Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE
Envoi de Des Britto-romains à l'ouest de l'Armorique le 24 Novembre 2000:
Réponse à: Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE envoi de MAGNUS CLEMENS MAXIMUS AUGUSTUS: 31 aout 383 le 23 Novembre 2000:
Extrait de GENESE DE LA BRETAGNE ARMORICAINE. JC Even. Lannion. Copyright 1999
Avec le présent chapitre, nous nous trouvons au coeur même de la question de la création d'une Petite Bretagne dans le nord de la Gaule.
Il a été dit précédemment que la création d'un duché, au sens romain du mot à l'époque désigne uniquement un territoire miltaire, et que le Dux n'est qu'une fonction miltaire.
Ainsi, celui qui a été mis en charge par Maxime du tractus Armoricani et Nervicani n'avait pas sous ses ordres que des Britto-romains, il disposait aussi des forces fournies par les différentes nations du secteur : Gallo-romains, Francs (avec leurs propres variantes), Saxons, et même des Maures, etc. Ces diverses unités ont été réparties à l'intérieur de ce duché, selon les besoins estimés du moment. Ainsi trouve-t-on des Britto-romains un peu partout d'ouest en est des côtes de la Manche, ainsi que des Francs dans certains ceteurs de l'Armorique romaine. C'est précisément à l'extrême ouest du duché que se trouve une modification notoire, identifiable à la création d'un Principat, c'est-à-dire d'une dotation à une unité britto-romaine.
En effet, nous observons que la cité des Vénètes reçoit en garnison une unité Maure : les Mauri Veneti. De même nous observons l'apparition d'une unité Maure chez les Ossismes : les Mauri Osismiaci.
Mais ceci n'est pas tout concernant la cité osisme qui, visiblement, est coupée en deux secteurs maritimes, celui du sud attribué aux Maures, et celui du nord à des Britto-romains.
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Pour expliquer ce phénomène, il nous faut d'abord procéder par élimination, en tenant compte des données historiques ultérieures. L'identification d'une principauté bretonne faite par référence à une ligne allant du Mont Dol à Nantes est rendue nulle et non avenue par le fait historique que les cités de Nantes et de Rennes ne sont devenus bretonnes que sous Erispoe en l'An 851, soit 466 ans après l'An 385.
Cette mise au point nous ramène donc dans un premier temps de cette analyse sur la limite occidentale des cités des Riedones et des Namnètes de la fin du IVème siècle, c'est-à-dire exactement sur la ligne définie dans la Vie de Charlemagne.
Mais ceci n'est encore qu'un stade intermédiaire dans la recherche.
En remontant dans le temps, avant Charlemagne, nous savons que les Bretons-armoricains ne se sont rendus maitres de la cité des Venètes qu'en 579, qui jusqu'àlors était de la mouvance des Francs. Enfin, c'est Léon Fleuriot lui-même qui dit qu'en 496, le territoire des Bretons est accru de la cité des Curiosolites. Tout ceci fait qu'avant 496, il faut évacuer l'hypothèse basée sur le Mont-Dol, qui n'est que du pur folklorisme, mais qu'il faut chercher les limites territoriales de la principauté bretonne originelle quelque part sur les frontières occidentales des Curiosolites et des Vénètes. Or, à ce stade, il ne nous reste plus que la cité des Osismi, à l'extrémité ouest de la Gaule armoricaine.
Autrement dit, les points de repères de cette principauté doivent être recherchés obligatoirement et exclusivement à l'intérieur ou à la périphérie de cette cité des Osismes.
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Il se trouve que nous avons déjà isolé le Cruc Ochidient / Duma Ochidient dans la recherche précédente, à savoir le Menez-Hom.
