de s'implanter et les fédérés Francs qui tentent de les en empêcher. Les Francs sont écrasés, leur chef Himbaldus lui-même est tué dans la bataille. Maxime, sans perdre un instant, donne l'ordre à ses troupes de s'emparer immédiatement des points stratégiques du secteur, dont Caubert et Talentia, situés de part et d'autre du gué d'Abbeville, et fonce lui-même s'emparer de la villa palais d'Himbaldus sur la rivière Phroudis / Bresle, au Vieux-Rouen-sur-Bresle. Cette bataille aurait fait environ quinze mille tués.

Une fois les fédérés Francs réduits, Maxime donne l'ordre de s'emparer des villes, au besoin en détruisant toutes celles qui tenteraient de résister et d'y massacrer les populations. La terreur est ainsi portée à son paroxysme dans l'actuelle Picardie. Toutes les villes tombent aux mains des troupes britto-romaines de Maxime. Nemetacum / Arras, qui tente de résister, est rasée jusqu'au sol. Les autres villes préfèrent apparemment se rendre afin déviter le même sort : Tervanna / Thérouanne, Samarobriva / Amiens, Caesaromagus /
Beauvais, etc.

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Commentaire JCE : l'analyse de cette expédition a été publiée dans l'étude GENESE DE LA BRETAGNE ARMORICAINE. Lannion. 1999.

Il s'agit d'une importante mise au point historique sur un sujet qui a divisé les historiens bretons depuis plus de deux siècles.

L'erreur de ces historiens a été provoquée par une vision extrêment étroite de l'histoire des Bretons dans l'Antiquité, certains refusant jusqu'à l'idée que les Bretons de (G) Bretagne auraient pu être soumis ou auraient pû adhérer volontairement à l'Empire, et refusant même l'idée que Maxime puisse être un Espagnol.

Leur erreur a donc été provoquée par la focalisation qu'ils ont faite sur la Petite Bretagne actuelle, partant du principe erronné que Maxime avait forcément débarqué en ce secteur qui allait devenir le point de départ de la Bretagne armoricaine. Certains historiens la font encore aujourd'hui !


Les précisions et localisations géographiques seront données en sous-chapitre.

JCE.


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Sujet: Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE

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