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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
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SANTE MALADIE MEDECIN MAROC NEUROLOGIE MYASTHENIE HASSAN_II MOHAMMED_VI IDRISSI MAIDOC2 MAIDOC MESTINON MYTELASE TEGELINE IMMUNOGLOBULINES PLASMAPHERESE THYMUS ASSOCIATION |
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ARTICLE DISCUTABLE QUE JE DENNONCE
POUR SON NIHILISME MANIFESTE !
------------KENITRA--- DR IDRISSI m.a. 23 05 03
mais , le voici :
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OAvicenne : L′hôpital aux mille scandales
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| 09.05.2003
Avicenne, Rabat, mai 2003
Meurtres par omission, comas par n?gligence, agressions, escroqueries, march?s publics tronqu?s, d?tournements de fonds etde patients?
D?couvrez la face sombre du plus grand h?pital du Maroc. Une investigation de Driss Bennani
"Si Avicenne savait ce qui se passe dans l??pital qui porte son nom, il se retournerait mille fois dans sa tombe". Le commentaire est du parent de l?n des milliers de patients qui affluent chaque jour vers le plus grand h?pital du pays. En moins de trois jours, ce sexag?naire venu accompagner son neveu, victime d?n accident de la circulation, a tout compris : "Un malade ne compte pas beaucoup dans cet h?pital. D?s les premi?res heures, il est abandonn? ? son triste sort. Tout se monnaye, ici, m?me la vie humaine". Question l?gitime : est-ce propre ? Avicenne ? Tous les h?pitaux du Maroc ne souffrent-ils pas, peu ou prou, des m?mes maux ? Pourquoi s?nt?resser ? Avicenne et pas aux autres ? Pour trois raisons, au moins. D?bord, parce qu?l s?git, redisons-le, du plus grand h?pital de ce pays. Ensuite parce qu′il fait partie du plus grand centre hospitalier et universitaire cens? dispenser une formation de pointe et s?nvestir dans la recherche scientifique et m?dicale. Enfin, pour citer un professeur de traumatologie, "Avicenne est le dernier recours d?n patient qui n? pu ?tre soign? dans les h?pitaux locaux et r?gionaux, faute de moyens ou de comp?tences". Une sorte de vitrine sanitaire du pays. Pourtant, Avicenne manque de tout. Le mat?riel est souvent d?faillant, les m?dicaments et autres consommables (fil, coton, pansements, etc.) sont insuffisants - quand il y en a - et le personnel franchement d?motiv?. De l?vis de plusieurs m?decins, infirmiers et ?tudiants, "l??pital sombre depuis bient?t deux ans dans une crise sans pr?c?dent". A tel point qu?ujourd?ui ? Avicenne, non seulement on n′est pas s?r d′?tre soign?, mais on risque d′y laisser sa peau.
Des scandales, ? Avicenne, il y en aurait des milliers ? raconter. Au terme d′une longue investigation (pr?s de deux mois), nous avons choisi d′en retenir les plus flagrants, class?s en trois th?mes. Accrochez-vous, la lecture de ce qui va suivre est parfois difficile ? supporter.
Le scandale
humain
Drame. Alit? depuis bient?t trois semaines au bloc de r?animation m?dicale, Anas Houmada ne sort que quelques heures par semaine de son coma. Selon les m?decins qui le traitent, il a 20% de chances de s?n sortir?paralys?, ? moiti? aveugle et mentalement d?s?quilibr?. "A ce stade, affirme un m?decin, il ne peut m?me plus ?tre op?r?". Anas avait pourtant tout pour r?ussir. Brillant ?tudiant en sixi?me ann?e de m?decine, il est l?nfant unique, apr?s sept ans de st?rilit? de sa m?re, d?ne famille oujdie modeste. Pendant ses stages et durant ses ann?es d?tudes, il a toujours, selon les t?moignages de ses coll?gues de promotion, "fait preuve d?ne discipline et d?n d?vouement rares". Son histoire a ?t? ? l?rigine d?n mouvement de gr?ve qui a dur? plusieurs semaines ? la facult? de m?decine de Rabat.
Tout a commenc? le vendredi 7 mars 2003. En fin de matin?e, Anas ne se sent pas tr?s bien. Depuis la veille, il a de la fi?vre et des maux de t?tes insoutenables. Apr?s la pri?re du vendredi, il quitte ses amis pour aller se reposer, seul, dans sa chambre universitaire. Dans la matin?e, il a ?t? ? l??pital (apr?s un auto-diagnostic) passer une radio du sinus. Sans succ?s, puisque le technicien le renvoie ? l?pr?s-midi, lui d?clarant que son cas n′est "pas urgent". Trois jours plus tard, ses amis le d?couvrent dans sa chambre en ?tat de pr?-coma. Il est imm?diatement transport? ? l??pital des sp?cialit?s, puis ? Avicenne. Une premi?re radio des poumons d?montre l?xistence d?n foyer tuberculeux. Le constat est vite fait, Anas a contract? la maladie ? l??pital. "Durant nos stages, nous sommes en contact quotidien avec toutes sortes de virus et de maladies contre lesquelles nous ne sommes m?me pas vaccin?s. Le cas d?nas, par exemple, aurait tr?s bien pu ?tre ?vit? gr?ce ? un vaccin qui ne co?te que 10 dirhams", t?moigne Imad Kwarti, pr?sident du conseil des ?tudiants en m?decine de Rabat.