Le deuxième point, Mons Jovis, est alors obtenu en rabattant à partir du Menez-Hom une ligne vers l'est de la cité des Osismes, jusqu'à sa limite avec la celle des Curiosolites. Ces deux cités sont en effet séparées par une ligne continue naturelle formée par les rivières Gouet et Oust, c'est-à-dire partant de l'embouchure du Gouet, au nord sur la Manche, jusqu'à l'embouchure de la Vilaine, au sud sur l'Atlantique. Ces rivières prennent toutes deux leurs sources dans la même nappe phréatique, au sommet de la Cime de Kerchouan, qui se trouve sur la ligne de partage des eaux des Monts d'Arrée chez les Osismes et des Monts du Mené chez les Curiosolites. L'étude toponymique a mis en évidence que le nom de la source du Gouet, au nord, porte le nom breton de Kerchouan, tandis que l'une de celles de l'Oust, à 600m de l'autre côté de la butte, au sud, porte le nom gallo de Ville Jouan.
L'étude étymologique de ces deux noms a démontré qu'ils sont basés sur le même anthroponyme / théonyme Jouan, qui se trouve être ici non pas un dérivé de Jean comme il l'est dit souvent, mais une forme évoluée du gaulois Jovinus, forme gauloise hypochoristique de Jupiter (Jovis-Pater).
Pour rejoindre ce Mons Jovis / Cime de Kerchouan, à Cruc Ochidient / Menez-Hom, il suffit tout simplement de suivre la ligne de crête des Monts d'Arrée, vers l'ouest, jusqu'à la source de l'Aulne près de la forêt de Beffou, puis de descendre cette rivière jusqu'à son embouchure, située au fond de la rade de Brest. On voit automatiquement se dessiner les contours de la Cornouaille du côté sud de cette ligne, et le Léon + le Trégor + le pays de Sizun du côté nord. Il est intéressant de noter à ce propos, cette phrase de Joseph Loth à propos de la Cornouaille : "... au nord remontait le cours de l'Oust pour atteindre la source du Leff ", propos qui vient confirmer l'analyse ci-dessus.
Pour trouver le troisième point, il suffit donc à nouveau de rabattre à partir de Kerchouan une ligne vers le Nord et chercher un site remarquable sur le littoral. Cette recherche a demandé plus de temps et de perspicacité car elle était entachée d'une confusion entre des noms de lieux similaires. Il a été particulièrement utile d'observer que la revendication de Quentovic (= Cant-Guic = Cantia Vicus), à l'embouchure de la Canche dans le Pas-de-Calais, a été faite surtout par Etaples (sur-Mer).
Il se trouve que lorsqu'on descend le Gouet de sa source vers son embouchure, on trouve à proximité de celle-ci, du côté est, du côté des Curiosolites, un site qualifié de Vétus Stabulum dans la Vie de Saint Brieuc, qui n'est autre que le site de Tertre-A-Rien / Fortville en Hillion, qu'il est aisé d'identifier à Aregenua, au beau milieu et dans l'axe de la Baie de Saint Brieuc.
Cependant, il est à noter un phénomène qui a marqué profondément la toponymie locale, à savoir que si la limite linguistique entre langue bretonne et langue gallèse suit à peu près bien l'Oust jusqu'à sa source, en revanche, cette limite linguistique s'écarte du Gouet vers l'ouest pour suivre le cours supérieur de la rivière Leff, sur 20 km environ, avant de se retourner à l'équerre vers la mer, entre les communes actuelles de Plouha (zone bretonnante) et Tréveneuc (zone gallèse).
Il apparaît alors deux choses importantes :
- La première est qu'il faut, à partir de la source du Gouet, quitter cette rivière pour rejoindre la source du Leff située à la verticale Nord de la précédente. Cette rivière comporte trois sources principales, dont la plus occidentale s'appelle précisément Penpoulo, nom correspondant au breton penn = extrémité + poull-ou mares, étangs. Or, il a été mis en évidence qu'il n'y a pas d'étang au sommet de la Cime de Kerchouan, la source du Gouet étant une source tout à fait normale. Par contre, super verticem peut aussi se traduire par au nord de, et cette traduction définit très bien la situation de la source du Leff : un stagnum situé au Nord d'un Mons Jovis, dans les conditions exactes requises par la triangulation.
