Re: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE
Envoi de VORTIGERN et CUNEDDA. 425 / 430 le 05 Décembre 2000:
Réponse à: HISTOIRE DE LA BRETAGNE ROMAINE envoi de Marc'heg an Avel le 19 Octobre 2000:
En Ile de Bretagne romaine de 425 environ à 429.
Vortigern et Cunedda.
En 425, sous le consulat de Théodose II et de Valentinien III, la responsabilité de la Bretagne échoit à un personnage de noble extraction insulaire, originaire de Glevum / Gloucester. L'histoire nous le fait connaitre sous le nom de Vortigern, bien que son nom véritable semble être Vitalinus.
On ne sait pas réellement si Vortigern est vraiment chrétien ou s'il n'a pas conservé des attitudes païennes. Pour autant, son éducation militaire s'inspire en droite ligne des traditions romaines du Bas-Empire. Ainsi, lorsqu'il doit faire face à un danger extérieur, son réflexe immédiat est de faire appel à des mercenaires barbares pour l'aider à se débarrasser de ses ennemis.
A peu près à la même époque, on voit apparaitre un autre personnage important, dont l'activité se situe essentiellement au nord de la province. Il s'agit d'un certain Cunedda, qualifié par certains de "Gwledig", titre qui signifie approximativement "chef de la nation". La chronologie des évènements nous permet de penser qu'il s'agit très probablement d'un contemporain de Vortigern, agissant soit en tant que chef des Votadini / Manau Gododdin, tribu barbare dans la mouvance romaine d'entre les deux murs, soit d'un officiel britto-romain, et pourquoi pas d'un collègue de Vortigern, chargé de la défense de nord et de l'ouest de l'Ile. Cela est du domaine du possible, même si non démontré pour l'instant.
- Saint Germain d'Auxerre et Saint Loup de Troyes.
Le hasard fait que ces deux évêques gallo-romains se trouvent en Ile de Bretagne en 429 en train de prêcher contre la propagande pélagienne, lorsque les Britto-romains ont à faire face à une nouvelle collusion de Pictes et Scots, avec peut-être (!) l'appui de fédérés Saxons. Pour les deux missionnaires, l'occasion est excellente de pouvoir associer la raison nationale à celle de la religion de Rome. Aussi, n'hésitent-ils pas à se mettre eux-mêmes à la tête de la résistance bretonne, à Verulamnium / St Alban's. (St Germain avait été militaire avant d'être évêque !)
Selon les documents, au jour de Pâques de l'An 429, qui se trouve ainsi au dimanche 07 avril, après une embuscade bien préparée, Germain et Loup lancent leurs fidèles à l'assaut des Barbares, et triomphent aux cris de Alleluia.
Une fois de plus, la Bretagne romaine est "sauvée des griffes des Barbares", et l'Eglise de Rome en sort doublement victorieuse, à la fois contre les Païens et contre les hérésiarques pélagiens, puisque c'est grâce au dieu des Chrétiens et à la foi catholique que les Bretons de Rome ont pu être vainqueurs.
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Notes :
Concernant Vortigern : ce nom a servi plus tard à St Gildas pour désigner le chef breton, mais sous sa forme latiniée : Superbo Tyranno.
* Vor- dérive de virus- = fort, puissant, qui a donné Vir-, Gwir-, Gour- = homme (mâle, puissant) > par exemple nom de famille breton : Gouriou.
* Tigern = Tyran = dux, chef de guerre, peut-être, par rapprochement des racines *Tyr- = terre, territoire, pays, avec gallois Gwlad = pays, on pourrait trouver une relation de désignation entre Tigern et (G)Wledig > chef du pays > chef du peuple qui habite le pays > chef des Natifs du pays > chef de la Nation ?! Dans la tradition galloise en effet, plusieurs personnages ont porté cette épithète : MAXEN Wledig (Maxime), CUNEDDA Wledig, EMREIS Wledig (Ambroise Aurèle).
Concernant Cunedda (prononcer Kounézza) / Kunedag :
* Kun = prince, roi. Il s'agit d'une racine ancienne en K correspondant au britonnique P > Penn = chef. On la retrouve en allemant Koenig = roi. Plusieurs personnages bretons : Cunobelinos > Konvelen; Kynan > Conan, etc.
* Dag = bon.
On retrouve le nom de Kunedag / Cunedda comme nom de personne écossais : Keneth.
Concernant la "Bataille de l'Alleluia" :
Les propos se retrouvent chez Bède le Vénérable , I,20 : "Ainsi les évêques mirent l'ennemi en déroute, gagnant cette victoire par la Foi et non par la Force".
Le site de cette bataille reste inconnu. Cependant Bède précise qu'il s'agit d'une vallée entre des collines qui ont la particularité de bien renvoyer l'écho et qu'il y a dans les proches environs une rivière, l'argument étant fondé sur le propos qu'un grand nombre d'ennemis y ont trouvé la mort par noyade. Certains auteurs pensent que ce site se trouverait non loin de Llangollen, dans la vallée de l'Avon Eglwyseg, là où se trouve précisément le fameux "Pilier d'Eliseg", qui mentionne entre autres le nom de Germain associé à celui de Vortigern, ces noms n'étant donnés en réalité que pour accessoires à la dédicace.
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En Gaules :
Le territoire des Gaules est désormais partagé en territoires sous compétences politico-militaires distinctes, mais toujours dans le cadre de l'Empire romain d'Occident :
* la Gaule belgique (Pas de Calais à la Somme) qui est sous le contrôle de fédérés Francs; (voir Pharamond à Tongres ou à Trèves, puis Clodion le Chevelu, vers 427, à Tournai et Cambray)
* la Gaule armoricaine romaine (Lyonnaise de Rouen et Lyonnaise de Tours) reste sous contrôle gaulois, mais avec une présence britto-romaine, répartie sur l'ensemble de ce territoire dans le cadre du Tractus Armoricani (Pointe St Mathieu - rive ouest de la rivière Bresle) tout en disposant d'un territoire spécifique et à l'extrémité ouest de cette Armorique romaine (Léon / Letavia ? + Trégor / Tricurius ? + Sizun / Segedunum + nord Goelo / Vellavii).
* la Gaule rhodanienne moyenne qui est sous contrôle de fédérés Burgondes;
* la Gaule aquitaine qui est quant à elle divisée en trois secteurs, du sud au nord :
- la Novempopulanie (les Neuf peuples), grosso-modo les tribus situées entre la Garonne et les Pyrénées, et ne relevant ni de Toulouse, Bazas, Agens, ni Bordeaux;
- le secteur sous contrôle des fédérés Wisigoths : Toulouse, Agen, Bazas, Bordeaux, Saintes, Angoulême, Poitiers,
- et le reste du nord de la province sous contrôle gaulois d'Aquitaine : Bourges, Limoges, Périgueux, Clermont, Javols, Rodez, Albi, Cahors, le Puy.
Un véritable cocktail-Molotov !
JCE
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