Au fil des jours, le cas d?nas s?ggrave. Aucune intervention n?st possible avant le passage au scanner. Celui d′Avicenne, comme souvent, est en panne. En attendant, Anas est admis au bloc m?dical. Les ?tudiants ont d? jouer de tout leur relationnel pour trouver un lit ? leur coll?gue. Las d?ttendre un scanner qui ne sera jamais r?par?, mais aussi le temps de s?rganiser, ses amis le transportent un samedi matin pour faire son scanner dans un cabinet de radiologie priv? (1.500 DH). Ils sont ?galement oblig?s de louer une ambulance m?dicalis?e (qui n?xiste pas ? Avicenne) pour le transporter (2.000 DH). A son retour, Anas est admis en r?animation. Loin d?tre fini, son calvaire ne fait que commencer. Dans la salle de r?animation, Anas est atteint d?ne infection nosocomiale et d?scarres au niveau du dos et du bassin du fait de l?bsence de kin?sith?rapie. Il est, en plus, malgr? le caract?re contagieux de sa maladie, alit? ? quelques m?tres d?n autre comateux, dans une chambre particuli?rement exigu?. C?st au bloc de r?animation m?dicale au quatri?me ?tage, il y est encore, vous pouvez v?rifier.
Morts. Souvenons-nous aussi du cas de Ahmed Majdoubi. Ce magistrat, pour m?moire, est mort le mardi 9 novembre 1999 dans les couloirs de la ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-vasculaires, au beau milieu de l??pital Avicenne. Venu rendre visite ? un coll?gue hospitalis?, le pr?sident de la cour sp?ciale de justice (c?st le poste qu?ccupait Majdoubi) est soudain pris d?n malaise. Les signes d?ne crise cardiaque sont ?vidents. Cela ne peut mieux tomber (excusez le cynisme) : le juge se trouve dans le service de cardiologie le mieux ?quip? du pays. Mais sans doute le plus rapace, aussi. L?dministration de la ligue, sans ?tats d′?me, demande ? l′agonisant un acompte de 15.000 DH cash avant de faire quoi que ce soit. Ironie du sort, c?st le coll?gue ? qui Mejdoubi rendait visite qui a pu trouver l?rgent. Trop tard, le juge ?tait d?j? mort. Le Pr. Mohamed Benomar, pr?sident de la ligue est alors poursuivi en justice pour "non-assistance ? personne en danger et privation de recours". 30 avocats d?fendent le magistrat d?c?d?. Apr?s plusieurs reports, le verdict en premi?re instance condamne le Pr. Benomar ? payer 1.200.000 DH de dommages et int?r?ts ? la famille Mejdoubi, et le Dr. Sa?d Benomar et son assistant (tous deux membres de la ligue) ? 3 mois de prison avec sursis. Si le proc?s tra?ne toujours aujourd′hui, c′est parce qu′une proc?dure en appel est en cours?d?pos?e par la famille Majdoubi, insatisfaite du verdict de premi?re instance.
Le cas Majdoubi n?st pas une exception. A quelques mois d?ntervalle, un autre patient mourait au portail de la ligue. Cette fois, il s?gissait d?n parent d?n membre du personnel du CHU (Centre hospitalier et universitaire). Ce dernier, qui a requis l?nonymat, raconte : "la famille avait choisi la ligue parce que c?st ici qu?n est le mieux soign?. Nous n?vions pas d?rgent sur nous, mais je croyais que mon poste au centre ?tait une garantie suffisante. Rien ? faire, l?dministration de la ligue nous exigeait toujours une somme de plus de 10.000 DH. Je suppliais presque les professeurs qui entraient et sortaient du service, rien ? faire". Le patient mourra finalement dans l?ndiff?rence g?n?rale et la famille renoncera ? porter l?ffaire devant la justice - de peur d?ventuelles repr?sailles contre l?mploy? du CHU en question.
Agressions. M?me quand on entre ? Avicenne en bonne sant?, on n′est pas s?r d′en ressortir indemne. Mohamed Aherdane en sait quelque chose. Victime d?ne banale blessure au niveau de la t?te, il se pr?sente, en mars dernier, aux urgences d′Avicenne. Apr?s les premiers soins (d?sinfectant, bandage, etc.), il est orient? vers le bureau des accidents de travail pour recevoir son certificat m?dico-l?gal. Le m?decin lui exige une somme de 100 DH que M. Aherdane n′a pas. Il insiste et supplie le m?decin de lui d?livrer son certificat quand m?me. On peut consid?rer qu′il ?tait dans son tort. Mais ?tait-ce une raison pour appeler la s?curit? ? C′est ce qu′a fait le m?decin. R?sultat : un h?matome au niveau de l?il droit et une fracture suppl?mentaire de sept centim?tres au niveau du cr?ne. Mohamed Aherdane revient alors aux urgences traiter ses nouvelles blessures et repart au bureau des accidents de travail, accompagn? cette fois-ci d?n t?moin qui accepte de payer les 100 DH en question. Comble de l′ironie, c′est le m?me, celui qui a ?t? ? l?rigine des nouvelles blessures, qui ?tablit le certificat m?dical : 20 jours d′incapacit?.
Autre exemple, celui de Nabil Said, ?tudiant en troisi?me ann?e ? la facult? de m?decine de Rabat. Le 17 septembre 2002, il se voit refuser l?cc?s ? Avicenne par les agents de s?curit? de la soci?t? de gardiennage Ana (sous contrat ? l′h?pital). S?nsuit un accrochage verbal qui conduit douze agents, pouss?s par l?dministration selon la victime, ? le rouer de coups en public avant de saisir ses affaires personnelles. Un agent, que Nabil a identifi? lui casse alors les deux mains. 80 jours d?ncapacit?. Pire, l′?tudiant affirme qu?l a ?t? interdit de soins ? Avicenne. A la clinique priv?e o? il finit par se rendre, son traitement lui co?te plus de 14.000 DH. Ce qui ne l′emp?che pas, aujourd′hui, d′?tre handicap? des deux mains. A vie. Jamais il ne pourra exercer le m?tier de chirurgien dont il a tant r?v?. La comparaison entre la liste des travaux pratiques et celle des stages ? la facult? de m?decine permet ?galement de constater que son nom a ?t? ray? de la liste pendant plus de deux mois. Et cela, sans que l?tudiant ne passe par aucun conseil de discipline, et sans que la d?cision de sa suspension ne lui soit signifi?e par ?crit. Complicit? entre la facult? et l??pital ? Tout porte ? le croire.