La commune où se trouvent les souces du Leff se nomme précisement Le Leslay : lez = lieu (en breton lec'h), ou près de (Les, Lez); Leff = nom de la rivière. Il n'est pas anodin, je pense, de souligner que la paroisse du Leslay est sous le vocable de Saint Symphorien, qui n'est autre que le remplaçant chrétien de l'antique divinité romaine Cybèle, la MERE, honorée spécialement aux souces abondantes. Cette mise au point permet de dénoter l'antiquité d'un lieu de culte à cet endroit. L'histoire religieuse a aussi ses constante, puisque c'est au Leslay que se rejoignaient les trois anciens évêchés bretons de Cornouaille, Penthièvre, et Trégor.
- La seconde est qu'au sud-est de la limite linguistique qui rejoint le Leff à la Manche on trouve un pays qui correspond au bassin du petit fleuve côtier appelé Ic. Du Gouet à l'Ic, nous avons un ensemble de communes qui constituent le canton de Pordic (Porzh-Ic). Entre cette même rivière Ic et la limite linguistique, nous avons des communes qui constituent le canton d'Etables sur Mer. A ce stade, nous avons donc un radical étymologique qui ressemble fort à celui que l'on trouve dans Etaples et dans Vetus stabulum, même sui l'un est qualifié d'origine latine et l'autre d'origine saxonne (à ce qu'on dit !). A l'embouchure de la rivière Ic se trouve tout naturellement la station balnéaire Binic, qui signifie en breton Ben-Ic = embouchure de l'Ic. On peut faire remonter ce nom à une forme moyenne britto-armoricaine Ben-o-Ic dans laquelle le O intervocalique peut être soit un pluriel neutre (I.E : Av; gall : Au; bret : Ou) , soit un article défini ou indéfini que l'on peut retrouver dans Cornouaille (Corn/o/Galliae) etc.
Or, un nom en Benoïc figure dans les Romans Arthuriens, comme fief du roi Ban de Benoïc, dont le territoire est voisin (dans les Marches) de la Bretagne, avant que le territoire breton n'englobe toute la cité curiosolite.
Dans ce canton se trouve aussi Plourhan, qui constitue le chef-lieu du plou primitif du secteur.
Nous avons ainsi la réponse à notre énigme dont les paramètres obligatoires sont les suivants :
- le territoire breton originel doit se trouver en bordure de la Manche; - ce territoire ne peut pas dépasser la frontière entre les Osismes et les Curiosolites; - ce territoire doit présenter une homogénéité du point de vue ethnique et linguistique. Il ne peut donc pas aller plus loin que la limite linguistique figée par les toponymes. La limite linguistique qui suit le Leff et qui se retourne vers la Manche, en aboutissant à Plouha, est de loin la limite la plus nette, la mieux matérialisée sur une carte et par là même la plus indiscutable qui existe dans toute la Bretagne.
Il apparaît ainsi, en conclusion, que le territoire attribué par l'administration romaine impériale de Maxime à une implantation civile bretonne a été obtenu par la partition de la cité des Osismes en deux secteurs à peu près équivalents, grosso-modo parallèles selon une direction Est-Ouest. Ce territoire breton originel correspond à la moitié nord issue de ce partage selon une ligne rejoignant la Pointe Saint-Mathieu, le Goulet de Brest, l'embouchure de l'Aulne, la rivière Aulne jusqu'à sa source, la ligne de crête des Monts d'Arrée, de la source de l'Aulne à celle du Leff, la rivière Leff de sa source jusqu'au confluent avec le Dourmeur, entre Bringolo et Tréguidel, et la plage de Keregal, entre Plouha et Tréveneuc.
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Je n'ignore pas quil s'agit d'un sujet à controverse. Nous pourrons ouvrir une rubrique spécifique pour en discuter. Tous les avis sont les bienvenus. JCE.
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