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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
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1. "maroc : pour une santé exonérée de taxes et de douane
par laila ouazry dr idrissi "
in Santé,
in archives de la nouvelle tribune
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Pour une santé exonérée de taxes et de douane
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Souvent les médecins se trouvent devant un dilemme. Comment faire profiter leurs patients des progrès réalisés en médecine, tout en tenant compte de leurs moyens. Les contraintes financières seraient-elles un frein pour les médecins qui les empêcherait de s’acquitter de leur tâche et d’accomplir convenablement l’acte médical?
Dans ce contexte, l’association des amis des Myasthéniques du Maroc (AAMM) lance un appel de détresse pour une prompte réaction en vue de réduire le coût de tous les médicaments et particulièrement ceux destinés au traitement de la myasthénie, à travers un abattement des taxes et impôts. Dans ce sens, plus de trois cents courriers sont envoyés à travers le Royaume. Médias, partis politiques, députés... ont été saisis. Récemment, un courrier a été adressée aux conseillers de Sa Majesté, précédée de deux écrits à la Primature. Si à ce jour aucune réaction n’a été enregistrée, l’espoir demeure grand. L’élan de solidarité enclenché par Sa Majesté, un gouvernement à moitié socialiste et un peuple patriote sont autant de facteurs qui laissent optimistes les auteurs de cette quête.
Qu’est-ce qu’un myasthénique? C’est une personne atteinte de myastenia gravis, désignation grecque de la myasthénie, maladie auto-immune musculaire, due à un blocage de la transmission de l’influx nerveux du nerf au muscle, au niveau de la jonction du nerf avec le muscle. La maladie se manifeste à travers un déficit moteur apparaissant à l’effort ; «c’est la notion de fatigabilité anormale à l’effort qui est due à un bloc de transmission neuro-musculaire», explique le Dr My Ahmed Idrissi, président de l’AAMM, qui précise que le myasthénique est un handicapé physique grave qui appelle de la communauté, la reconnaissance de son état grabataire. Selon les spécialistes «le patient est rapidement réduit à l’état d’infirme ! Il vit ou végète, à l’état de pleine conscience, son amoindrissement progressif. Le myasthénique constate la faillite de son organisme, il voit son humeur se déprimer et sa marginalisation s’accentuer. Il devient tributaire d’autrui et dépasse les possibilités de soins et de patience de sa famille.»
Médication onéreuse
La prise en charge s’appuie sur deux types de traitements : ceux à visée symptomatique (Mestinon, Mytelase, prostigmine), ce sont des produits qui inhibent la dégradation de l’acétylcholine, à l’origine de la maladie, et ceux à visée étiologique. Les corticoïdes, prescrits à vie, malgrè leurs effets secondaires! Les immunosuppresseurs, les échanges plasmatiques et enfin une chirurgie lourde qui consiste en l’ablation du thymus, (indispensable en cas de présence de thymom). Mais là aussi, ce n’est pas une action anodine, puisque l’anesthésie et les produits anesthésiques figurent parmi les classes des produits contre-indiqués. Toutefois les professionnels précisent qu’ «il faut adapter le traitement à chaque cas, en sachant qu’il existe de nombreuses controverses, et que les modalités sont à envisager dans un service spécialisé.»
Il est, en effet, question d’une pathologie dont la prise en charge est plutôt délicate. La maladie peut être aggravée par les médicaments les plus anodins.
Au Maroc, on compte près de 5000 cas de myasthéniques, (chiffres non officiels). En vue d’avoir des statistques plus récentes, l’AAMM avait sollicité, par le biais d’un courrier, tous les neurologues du Royaume pour lui communiquer les cas traités par leur soins, mais ce courrier est resté lettre morte. Faute de temps, parait-il !
Selon Dr Idrissi, à ce jour, le Maroc réserve peu de moyens à la prise en charge des myasthéniques, des citoyens condamnés à l’infirmité, faute de traitement. Il convient, en effet, de rappeler que le coût de la thérapeutique est loin d’être accessible (voir entretien du Dr Idrissi). Jusqu’à une date récente, le Mestinon était l’unique comprimé introduit au Maroc. Le fournisseur de ce produit qui détenait le monopole du marché, ne se souciait guère des ruptures de stocks régulières ( deux en une année), aggravant ainsi l’état de santé des patients, puisque ce médicament était le seul anticholinestérasique du marché. Ce qui poussait certains patients, les plus nantis, à s’approvisionner en France. Ecœurés par le mercantilisme odieux affiché par l’unique fournisseur du médicament à l’époque, les laboratoires Stéripharma, l’AAMM n’a pas ménagé ses efforts pour lutter contre ce monopole du marché. Appuyés dans son action par le ministère de la Santé, et la division de médicaments au département de Mme Yasmina Baddou, et les laboratoires Sanofi Casablanca, les responsables de l’association, sont parvenus à convaincre le laboratoire Sanofi France de faire acte de solidarité en exportant au Maroc le Mytélase.