(In)s?curit?. A Avicenne, les violences contre patients, familles et ?tudiants sont devenues quasi quotidiennes. Les agents de s?curit? de la soci?t? Ana, de faction devant les principales entr?es, ont fait du centre hospitalier une v?ritable forteresse. Pendant les heures de grande affluence (midi et 18 heures), ils n??sitent pas ? insulter et ? pousser violemment les parents d?sirant rendre visite ? leurs proches. Les fouilles au corps sont aussi fr?quentes. Tout y passe : le panier de nourriture, les sacs, les couvertures?Et quand un patient peut enfin entrer dans le sanctuaire, il n′est pas orient?, comme dans tous les h?pitaux du monde, vers le service dont rel?ve sa maladie. Il est laiss? ? la merci de la premi?re blouse blanche venue?ou alors, plus simplement, personne ne s′occupe de lui. Ce qui est, contrairement ? ce que l′on pourrait penser, encore plus grave que si on s′occupe mal de lui. A diff?rentes reprises, nous avons, comme de nombreux visiteurs, eu acc?s aux salles de r?animation et aux portes des blocs op?ratoires, sans jamais ?tre inqui?t?s par quiconque. Dans la chambre o? Anas Houmada est alit?, plus de six visiteurs (c?st le maximum que peut contenir la pi?ce) sont syst?matiquement pr?sents durant les heures de visite quotidienne - avec le risque que cela repr?sente pour les patients, immunologiquement faibles et cens?s se trouver dans un milieu parfaitement st?rile. A quelques pas de chez Anas, dans le m?me bloc, plus de six personnes, toutes nues puisque se trouvant en salle de r?animation, gisent ?a et l?. Le jour o? nous l′avons visit?, les volets de la pi?ce ?taient grands ouverts et les visiteurs y faisaient le tour des patients (grande curiosit? ? Avicenne). Certains enfants accompagnant leurs parents essayaient m?me, innocemment, de r?veiller les comateux?
Aux urgences, la situation n?st pas moins catastrophique. Avant d?cc?der aux locaux du service, tout malade est somm?, par un vigile dont l?ntelligence est inversement proportionnelle ? la corpulence, de payer l?quivalent de 60 DH avant toute discussion. Peu importe s′il s′agit d′une r?elle urgence ou pas. Alors qu′ailleurs, on parle de plus en plus d?umanisation des soins, chez nous, on n?umanise m?me pas la r?ception.
Viol ? Dernier scandale humain qui risque de secouer bient?t l??pital Avicenne, cette rumeur de plus en plus insistante faisant ?tat du viol d?ne jeune fille au beau milieu de l??pital. Par souci de respecter l?nonymat complet de la victime (elle est impossible ? joindre - nous la comprenons, et l′assurons de tout notre soutien), nous ne citerons ni les noms ni les circonstances d?n acte si barbare. Si ce n?st le fait que cette jeune fille, externe ? l??pital, s?st confi?e ? deux ?minents professeurs de l?tablissement qui nous ont relat? les faits dans toute leur nudit?.
Le scandale
administratif
Pourquoi Avicenne va-t-il si mal ? Comment en est-on arriv? l? ? Comme souvent au Maroc, ? cause de gu?guerres interminables entre responsables administratifs. Logiquement, c?st le directeur de l??pital qui devrait ?tre tenu pour responsable de tout ce qui s′y produit. Pourtant, Fanid Ammar (c?st son nom) fait endosser la responsabilit? de la faillite de l?tablissement qu?l g?re ? l?ncomp?tence et aux blocages cr??s par la direction du CHU, avec ? sa t?te le professeur Wajih Ma?zouzi. Pour preuve, il cite l?xc?dent budg?taire d?gag? par Avicenne en 2001 en raison du blocage de nombreux march?s au niveau de la direction du centre hospitalier. De l?utre c?t?, Wajih Ma?zouzi r?pond en affirmant que "ses projets de r?forme de l??pital rencontrent une r?sistance parce que touchant ? certains int?r?ts priv?s et malhonn?tes". Derri?re ces d?clarations crois?es se cache une lutte de pouvoir sans merci.
Combat des chefs. Commen?ons par Fanid Ammar. Directeur d′Avicenne (titre officiel : "m?decin-chef"), il y est tr?s controvers?. Ce chirurgien devenu "du jour au lendemain", pour reprendre l?xpression d?n chef de service, patron du plus grand h?pital du pays, alimente la jalousie et la pol?mique. Son objectif : ?tre totalement ind?pendant de la direction du CHU (qui regroupe, en plus d′Avicenne, neuf autres h?pitaux). Son argument : ses "relations" dans l′entourage royal et l′incomp?tence de l′?quipe du CHU.
Face ? lui, Wajih Ma?zouzi. Directeur du CHU, brillant cardiologue, on lui doit la premi?re op?ration de greffe du c?r en Afrique. Peu flexible et trop r?serv? de l?vis de ses d?tracteurs, il n?st pas habilit?, toujours selon ses adversaires, "? g?rer la complexit? des dix h?pitaux qui forment le centre hospitalier".
Entre les deux, le Pr. Mohamed Benomar, ?ternel pr?sident de la Ligue nationale contre les maladies cardio-vasculaire, ex-m?decin traitant de Hassan II et ennemi jur? de Ma?zouzi. Son objectif : pr?server ses int?r?ts dans l??pital et garantir une existence paisible ? sa "clinique priv?e" dans l?nceinte d?vicenne (nous y reviendrons). Entre les trois hommes assoiff?s de pouvoir, enfin, une petite mafia de m?decins, d?nfirmiers et d?mploy?s v?reux s?vit en toute impunit?.
