L'associatif, un remède contre l'exclusion Forum Association des amis des myasthéniques du maroc
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L'associatif, un remède contre l'exclusion

Envoi de AAMM-INFOS-MEµµD le 24 Juillet 2005 23:07:44:

L'associatif, un remède contre l'exclusion et les errances

24.07.2005 | 14h15


L'associatif joue un rôle fondamental dans la dynamique de développement à travers le rôle de relais qu'il remplit pour les populations locales. Il est une « courroie de transmission » et à ce titre : il permet d'exprimer les besoins de la population et de mieux cibler les attentes et les préoccupations des populations de par leur proximité avec le « terrain » et de les porter au niveau des instances de décision, il permet aussi de transmettre et de diffuser des informations au sein des populations locales, notamment pour assurer une meilleure compréhension des enjeux du développement.

Par des actions de sensibilisation, d'information, de formation, d'animation, de réflexion collective ou encore d'évaluation, elles peuvent permettre l'exercice d'une citoyenneté plus active et ont, en outre, la capacité de servir de médiateurs entre les différentes composantes de la société. Cette fonction de médiation est un thème privilégié pour construire des partenariats élargis, développer des dynamiques intercommunales et inter associatives.

En outre, s'imposant de plus en plus comme un des acteurs privilégiés, l'associatif a, en effet, un rôle à jouer à plusieurs niveaux, notamment celui de favoriser la rencontre, dans le cadre d'activités diverses, entre les « anciennes» et les « nouvelles » populations; de s'adapter à de nouveaux besoins; Et de contribuer à créer une vie locale dynamique, facteur d'attractivité pour de nouveaux habitants.

Par ce que, la société, pour se développer, a besoin de formes de collectifs capables d'inventer, de produire et de gérer des réponses à des problèmes ou des besoins et que de toute évidence, associatif et collectivités locales ont besoin les unes des autres, tout devrait aller pour le mieux, cependant malgré l'évolution des pratiques, la résolution des problèmes de coordination entre ces deux groupes d'acteurs n'est pas encore garantie ; d'ailleurs, cette complémentarité affirmée aujourd'hui engendre aussi des conflits : la tentation qu'ont parfois les élus de chercher à contrôler l'activité de l'associatif et à ne pas le laisser trop se développer, ce qu'ils pourraient ressentir comme un contre-pouvoir, en est un exemple.

En outre, plusieurs facteurs liés aux dispositifs institutionnels limitent encore la coordination de ces acteurs du développement : au coeur du problème il y a le « mille-feuille administratif », «l'encombrement institutionnel », « l'empilement des dispositifs » ; ces écueils sources de problèmes de coordination et de cohésion au niveau des actions, et par conséquent, d'affaiblissement des synergies se manifestent à tous les niveaux d'action. De même, les institutions ne correspondent pas toujours aux besoins et aux aspirations des acteurs locaux, d'où la nécessité de développer d'autres outils, notamment le développement des capacités.

Une autre condition indispensable au développement local est Le développement des capacités qui réside en une approche qui permet aux particuliers, aux groupes, aux institutions, aux organisations et aux sociétés d'accroître de manière durable leur aptitude à reconnaître et à relever des défis sur le plan du développement. Il se caractérise essentiellement par son approche globale et nécessite l'amélioration simultanée d'une multitude de facteurs en corrélation, notamment les connaissances sociales, l'élaboration des politiques, le maillage inter organisations, l'exécution des fonctions à tous les paliers de gouvernement, le renforcement du secteur privé, et les partenariats entre le secteur public et le secteur privé.

Cet exercice ne saurait se réaliser sans la mise en œuvre de l'autonomie locale dont les prémisses et les enthymèmes sont notamment la gestion locale et les micro-régulations locales : notions qui suggèrent implicitement que la communauté locale puisse être une entité relativement autonome et apte à prendre le relais de l'Etat pour certains aspects de la gestion des rapports sociaux.