Évolution inaccessible
Nonobstant cette avancée, les coûts de la médication demeurent hors de portée, non seulement des myasthéniques, mais des autres malades. «Notre implication dans cette maladie, nous a fait prendre conscience, en tant que médecins, qu’on était complice d’un système qui sanctionne le malade qui n’a pas les moyens financiers nécessaires pour faire face à son mal. Nous étions complices car nous continuions à prescrire des médicaments hors de portée des patients.», déclare-t-on à l’AAMM.
En effet, force est de constater que les patients démotivés par le coût des soins modernes s’adonnent aux méthodes traditionnelles. Résultat, le nombre des cas désespérés va en augmentant. «Une situation qui contraste gravement avec la floraison des cliniques et l’édification d’hôpitaux modernes», lance Dr. Idrissi.
A quoi sert-il d’avoir des cliniques ultra modernes, conçues selon les derniers cri en terme d’architecture, équipées en matos supersophistiqués et où les NTI sont de mise, si la masse de la population ne peut pas accéder à leurs services facturés aux taux les plus élevés.
«Il est temps de nous réveiller de notre morosité pathétique pour encadrer et servir nos malades humiliés !» Il s’agit, en fait d’un sursaut d’une partie du corps médical qui s’indigne de l’inaccessibilité des médicaments aux masses de la population, en général et les myasthéniques en particulier. Partant, l’AAMM mène depuis quelque temps une véritable campagne pour baisser le côut des soins.
SOS urgence
Aussi, un appel est-il lancé aux plus hautes instances du pays, ainsi qu’à tous les intervenants du secteur de la santé pour opérer une action qui aura pour effet de rendre les soins accessibles à tous les Marocains. Pour Dr Idrissi, il est insensé que l’État, à travers la douane, accable le médicament et, par là même, le malade par des taxes et des impôts. «On veut que l’Etat détaxe de la douane tous les intrants des médicaments et qu’il exonore de toutes taxes les médicaments et les soins.» Pour les membres de l’AAMM, il est inadmissible que le lait pour nourisson soit imposé à hauteur de 40%, alors que d’autres produits bénéficient d’un traitement fiscal préférentiel. Ce qui aura sans doute une incidence positive sur le budget de l’Etat, car une personne infirme, dépendante d’autrui et condanmée à un lit ou une chaise roulante, (quand celle-ci est disponible), est sans doute plus coûteuse à l’Etat car non productive, non imposée... Elle est donc réduite à une simple charge aussi bien pour sa famille que pour l’Etat. Par ailleurs, en contre partie des taxes sur les médicaments, l’Etat peut compenser ce manque à gagner sur d’autres produits accessoires ou de luxe. Une thèse soutenue par les membres de l’AAMM. «On peut à titre d’exemple prélever 10 ou 20 Dhs sur chaque bouteille de Scotch, chaque flacon de parfum, chaque paquet de cigarettes, voire un Dhs sur chaque Coca, MacDo, chaque ticket de cinéma, voire sur chaque rouge à lèvres ...» Les membres de l’association estiment que les solutions existent, il faut juste poser le problème et se mettre ensemble pour aller les chercher. Loin d’eux l’idée de désespérer. L’élan de solidarité enclenché par Sa Majesté est à l’origine de leur bataille et de leur prise de conscience. «L’appel de solidarité lancé par Sa Majesté pour soutenir les handicapés et les nécessiteux est une école pour nous.», déclare-t-on à l’AAMM. «Nous demandons à l’Etat de bien vouloir réformer la réglementation de la douane et du fisc, en matière de médicaments. Leur état actuel est contraire au courant de solidarité tel qu’initié par Sa Majesté.»
Par ailleurs, il est à signaler que les reponsables de l’AAMM, ne se limitent pas dans leur revendication aux seuls médicaments mais à tout ce qui a trait au domaine des soins. Ils estiment qu’outre les médicaments et tous leurs intrants, l’Etat doit supprimer toutes sortes de taxes sur le matériel nécessaire aux soins, ainsi que les taxes relatives aux soins eux-mêmes, pour les rendre accessibles à tous les citoyens toutes catégories confondues. L’idée étant de débarasser le domaine de la santé de son aspect mercantile. Une thèse que d’aucuns ne verront certainement pas du même œil.
L.O.
copie collée dr idrissi