Escroqueries et stages
fictifs. A Avicenne, on craint en permanence les mutations abusives (nous avons recens? trois cas au moins) du personnel non syndiqu? (Avicenne est un fief de la CDT) et "peu coop?ratif" avec la direction. Une dame en fait partie. Par crainte de repr?sailles, elle a aussi demand? ? t?moigner anonymement. Nous l′appellerons Sou?d. Cela fait quinze ans qu′elle travaille ? Avicenne, mais elle n′y est toujours pas titulaire. R?cemment, sur ordre du chef du personnel, elle a chang? de service pour la quatri?me fois en trois mois. Au passage, c?st l?fficience des services et la complicit? (n?cessaire) entre personnel m?dical et param?dical qui en p?tit. Sou?d est pourtant l′exemple m?me de la discipline. Plusieurs chefs de services ont express?ment demand? son maintien dans leurs services respectifs - en vain. Derni?re avanie : alors qu′elle ?tait en cong? (justificatifs ? l′appui), elle est aujourd′hui accus?e?d′abandon de poste. Sou?d affirme qu?lle n?st pas la seule victime des abus de pouvoir ? Avicenne. Les archives administratives de l′ann?e 1999, que nous avons consult?es, semblent lui donner raison. A l?poque, trois stagiaires avaient ?t? ? l?rigine d?ne enqu?te polici?re, qui avait d?bouch? sur l?rrestation de plusieurs employ?s de l′h?pital. Des boucs ?missaires, pour la plupart. Dans des correspondances adress?es au directeur de l??pital, les trois jeunes dipl?m?es expliquaient qu?lles avaient ?t? victimes d?scroqueries. Des gardiens et des responsables du personnel leur avaient soutir? des sommes allant de 10 ? 15.000 DH, contre la promesse d′un poste de titulaire. L?stuce ?tait simple : faire croire aux jeunes filles qu?lles ?taient en p?riode de stage en attendant qu?n poste budg?taire se lib?re. Lasses d′attendre apr?s un peu plus de deux mois (le temps de se rendre compte de la magouille) trois d?ntre elles ont fini par tout balancer. Aujourd?ui, le m?me sc?nario risque de se r?p?ter. Faute de preuves ?crites, contentons-nous de constater que plus de six stagiaires sont quotidiennement regroup?es dans un bureau minuscule aux urgences, et que cette situation co?ncide, simple hasard ou pas, avec un mouvement inhabituel du personnel infirmier et param?dical. Myst?re?Des cas comme celui de Sou?d donnent sans doute l′explication : pour "caser" des stagiaires, en l′absence de postes budg?taires disponibles, il faut bien en lib?rer. Alors on fait valser les victimes cibl?es de service en service, on leur cherche des motifs de licenciement, etc.
Insultes. Les r?unions de suivi et de contr?le de l?ctivit? de l??pital d?bouchent rarement sur des mesures concr?tes. Elles sont souvent interrompues ? cause du temp?rament du directeur d?vicenne, toujours hostile ? une quelconque supervision du CHU. Les plaintes pour diffamation et injures abondent. Le 25 mars 2002, Fanid Ammar a, tour ? tour, trait? les ing?nieurs et techniciens de la direction du CHU cens?s contr?ler la passation de march?s et la r?alisation des travaux d?m?nagement, de "salopards", "sale pute", "bande d?ncomp?tents" et "singes qui nous font danser" (tout cela consign? par ?crit dans un rapport administratif auquel nous avons eu acc?s). Dans la r?union suivante, Ammar, qui ?tait invit? ? s?xcuser (c?st consign? dans un second rapport administratif), a tout simplement lev? la main droite pour dire, "oui, je confirme ce que j?i dit". Depuis, les ponts sont d?finitivement coup?s. Beaucoup d′ing?nieurs et responsables administratifs boycottent les r?unions de suivi et de contr?le - ce qui, en soi, est plut?t grave. Quant ? ceux qui y assistent quand m?me, on comprend sans peine que le c?r n′y soit plus.
Clanisme. Entre m?decins, les relations ne sont pas au beau fixe non plus. Le clanisme fait rage. Normalement, tous devraient participer aux r?unions de la Commission m?dicale consultative (CMC). Une commission cens?e, selon une circulaire de Thami Khyari, ex-ministre de la sant?, "favoriser la gestion participative de l??pital et d?finir ses priorit?s et ses besoins". Autrement dit, une sorte de conseil d?dministration de l??pital o? tous les services sont repr?sent?s. Toujours selon la circulaire de Khyari, "(la CMC) ne peut en aucun cas ?tre pr?sid?e par le m?decin chef". C′est pourtant bien le m?decin chef Fanid Ammar, en totale violation de la circulaire minist?rielle, qui pr?side la CMC. Dans l′unique but de maintenir le protocole, d′ailleurs. Les chefs de services qui ne boycottent pas la CMC pensent le faire tr?s bient?t. Chacun a ses raisons, mais c?st encore une fois l?utoritarisme de Ammar qui est mis en cause.
Gu?re ?tonnant que dans une ambiance aussi malsaine, la gestion d′Avicenne n′ait aucune ligne directrice. Chaque responsable g?re son service comme un petit royaume personnel.
