Re: Et si nous essayions de faire un point sur la ville d'Ys
Envoi de Repèrage ; Envoi N° 3 le 12 Février 2001:
Réponse à: Re: Et si nous essayions de faire un point sur la ville d'Ys envoi de Repérage; Envoi n° 2 le 09 Février 2001:
Le site vis à vis des toponymes
Il va sans dire qu'une telle thèse, pour obtenir un crédit auprès des lecteurs en général, et des chercheurs et spécialistes en particulier, doit aussi pouvoir être confirmée par des toponymes, aussi peu discutables que possible.
L'île de Sein d'une part, et Plogoff d'autre part, sont suffisamment cités et connus pour qu'il ne soit pas nécessaire a priori de s'étendre sur leurs cas.
Par contre, l'analyse d'une toponymie locale, voir d'une micro-toponymie, permet de mettre aussi en lumière certaines curiosités.
* TROUGUER : village qui se trouve à l'intersection du chemin de crête qui rejoint Douarnenez à la Pointe du Van, et de celui qui rejoint la Baie des Trépassés (An Aon !) à cette même Pointe du Van. Sauf forme ancienne contradictoire, ce nom semble bien contenir les racines : *trou = vallée, point bas, et *guer = camp, ville fortifiée, ou *gouer = ruisseau. Il se trouve précisément en un point bas, mais peut exprimer aussi l'idée d'un point de passage obligé pour descendre vers la grève où était supposée se trouver la Ville.
* CASTELMEUR : première pointe à l'est de la pointe du Van. Son explication semble fort simple : Castel = Château; + Meur = Major = Grand. Littéralement : le Grand Château.
* SIZUN (entrant en composition dans le nom de pays Cap Sizun, et dans le nom d'agglomération Cléden Cap Sizun). Ce toponyme a provoqué depuis longtemps déjà des débats entre étymologistes de la langue et de la toponymie bretonne. Nous trouvons en effet d'une part le Cap Sizun, qui désigne un pays du littoral qui va de la Pointe du Van à Douarnenez, et d'autre part une agglomération du nom de Sizun, dans les Monts d'Arrée, sur la rivière Elorn, en amont de Landerneau. Commençons par le cas de l'agglomération de SIZUN, dans les Monts d'Arrée. Pour ce faire, il faut faire de l'étymologie " en remontant" : en l'absence de formes anciennes indiscutables, si nous essayons de reconstituer un mot antique à partir du nom actuel, quel serait celui-ci ? Nous avons des réponses grâce à deux stations "romaines", l'une en Ile de Bretagne, à l'extrémité est du Mur d'Hadrien : SEGEDUNUM, aujourd'hui Wallsend, entre Pons Aelius / Newcastle et la Mer, et d'autre part SIGEDUNUM, au pied des Pyrénées. Les racines celtiques de ces deux noms sont faciles à trouver : *sege / *sige = grand, important, élevé, et *dunum = camp, forteresse. L'explication de Sizun, dans les Monts d'Arrée, à une distance quasiment géodésique de Vorgium / Carhaix, désigne soit la "Grande forteresse", soit la "forteresse sur les hauteurs", ce qui est parfaitement descriptif. Autrement dit : SEGE + DUNUM, peut donner SIZUN.( comme Castrum-Moridunum a donné Carmarthen) (th = dd= z).
* Pouldavid : donné par certains auteurs comme étant Poull-Dahud = la mare, l'étang, le lac, de Dahud.
Penchons nous maintenant sur le cas du Cap Sizun.
Mon attention a été attirée sur le fait que dans un poème gallois traitant d'une ville engloutie, le roi ne s'appelle pas Gradlon, mais Seithenhin. Or, comme nous l'avons déjà vu à propos de personnages historico-légendaires de l'Ile de Bretagne, tel Coel-Hen = Coelius Senior (le Vieux / l'Ancien), on peut dissocier le nom de Seithenthin en celui de Seithen-Hen, et ceci avec d'autant plus de tranquillité que Léon Fleuriot précise que : "Hin parait être un ancien comparatif de Hen "Vieux" et qu'il reporte lui-même à Hen, bien connu pour signifier : "Vieux". Nous avons donc, d'après cette analyse : Seithen l'Ancien. Or, Léon Fleuriot rajoute, à l'article breton : seithen : " Le nom de lieu Seidhun, Cartulaire de Landévennec, p 554 (le Cap Sizun) parait sans rapport ( ... avec seithun = semaine).
Ce qui frappe alors, c'est la surprenante ressemblance entre le nom donné pour le roi : Seinthen (Hen), et la forme ancienne de celui du Cap Sizun : Seidhun. En fait, le dh n'est qu'une forme évoluée et adoucie du th. Les noms, en vérité, sont les mêmes.
Ainsi, le nom du roi cité dans le poème gallois, est tout simplement le toponyme de l'ensemble du territoire du Cap Sizun, qui comprend Cléden Cap Sizun, et Beuzec Cap sizun. L'interprétation qui s'impose alors: " la partie du cap placé sous le contrôle / vocable du personnage appelé Septimius > Seizhun.
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note JCE :
Trouguer : un ancien camp romain, rasé au milieu du XIXè siècle par le paysan propriétaire.
Sizhun = sept sommeils = sept lunes = sept nuits = septi-mania = semaine. Rappelons que le nom égyptien de l'astre de la Nuit est Mên, qui a donné son nom au Mois, et à tous ses dérivés : homme = Man, et menstrues (sang mensuel des femmes)
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