Mme de Sévigné et Paris
Envoi de catherine et victoire le 04 Janvier 2005 08:59:02:
Madame de Sévigné et Paris
Née le 5 février 1626 au pavillon Coulanges de la place Royale, Mme de Sévigné est et restera profondément parisienne. Son oeuvre souvent gaie, nourrie d'humour, riches de caricatures, d'épigrammes, de petites comédies la situe dans son origine : « Je trouve que la joie fait parler parisien. »
Son veuvage prématuré l'éloigne d'emblée de l'univers de la Cour où elle ne peut tenir nulle charge. Versailles sera un pays qu'elle fréquenta peu, les images qu'elle en donne, recomposées, sont souvent de seconde main. Son imagination vive les habille. Restée à Paris sous la Fronde, y compris pendant le terrible siège de la capitale par les troupes royales, Mme de Sévigné, amie des Retz, des Fouquet, des jansénistes indépendants fut toujours un peu suspecte au pouvoir central.
Toujours, Mme de Sévigné aima sa ville qu'elle considère comme un spectacle vivant (lettres du service funèbre de Séguier, de l'exécution de la Voisin, de l'incendie des Guitaut, etc.) ; elle visite les couvents comme les promenades, fréquente les grandes maisons, celle des Sully ou de Mme du Plessis-Guénégaud, goûte les Tuileries comme l'opéra et la comédie et même la populaire foire Saint-Germain.
L'hôtel Carnavalet, dans le Marais.
Son quartier favori fut toujours son Marais natal, qui est d'ailleurs le Paris à la mode. Elle y occupa huit domiciles (rue des Lions, rue de Thorigny, etc.), sa demeure la plus connue et la plus chère à son coeur est l'hôtel Carnavalet, dont elle occupe depuis 1676, comme locataire, une grande partie : « Une belle cour, un beau jardin, un beau quartier. »
Impossible de reconnaître aujourd'hui les espaces réels occupés par Mme de Sévigné, après tant de restructurations de sa maison, mais le Musée abrite du moins quelques portraits, son bureau, et un fragment de tissu de la robe qu'elle portait à sa mort, seule trace terrestre qui demeure de la marquise après que sa tombe ait été profanée par les révolutionnaires en 1793 à la collégiale de Grignan où elle avait été ensevelie.
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