Squat. Venons en ? la ligue de lutte contre les maladies cardio-vasculaires, dirig?e par le Pr. Mohammed Benomar. Sans doute la plus grosse aberration d?vicenne. "La ligue" (c′est ainsi qu′on la d?signe, tellement elle est fameuse ?pourtant, des ligues, il y en a? occupe aujourd?ui presque la totalit? du quatri?me ?tage. Elle ne fait cependant pas partie de l??pital, encore moins du CHU. Que fait-elle donc l? ? Elle squatte les lieux, tout simplement. Et ce, depuis plus de 20 ans. Le d?cret royal de 1977, qui a permis sa cr?ation, stipule qu′il s′agit d′une "association ? but non lucratif charg?e (entre autres missions) d?pporter secours et assistance aux malades cardiaques". La ligue est plac?e sous la pr?sidence d?onneur du roi et b?n?ficie de plusieurs avantages administratifs et fiscaux. Le Pr. Benomar pr?f?re quant ? lui parler de "haut patronage royal" plut?t que de "pr?sidence d′honneur". Les deux fonctions honorifiques sont exactes, et s′appliquent autant ? HassanII qu′? Mohammed VI. Mais concernant ce dernier, le Pr. Benomar insiste pour le qualifier de "haut patron" plut?t que de "pr?sident d′honneur". Histoire de "se couvrir" ?
Selon son d?cret de cr?ation, "la ligue n?st pas soumise au contr?le financier de l?tat" (!). Elle est aussi exon?r?e de taxes et peut faire appel ? autant de collaborateurs ext?rieurs qu?lle veut. Elle est administr?e par un comit? directeur compos? de dix membres nomm?s par feu Hassan II. A vie, manifestement, puisque les textes ne d?terminent ni la dur?e des mandats, ni le mode de passation des pouvoirs. Nous avons demand? au Pr. Benomar de nommer les dix membres formant le conseil d′administration. Voici sa r?ponse : Mohammed Karim Lamrani, Serge Berdugo, Haj Salah Kebboud, Abderrahmane Bouftas, Mohamed Rabi?, feu My Ahmed Alaoui et feu Haj Mohamed Hakam. Outre le fait que ces gens, hormis leur haute place dans la hi?rarchie makhz?nienne ("se couvrir", toujours), n′ont aucun rapport avec la m?decine, on notera qu′il y en a 7, et non pas 10. Les 3 autres, le Pr. Benomar refuse cat?goriquement de les citer. Nous avons retrouv? leurs noms : ils s′agit de MM. Hammani et Khaldi, et du Pr. Srairi. Pourquoi Benomar les renie-t-il ainsi ? Myst?re et rapports de pouvoirs?
Le flou des textes et la bienveillance du roi d?funt avaient cependant une contrepartie. La ligue devait, toujours selon son dahir fondateur, "s?nvestir dans la recherche, cr?er des centres r?gionaux de traitement et porter secours aux patients".
Passons ? la r?alit? des choses, maintenant. D?bord, la ligue est on ne peut plus lucrative. Les tarifs qui y sont pratiqu?s sont ceux des cliniques priv?es. Des sources internes parlent de montants pouvant facilement atteindre les 160.000 DH par intervention. Son mat?riel est pourtant exon?r? d?mp?ts et revient donc moins cher. Mais selon le Pr. Benomar, "la ligue pr?sente quand m?me le meilleur rapport qualit?/prix".
Ensuite, la ligue n?pporte ni aide ni secours aux malades (les deux d?c?s cit?s plus haut se sont produits dans ses couloirs). Malgr? ses recettes importantes, elle n?ccepte toujours pas d?ndigents, ou alors rarement, ? l?ccasion de la visite d′un quelconque puissant. M. Benomar est pourtant cat?gorique sur ce point. Selon lui, "la ligue s′impose un minimum de 20% d′indigents sur les patients qu′elle traite chaque ann?e. 70% sont des petits fonctionnaires et les 10% restants sont assur?s dns le priv?".
Mieux : non seulement la ligue est exon?r?e de toutes formes d′imp?ts, mais ses charges fixes (eau, ?lectricit?, fluides m?dicaux, nourriture, etc.) et une partie de sa masse salariale sont support?es par l′h?pital Avicenne. Au titre de l?nn?e 2001 par exemple, la ligue a consomm? plus de 7 millions de DH. Faites le compte depuis 1977. Pourquoi autant d′argent ponctionn? sur le budget d′Avicenne ? R?ponse du Pr. Benomar : "la ligue rend un grand service ? Avicenne en traitant une partie des indigents qui y affluent". Ce n′est donc plus un choix que la ligue "s′impose", comme il le d?clarait pourtant quelques minutes plus t?t, durant la longue conversation t?l?phonique (d?ment enregistr?e) que nous avons eue avec lui.
En 26 ans d?xistence, la ligue n? jamais rien r?ussi d?xceptionnel et les centres r?gionaux n?xistent toujours pas. O? va l?rgent ? "Dans les cachets de premier ministre que touchent les m?decins ext?rieurs qui y interviennent", r?pondent en ch?r les m?decins d?vicenne. Une information difficile ? prouver mais qui reste de mise jusqu? la publication par la ligue du bilan de ses comptes. Un bilan que le Pr. Benomar dit remettre r?guli?rement ??Mme. Zoulikha Nasri, directrice de la fondation Mohammed V. Curieux?Le d?cret stipule pourtant que la ligue "est tenue de pr?senter un rapport au roi uniquement" (avis ? Mohammed VI?. Une deuxi?me "grande muette" est n?e.
Le scandale
financier
Si, entre chefs, on s?ntretue pour le pouvoir, en bas de l?chelle, le combat pour la pr?servation de petits int?r?ts personnels fait rage. Avicenne manque certes de plusieurs ressources (humaines et mat?rielles) n?cessaires ? son fonctionnement normal. Mais tout n?st pas qu?ne affaire d?nsuffisance budg?taire. Depuis plusieurs ann?es, le Maroc a opt? pour une politique sanitaire ? deux vitesses. L′id?e, en gros, est de privil?gier les grands centres de soins au d?triment des petits.