En effet, l'émergence d'entreprises économiques qui se réclament de plus en plus de l'économie sociale et solidaire est un phénomène d'actualité universel. Aujourd'hui les mouvements sociaux-mouvement des femmes, mouvements écologiques, mouvements associatifs/communautaires et mouvements socioprofessionnels-font émerger des initiatives et des projets qui constituent la nouvelle économie sociale, aussi désignée comme économie solidaire qui repose sur l'équité et constitue une action contre l'exclusion, la pauvreté et les handicaps.

D'ailleurs, le développement social -processus de coopération volontaire, d'entraide et de construction de liens sociaux entre les résidents et les institutions d'un milieu- constitue un processus, une intervention, une action ou une organisation collective et repose sur la capacité des individus d'une communauté, d'agir sur leur environnement, de participer, de modifier leur milieu, de prendre en charge le développement de leur communauté ; mais pour ce faire, la question territoriale est, ici, centrale car seul le territoire rend possible un rapport de proximité combien essentiel à la participation et à cet effet, d'incontournables outils sont à mettre en œuvre, notamment : la participation qui est une constante fondamentale de l'intervention en développement des communautés pour le renforcement de la capacité d'une collectivité de prendre en main son propre développement ; l'empowerment individuel et communautaire passe par la participation des citoyens au diagnostic de la communauté, à l'élaboration d'une vision globale de son développement et à la mise en œuvre de projets concrets offrant de bonnes perspectives de viabilité ; la concertation et le partenariat sont nécessaires pour que toutes les énergies disponibles soient mises à contribution, pour que s'amorce le processus de planification du développement et pour créer les conditions de mise en œuvre des actions considérées comme prioritaires ; la réduction des inégalités, en particulier par la lutte à la pauvreté ; et l'harmonisation et la promotion des politiques publiques.

En conclusion, la société est de plus en plus diluée, elle n'est plus faite que d'une collection d'individus que l'on ne peut plus agréger, seuls comptent, désormais, les parcours individuels et les exclus ne sont en fait que des rebus qui ont une panne dans l'existence ; ainsi, l'affaiblissement des frontières institutionnelles et l'éclatement en unités plus petites et plus temporaires, entre lesquelles des relations moins solidifiées, sont sans cesse entretenues, ce qui contribue à escamoter les rapprochements.

En effet, la déconstruction des représentations sociales, les singularités multiples qui s'installent partout où elles étaient absentes et du même coup, c'est tout l'équilibre conflictuel qui s'en trouve compromis, les anciens antagonismes réglés par le jeu des critiques sociales classiques, cèdent la place à une alternance de fusions, dans lesquelles chacun des partenaires risque de perdre son identité ; de cette compétition sauvage naît et se développe la misère et s'accroissent les difficultés économiques et sociales, ce qui ne manque pas de susciter l'indignation qui débouche immanquablement sur les errances.

La construction de la notion d'exclusion –concept pourtant marginal dans les années 1970- permit à ceux qui occupent le bas de l'échelle sociale de retrouver une place dans la représentation de la société ; pourtant non seulement l'exclusion, à la différence de l'exploitation, ne profite à personne, en ce sens que personne ne peut être jugée responsable, sinon par négligence ou par erreur, mais elle demeure toujours en résonance avec les propriétés négatives attachées à ceux qui en sont victimes.

Ainsi, l'unique espoir d'ouvrir à nouveau le champ des possibles réside dans la relance de la critique sociale, notamment autour des thèmes de l'authenticité/inauthenticité, de l'égoïsme/solidarité, de la souffrance/liberté; sans que plaider pour la critique sociale ne dérive sur l'accusation ou l'invective; sans que la critique sociale ne s'érige en protestation ou en révolte en tant que valeurs, indépendamment de sa pertinence et de son acuité. En effet, critiquer signifie en premier distinguer, faire des différences dans ce qui se présente, pris à sa valeur faciale comme amalgamé, obscur ou non maîtrisable : c'est, donc, d'analyses et de moyens que la critique a besoin pour s'exercer en toute connaissance de causes.

Mohamed Haddy
est enseignant à l'Institut national de l'Aménagement et de l'Urbanisme (INAU)




Par Mohamed Haddy *
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COPIE DR IDRISSI / FROM LE MATIN



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