Re: besoin de votre aide! "AREMORICA.COM"
Envoi de GENESE. Extrait N° 2. le 30 Janvier 2001:
Réponse à: Re: besoin de votre aide! "AREMORICA.COM" envoi de GENESE. Extrait n° 1 le 30 Janvier 2001:
Une tradition empoisonnée par la politique.
On ne peut terminer cet exposé sans soulever un aspect bien plus subtil et bien plus pernicieux qu'une simple confusion sémantique, à savoir une sorte de moyen subversif utilisé en politique par la propagande pro-jacobine en Bretagne.
En effet, et cela ne peut même plus être contesté par personne tant les preuves sont patentes, l'attitude de l'Etat Français, qu'il ait été monarchiste, impérial, ou républicain, a de tous temps été impérialiste à l'égard de la Petite Bretagne qu'il n'a jamais cessé de nier aussi bien en tant que pays, que peuple, et encore plus que nation. L'Etat Français, c'est bien connu, refuse d'admettre pour lui-même ce qu'il entend imposer aux autres, à savoir l'existence en son sein des minorités ethniques nationales (13).
En conséquence de quoi, lorsqu'il s'est trouvé des gens pour revendiquer leur nationalité bretonne, l'Etat Français n'a eu de cesse d'affirmer que la Bretagne s'appelait autrefois l'Armorique, que les Armoricains étaient des Gaulois, que les Gaulois étaient les ancêtres des Français, et que par conséquent les Bretons étaient des Français comme les autres, acceptant tout au plus que leur 'imaginaire' originalité ethnique n'était rien d'autre qu'un vieux reste de barbarie, et leur langue qu'un vague débris d'un idiome dénaturé de gaulois, ou encore une vomissure de dialecte ou de patois de français, le tout sur le thème péjoratif et drapé d'un magistral mépris (14).
Donc, là où certains utilisaient de préférence la nuance Bretagne, la France répondait par la nuance Armorique, ce qui a eu pour effet de renforcer encore d'avantage dans les manuels scolaires l'identité apparente des deux apellations.
Du reste, la modification récente du nom du département des Côtes du Nord en celui de Côtes d'Armor n'en n'est que le plus récent avatar, lequel n'a pas manqué de permettre à certains esprits d'avant garde de composer aussitôt un nouvel ethnonyme, que certains peuvent trouver beau, de Costarmoricains, ou Cost- Armoricains (15). Mais cela, rappelons le, n'est que de la basse politique, et ne vaudrait même la peine pas qu'on en parlât plus longuement s'il ne s'agissait, faut-il le préciser à nouveau, de l'une des constantes qui a conduit l'Etat français à être reconnu coupable de génocide culturel envers les Bretons. (16)
Là n'est pas le plus surprenant de l'histoire. Car il faut bien savoir qu'il existe aussi, en Petite Bretagne, des personnes affirmées du milieu politico-culturel breton qui n'acceptent pour rien au monde que l'on puisse discuter où mettre en cause la dualité Bretagne = Armorique, attitude justement provoquée par réaction à celle de la propagande jacobine décrite ci-dessus. Voici la logique du raisonnement : partant du principe que l'Etat Français dit que la Bretagne s'appelait autrefois l'Armorique, y compris le comté de Nantes, ci- devant dénommé Département de Loire-Inférieure et rebaptisé aujourd'hui Département de Loire-Atlantique, toute amputation à l'une (l'Armorique) est donc considérée comme une amputation à l'autre (la Bretagne). Or, justement, depuis l'Acte d'Union de 1532 (17), la France, d'abord monarchique, puis républicaine, a toujours eu pour but de dissocier le territoire de Nantes du reste de la Bretagne, et ceci pour des questions évidentes d'intérêts politiques, économiques et commerciaux. Nantes est en effet depuis longtemps une clef économique importante, donc une place de rapport financier, autrement dit une place juteuse. Cette attitude est donc considérée par les militants bretons comme une agression et une atteinte flagrante et inadmissible au territoire et à l'identité de la Bretagne historique. Ils agissent en la matière exactement comme le fait l'Etat Français lui-même à propos de sa propre conception d'atteinte à son intégrité territoriale, et ainsi ce qui est légitime au regard de l'Etat Français doit être regardé comme également légitime au regard de la Bretagne (18). C'est la raison pour laquelle, par extrapolation, ces militants n'acceptent pas l'idée que l'Armorique ne puisse désigner autre chose que la Bretagne, par crainte justement que l'Etat jacobin y trouve des arguments et le malin plaisir de persévérer dans son action impérialiste traditionnelle de séparer la Pays de Nantes du reste de la Bretagne. (19)
Comme on le voit dans ce bref exposé, il s'agit bien là d'un débat de pure politique politicienne actuelle qui n'alimente en rien ni l'objectivité ni la sérénité du travail de recherche historique, bien au contraire.
Mais il faut que le lecteur soit averti de tout !
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