H?pital riche, services pauvres. En marge de son budget de fonctionnement, l??pital b?n?ficie de deux autres programmes d?nvestissement d?ne valeur respective de 70 et 40 millions de dirhams, ?tal?s sur trois ans. Ce qui, compar? aux budgets des autres h?pitaux au Maroc, para?t plut?t correct. L??pital ne manque donc pas d?rgent, mais souffre de terribles probl?mes de gestion ? tous les niveaux. Malgr? ces millions de dirhams mobilis?s chaque ann?e donc, de nombreux services, essentiellement de chirurgie, et les laboratoires?disent ne fonctionner qu?vec des dons institutionnels ou en faisant syst?matiquement appel ? l?ntervention de bienfaiteurs. Incomp?tence ? Dilapidation de biens publics ? D?tournement de fonds ? Toutes les pistes restent ? creuser?
March?s publics tronqu?s. Des tonnes de m?dicaments p?rissent chaque ann?e dans les magasins de l??pital. R?ponse de la direction : "un pharmacien a aujourd?ui remplac? l?dministrateur qui g?rait la pharmacie avant, mais qu?l est encore trop t?t pour les constats". Admettons?Un enqu?te de l?GF (Inspection g?n?rale des finances) en 1998 avait pourtant tir? la sonnette d?larme (lire encadr? page 21) sans que la situation ne change d?n iota. Si ce n?st en pire.
En janvier dernier ?galement, les laboratoires d?nalyse m?dicale et de microbiologie ont d? suspendre leur activit? pendant plusieurs semaines ? cause d?ne rupture de stock sans pr?c?dent. Ces m?mes laboratoires avaient pourtant, en 2001, pass? une grosse commande de r?actifs en trois tranches. Th?oriquement donc, ils devaient ?tre tranquilles pour trois ans?au moins. C?tait compter sans l?ncomp?tence (au mieux) et la mauvaise foi (au pire), de l′ex-chef de service. My Abderrahmane Alaoui, c′est son nom, r?ceptionnait lui-m?me les produits livr?s (ce que les modalit?s de contr?le de conformit? interdisent nettement). Fournisseur : la soci?t? Reacting, qui remporte de gros march?s dans presque tous les h?pitaux du Maroc.
D?s que la premi?re tanche est livr?e, courant 2001, les m?decins du laboratoire se rendent compte, stup?faits, de la non conformit? des r?actifs livr?s avec ceux notifi?s sur le bon de commande. Pire, les r?actifs re?us ne correspondent m?me pas au mat?riel utilis? par le laboratoire d?vicenne. La premi?re tranche, estim? ? plus de 130.000 DH, est donc rest?e inutilis?e, et moisit encore dans des cartons.
Logiquement, la livraison de la deuxi?me tranche aurait d? ?tre suspendue. Elle est pourtant bien arriv?e, moins d′un an plus tard (le labo ?tait ? l′arr?t pendant ce temps). Et cette tranche-l? co?tait, non pas 130.000 DH, mais un tout petit moins que le double ! (256.000 DH). Les r?actifs, bien entendu, n′?taient toujours pas conformes. Le labo, donc, est rest? ? l′arr?t?le temps que ses responsables se d?brouillent (des dons priv?s, essentiellement). Et encore, sans le d?part ? la retraite de M. Alaoui, ses ex subordonn?s laissent entendre que la troisi?me et derni?re tranche serait sans doute pass?e sans probl?me. Depuis son d?part, elle est bloqu?e, fort heureusement. Mais avant ce d?part, au niveau des proc?dures l?gales de passation de march?s?tout s′?tait pass? dans les r?gles : appel d?ffres, ouverture des plis contradictoires et attribution du mat?riel au moins disant. "Moins disant", justement, parce que livrant des produits non conformes et incomplets. A ce jour, ce fournisseur continue de faire de tr?s bonnes affaires avec l??pital Avicenne?comme avec tous les autres h?pitaux publics du pays. Ce qui constitue pour les responsables de Reacting, ? qui nous avons rendu visite, "une grande fiert?".
Derni?re pr?cision, My Abderrahmane Alaoui (qui a aujourd?ui son propre laboratoire) n? quitt? son poste qu?n mars 2003 alors que sa retraite prenait effet en septembre 2002. Pendant plus de cinq mois donc, ce professeur ?tait en situation ill?gale ? l??pital et continuait ? signer des documents de service et d?ssister aux r?unions de coordination. Nous avons eu acc?s au PV de la CMC du 31 janvier 2003. Le nom de M. Alaoui y figure bel et bien?suivi de la signature de M. Fanid Ammar. D′?ventuelles connexions occultes entre les deux hommes restent, elles aussi, ? creuser?Caisse noire et d?tournements. En 1998, le rapport de l?GF d?montrait l?xistence de recettes cons?quentes?mais dont on ne retrouve aucune trace dans les bilans de l′h?pital. Des d?tournements, en clair, sans que cela n′?meuve personne. Aujourd?ui, nous sommes en mesure d?dentifier un foyer suspect, au moins. C?st du bureau des accidents de travail (AT) qu?l s?git. Ce service, cens? d?livrer les certificats m?dico-l?gaux, cumule les incoh?rences. D?bord, les tarifs qui y sont pratiqu?s sont contraires ? ceux d?termin?s par le r?glement int?rieur de l??pital. Dans les textes, il est question de consultations ? 40 et ? 100 DH. Dans la r?alit?, ces m?mes consultations co?tent entre 100 et 200 DH, selon le degr? d?ncapacit? constat? chez le patient. Mais voici le plus grave : le bureau refuse syst?matiquement de d?livrer des re?us aux patients contre les sommes qu?ls ont pay?es. Souvenez-vous du cas de Mohamed Aherdane, cit? plus haut. Lors de sa seconde visite au bureau des AT (celle cons?cutive ? son tabassage par les vigiles d′Avicenne), il avait pris le soin de se faire accompagner par un t?moin, Mohamed Marfouq, pour exiger le re?u qu′on lui avait refus? lors de la premi?re visite. Devant l?nsistance de M. Marfouq, que nous avons retrouv?, le responsable du bureau des AT aurait r?pondu, textuellement : "les ordres de l?dministration de l??pital sont de ne pas donner de re?u". O? va l?rgent alors ? "Il sert ? indemniser les m?decins internes pour leur garde de nuit", r?pond Youn?s Bensa?d, chef d′un service chirurgical et membre d?clar? du "clan Ammar". C′est donc bien d′une caisse noire qu′il s′agit. Porte ouverte, comme chacun sait, ? tous les abus?
