Re: besoin de votre aide! "AREMORICA.COM"
Envoi de GENESE. Extrait N° 3 le 31 Janvier 2001:
Réponse à: Re: besoin de votre aide! "AREMORICA.COM" envoi de Luernos le 30 Janvier 2001:
Les étymologies proposées pour le nom Armorique.
Quelques soient les étymologies proposées, celles-ci font toutes référence à l'interprétation d'un passage de Jules César qui donne la liste des peuples gaulois venus au secours de Vercingétorix assiégé dans Alésia, et parmi lesquels se trouvent un certain nombre "... qui bordent l'Océan, et qui se qualifient armoricains..." (20). Parmi ces peuples se trouvent trois peuples gaulois dont les territoires sont inclus dans la (P)Bretagne actuelle, à savoir : les Osismi, les Curiosolitae, et les Riedones.
L'étymologie qui reçoit de loin le plus grand nombre de suffrages est sans conteste celle qui désigne l'Armorique comme le pays de la Mer, le pays qui est près de la Mer, le pays qui est devant la Mer (21). Ici le mot Mer est identique à Océan. Ce nom proviendrait du gaulois :
- are- (aphérèse de pare-) : qui est devant, auprès de, - mori- : mer, océan, - ica (suffixe accusatif)
La version en langue bretonne donne : "Arvorig", da lavarout eo : ar vro a-hed ar mor. (Ar ger keltiek " are" a dalveze kement ha " tost da, dirak")
Une autre étymologie, moins répandue, cherche à expliquer le nom Armorique par le petit pays près de la Grande Mer (Grand Océan), qui serait la désignation de la Petite Bretagne face l'immensité de l'Océan. L'explication se ferait alors par : Ar Mor = La Mer, + suffixe diminutif -ic, désignant en breton ce qui est petit.
Enfin, il a également été tenté une explication à partir du nom du Morbihan, proposé en Petite Mer < Mor-ig, sous le prétexte que les Vénètes commandaient à la "confédération armoricaine", dont le golfe du Morbihan aurait été le centre. (22)
L'inadaptation des interprétations traditionnelles.
Cette identification de la Bretagne à l'Armorique pose de sérieux problèmes aux historiens car elle ne correspond pas du tout aux données des textes anciens, pas plus à ceux de l'Antiquité qu'à ceux du Bas-Empire romain, ni même à ceux du Haut-Moyen-Age. (23)
La toute première référence est celle de Jules César, qui dit explicitement que les peuples qui se qualifient (eux mêmes) armoricains sont : les Coriosolites, les Riedones, les Ambibarii, les Calètes, les Osismi, les Lémovices, les Unelles.
Cette liste provoque automatiquement, pour qui est honnête, l'observation que Jules César ne cite ni les Vénètes, ni les Namnètes, qui sont pourtant partie intégrante de la (P)Bretagne actuelle. Louis PAPE résume à lui tout seul la position de la majorité des historiens de Bretagne :
" Cette liste a suscité bien des commentaires; l'absence des Veneti peut s'expliquer par le désir de César de ne pas mentionner un peuple qu'il prétendait rayé de la carte; celle des Namnètes est plus curieuse mais il ne faut pas attacher une trop grande importance à une telle énumération dont l'ordre géographique est incohérent." (24)
Il s'agit donc d'une incompréhension évidente et de bonne foi, mais à laquelle on répond par une esquive, ce qui n'est malheureusement pas une réponse et qui de toute façon ne résout pas la question.
L'autre observation majeure à propos de cette liste est que si les deux peuples de la côte sud de notre (P)Bretagne ne sont pas nommés, César donne par contre ceux des Unelles du Cotentin, des Lexovii du pays de Lisieux (confondus avec les Lemovices du Limousin) et des Calètes du Pays de Caux, ce qui a pour effet immédiat de déplacer la limite de l'Armorique bien au delà de l'embouchure de la Seine, c'est-à- ire sur la Bresle, qui deviendra plus tard la limite entre les provinces romaines de Gaule celtique (ou Lyonnaise), et de Belgique, entre les Calètes et les Ambiani.
Les chercheurs sont assez discrets sur le cas des Unelles. Cela tient au fait que ce peuple a été plus tard, comme tous les autres peuples de la région, placé sous la responsabilité du Dux Tractus Armoricani, disposant de castella à Grannono / Cherbourg et Constantia / Coutances (25). Cette mention suffit apparamment à éviter un débat. Mais on pourrait aussi souligner le fait que le Cotentin, l'Avranchin, le Bessin, et le Craonnais, sont devenus bretons exactement en même temps et de la même façon que les comtés de Rennes et de Nantes et le pays de Retz, sous Erispoé, en 851, même si ces quatre contrées ont ensuites été reperdues définitivement en 933 (26). On peut donc se demander ce qu'en pensent ceux qui prétendent que la Bretagne n'a fait que remplir l'espace naturel de l'Armorique ! On comprend leur discrètion, puisqu'ils sont pris là en pleine contradiction. (27)
Le cas des Calètes a fait l'objet de bien plus de controverses et de contestations. Ne comprenant pas que l'Armorique puisse aller au delà de l'embouchure de la Seine, certains chercheurs ont voulu argumenter sur une graphie Cadètes figurant dans certains manuscrits de la Guerre des Gaules, et ont cherché à placer ce peuple quelque part vers l'embouchure de la Loire. Cela aurait bien entendu pour conséquence de palier à l'absence des Namnètes, et subsidiairement celle des Vénètes de la liste des cités armoricaines de César. En attendant cette aubaine, il faut se contenter de dire que pour l'instant ces recherches n'ont jamais été confirmées ni par les écrits, ni par l'archéologie ! (28)
Pour les Lémovices et les Ambibarii, j'invite le lecteur à se reporter à l'Encyclopédie des noms de personnes.
L'identification Bretagne = Armorique est également mise à mal par la Notitia Dignitatum, document administratif officiel de la fin du IV et du début du Vème siècles (395-423). Ce document, bien connu des historiens, nomme les unités militaires disposées dans de grandes aires géographiques et dépendant de responsables supérieurs ayant le titre de Dux. Ainsi, notre secteur était de la compétence du Dux tractus Armoricani, dont l'autorité s'étendait de Rouen à Nantes.
Réponses:
Répondre
|

|