M?decins publics, fortunes priv?es. Autre grande hypocrisie, qui n?st pas, pour une fois, propre ? Avicenne mais commune aux quatre CHU du pays : le Temps plein am?nag?, dit TPA. Il s′agit d′une mesure d?rogatoire. Les enseignants chercheurs en m?decine avaient en effet obtenu de Hassan II le droit d?xercer dans les cliniques priv?es (ce qui leur est totalement d?fendu, en principe) pendant deux demi-journ?es par semaine. Objectif (officiel, du moins) : am?liorer leurs revenus dans l?ptique de la cr?ation d?ne clinique universitaire qui regrouperait tous les professeurs d?sirant faire du TPA. Le dahir royal qui l′institute est clair sur ce point : "dans l?ttente de la cr?ation des cliniques universitaires, et pendant une p?riode transitoire maximum de cinq ans, les enseignants m?decins peuvent exercer la m?decine de mani?re lib?rale dans les cliniques li?es par des conventions aux ?tablissement de l?tat (facult? et h?pital)". Le d?lai des cinq ann?es fix?es par Hassan II a expir? en 2001. Depuis, l?ccord n? pas ?t? reconduit et une situation de flou pr?vaut. Tous les professeurs exer?ant dans le priv? tombent-ils donc sous le coup de la loi ? Th?oriquement, oui. Mais dans les faits, il semble que l?tat et ces m?mes professeurs aient conclu un "gentleman′s agreement" (officieux, bien entendu). D?n c?t?, le minist?re de la Sant? les laisse prosp?rer "lib?ralement", mais en contrepartie, il r?cup?re indirectement de chez les directeurs de cliniques exer?ant le TPA l?quivalent de 30% d?mp?ts sur les revenus des m?decins enseignants. Ce qui constitue une reconnaissance tacite de la chose. Schizophr?nie, vous dites ? De plus en plus de professeurs sont tent?s de passer le plus clair de leur temps, plut?t qu? l??pital, dans les cliniques priv?es. C′est l? que la schizophr?nie devient lucrative : les m?decins b?n?ficiaires du TPA pr?tendent que ce r?gime d?rogatoire existe encore pour justifier les activit?s "lib?rales", mais profitent volontiers du flou qui l′entoure pour tripler (au moins) leur temps pass? ? op?rer dans le priv? (autrement plus long que les "deux demi-journ?es par semaine" pr?vues par le dahir royal). Cela va sans dire, le priv? est incomparablement plus lucratif que le public.
Revenons ? Avicenne ? pr?sent. Le "Temps plein d?rgent" (comme on l?ppelle ici) est ? l?rigine de certains agissements condamnables. De nombreux patients sont r?guli?rement d?tourn?s vers le secteur priv?, o? ils sont souvent oblig?s de payer le double ou le triple de ce qu?ls auraient pay? ? Avicenne. Sc?nario classique : Le patient arrive pour prendre rendez-vous avec tel professeur pour une intervention chirurgicale. Avec un peu de chance, le patient aura rendez-vous?dans quatre ou cinq mois. Normal, puisque tous les lits du service sont d?j? pris. Pourra-t-il tenir jusque l? ? N′y-a- t-il pas moyen de faire plus vite ? Bien s?r qu′il y a un moyen?C?st l? qu?nterviennent les infirmiers et m?me certains m?decins connus de tous. Les arguments donn?s aux malades pour mieux les convaincre d′aller dans une clinique priv?e sont toujours les m?mes : "vous n?llez quand m?me pas laisser des stagiaires apprendre leur m?tier au risque de perdre votre vie", "nous ne sommes pas bien ?quip?s pour faire face aux complications op?ratoires ? l??pital", "si vous tenez absolument ? ?tre op?r? par X, il pourra vous recevoir d?s demain dans sa clinique". Les anecdotes ne manquent pas. La plus surr?aliste reste celle de cette femme qui, venue pour une intervention chirurgicale, se voit donner rendez-vous plusieurs mois plus tard. Tenant ? se faire op?rer le plus vite possible (un patient est toujours inquiet, c′est humain), elle se laisse persuader par l?rgument du m?decin et accepte de se faire op?rer dans l?pr?s-midi m?me dans la clinique priv?e qu′on lui a indiqu?e. Probl?me : la dame a pris son petit d?jeuner avant de venir ? l??pital - ce qui est formellement interdit avant toute op?ration. Qu?mporte, le m?decin, flairant la bonne affaire, lui fait subir un lavage d?stomac (!!) avant de l?p?rer dans l?pr?s-midi comme convenu. Au passage, le TPA fait perdre ? l??pital des recettes cons?quentes. Aujourd?ui, la solution de suppression du TPA para?t impossible (les m?decins n′accepteraient jamais qu′on divise leur revenu mensuel par cinq). Celle de la cr?ation de cliniques universitaires aussi. Parce que le cas ?ch?ant, il faudra en construire ? Rabat, Casablanca, F?s et Marrakech o? se trouvent les quatre CHU du pays (avis ? Mohamed Cheikh Biadillah?.
Budg?tisations surr?alistes. Finissons sur les incoh?rences du budget d?vicenne. A la lecture des diff?rents exercices budg?taires de ces cinq derni?res ann?es, on remarque la reconduction, chaque ann?e, de sommes ?normes, pour la r?alisation des m?mes travaux : ?lectricit?, travaux divers de maintenance et de r?novation, c?blage informatique, etc. Dans tous ces projets, l?quipement m?dical ne semble pas constituer une priorit?. Les pr?visions pour le contrat plan de 2003 ne pr?voient par exemple que 22% du budget pour l′?quipement m?dical alors que le reste, plus des deux tiers, est d?pens? pour r?nover les cuisines, les couloirs et le c?blage informatique. Chose que reconnaissent d?illeurs les responsables d?vicenne qui affirment que "ces travaux cens?s am?liorer le cadre de travail sont aussi prioritaires que la sant? des malades". L′argument est recevable pour les travaux d?lectricit? et de plomberie, puisque le fonctionnement des ?quipements m?dicaux en d?pend. Mais comment expliquer, par exemple, les millions engag?s chaque ann?e depuis 1998 pour la r?novation des ascenseurs ? En chiffres, cela donne 1 million de dirhams engag? pour les ascenseurs en 1999, autant en 2001, toujours pour les ascenseurs et 4 millions en 2002 entre ascenseurs et ?lectricit?. Ce qui nous fait donc, au total, 6 millions de dirhams budg?tis?s en trois ans. Visitez Avicenne. Il vous sera facile de constater qu′aucun des 6 ascenseurs que compte l′h?pital ne fonctionne. Aucun. Les patients sont par cons?quent oblig?s de monter quatre ? cinq ?tages ? pied. Nous avons assist?, plusieurs fois, ? des sc?nes p?nibles ? voir: des malades, soutenus par deux ou trois personnes, gravissant p?niblement les escaliers, s′arr?tant toutes les trois marches pour reprendre leur souffle, etc. Seuls deux monte-charges (nous n?vons pu en v?rifier qu?n seul), ? l?llure horrible et compl?tement d?labr?s, fonctionnent encore. Depuis deux mois, Avicenne a acquis un nouveau monte-charge de marque Schindler. Les responsables de cette soci?t? affirment que c?st leur premier ascenseur install? ? Avicenne et qu?ls n?nt jamais r?alis? de travaux d?ntretien auparavant?
Triste sort pour un des plus grands h?pitaux d′Afrique et pour les dizaines de milliers de Marocains qui pensent y trouver refuge. Encore une fois, le citoyen est priv? d?n service public (sans doute le plus important) qui lui revient de droit. Il faut imp?rativement que quelqu′un rem?die ? ce qu′il faut bien appeler un drame. Qui ? Le ministre de tutelle, M. Biadillah ? Depuis sa nomination, il est d?n mutisme total. A croire que la situation le d?passe. Peut ?tre que oui, finalement. Qui, alors ??????
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1. le point de vue du touriste Ecrit par mehdi @ 14.05.2003 05:58
J'avais rendu visite, il y a quelques années à une parente, hospitalisée à l'hôpital de Meknes. J'avais été éffaré par l'état de saleté de cet établissement et le décalage par rapport aux hôpitaux européens. Ma famille m'avait assuré que la situation était nettement meilleure à Rabat. Je vois d'après votre article qu'il n'en est rien et qu'au contraire le problème est général au Maroc. Je m'inquiète donc pour la santé de mes proches et je me demande à qui je pourrais éventuellement confier mes enfants en cas de maladie durant leur séjour au Maroc. Si ce scandale franchissait les frontières, il y a fort à parier que l'ensemble des touristes occidentaux hésiteraient à venir séjourner dans votre beau pays. En ce qui me concerne, je vais de ce pas revoir mon contrat d'assistance et de rapatriement.
Mehdi
2. Sanctions Ecrit par ZAKI @ 13.05.2003 13:41
Suite à votre article, normalement les sanctions devront tomber, les têts aussi. Il faut dire que la sitaution des hôpitaux au Maroc a atteint un niveau audessous duquel on ne peut pas tomber, et c'est dû en grande partie aux personnes qui les gérent comme leur domaine réservé, sinon privé.
Il est temps que cela cesse.
3. statut d'Avicenne Ecrit par Benmansour @ 12.05.2003 18:33
Je connais trés bien la problématique relative à la gestion de cet Hôpital, pour en avoir été le médecin-chef, il y a quelques années. L'Hôpital Avicenne est bien trop important en nombre de lits, en effectifs, et en budget, pour être géré par 2 chefs : le Directeur du CHU et le Médecin-chef. De ce fait, les responsabilités sont quasiment impossible à établir. Il existerait deux solutions réalistes : soit lui donner son autonomie ( Conseil d'administration, CME, Budgets propres, etc.) et dans ce cas la responsabilités du médecin-chef est clairement définié et facile à établir, soit le faire gérer en direct par le Médecin-Directeur du CHU, mais dans ce cas il ne pourra pas faire grand chose d'autre ( il sera moins disponible pour les autres établissement du CHU). Il faudrait accompagner cette modification du statut d'une loi hospitalière permettant de définir avec précision les règles de fonctionnement hospitalier ( CA, autres instances, Direction, Médecins, etc.). Il existe un certain nombre de règles à regrouper, à moderniser, et à compléter.
Excusez- moi mais ce que j'écris à l'air de " y a qu'à, faut qu'on " . Donc tout ceci ne serait possible que dans le cas d'une volonté politique claire et déterminée.
4. Ecrit par nafsi @ 12.05.2003 17:16
C'est l'autre face cachée du maroc celle de la misère de l'inéfficacité des services publics, du sous développement. Ah ils sont loint les taux de croissance si décroissant, un taux de chomage à 12 % etc.
5. Fondamental Ecrit par krb @ 12.05.2003 16:45
3 piliers sont le fondement de toute société qui se respecte : L'Education, la Justice et la Santé. Quand verrons-nous des ministres compétents et responsables (comme ceux du Tourisme ou de l'Equipement) relever les défis de ces secteurs prioritaires. D'ici là, gardez votre plume pour dénoncer ce que tout le monde sait ! Mais n'oubliez pas, le moment venu, de parler des success stories, seule voie pour l'espoir.