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Chronique du psy : La phobie scolaire
Le : (12/9/2005)
La phobie scolaire est une peur acquise suite à un événement "traumatisant" vécu à l’école. Elle touche 1 à 3 % des enfants d’âge scolaire (3 garçons pour 2 filles) avec 3 pics de fréquence : petite enfance (5-6 ans), pré adolescence (10-11 ans) et adolescence (12-15 ans).
Florence ACHARD Psychologue Psychothérapeute, chroniqueuse de Menara
(e.mail florenceachard.b@menara.ma )
Le début est le plus souvent brutal, l’enfant refuse de se rendre à l’école ou de pénétrer dans la classe avec des manifestations d’angoisse intenses, voire dramatiques comme des réactions de panique, d’autant plus que l’enfant est forcé.
Un événement intercurrent est parfois rendu responsable : réprimande d’un professeur, conflit avec un camarade...
Le calme revient quand l’enfant est assuré de rester à la maison où il peut d’ailleurs très bien travailler avec parfois même un hyper investissement scolaire.
L’enfant promet le plus souvent de retourner le lendemain à l’école mais sans y parvenir. En dehors des accès de panique, il est très facile et coopérant et a une intelligence normale.
Parfois d’autres symptômes sont associés à la phobie scolaire dont les troubles anxieux, les phobies, les manifestations obsessionnelles, la dépression, les somatisations multiples…
Le danger de la phobie scolaire est un risque de déscolarisation dont les effets peuvent être dramatiques.
La phobie scolaire est à différencier des difficultés de séparation de l’enfant d’avec sa mère à l’école maternelle, du refus scolaire, de la fugue et de l’école buissonnière.
L’environnement familial est souvent particulier. La phobie scolaire se rencontre souvent chez des enfants très dépendants de leur famille, avec parfois une attitude ambivalente. La mère est surprotectrice ; le père est souvent peu sécurisant, voire absent.
L’évolution psychothérapeutique de la phobie scolaire dépend de la structure psychopathologique sous-jacente et de la dynamique conflictuelle au sein de la famille.
*30 à 50 % ont une évolution favorable,
*30 % ont une évolution marquée par la persistance de difficultés névrotiques,
* 20 à 30 % ont une évolution défavorable.
Toute phobie scolaire doit faire l’objet d’une prise en charge psychothérapeutique.
Prévention
Les parents par leur écoute, compréhension et analyse sont les personnes qui peuvent le mieux aide leurs enfants à faire face aux difficultés de la vie, pour cela il leur faut de nombreux comportements éducatifs permettant à l’enfant de développer sa maturité et sa confiance en soi dès la petite enfance.
*Accepter la peur de l'enfant et lui expliquer ce qui fait peur dans telle ou telle situation, devant tel ou tel objet.
*Enseigner à l'enfant la différence entre la peur et la prudence. Identifier ensemble des règles de prudence à respecter pour prévenir les accidents et ainsi apprivoiser les situations à risques.
*Ne pas forcer ou précipiter l'enfant devant l'objet de sa peur. Procéder plutôt par exposition graduelle, de façon à lui donner le temps d'apprendre à gérer son anxiété.
*Éviter d'humilier, de critiquer, de faire des menaces ou de punir si l'enfant a peur, ceci augmentant plutôt l'anxiété.
*Éviter que la peur ne soit trop payante : privilèges sociaux ou matériels. Exemple: coucher avec maman, bonbons s'il arrête de pleurer.
*Répondre aux gains secondaires de façon positive. Exemple: Donner de l'attention avant le coucher, raconter une histoire.
*Encourager les capacités d'autocontrôle des dialogues internes et de l'imagerie mentale: se parler positivement et éviter les films d'horreurs que l'on s'invente.
*Aider l'enfant à prendre du recul face à l'émotion d'anxiété en lui par le biais d'une métaphore. Exemple : un conte.
*Faciliter le développement des habiletés personnelles nécessaires pour faire face à la situation anxiogène.
*Préparer une mise en situation de façon à faire vivre une émotion agréable au moment même où l'enfant percevra l'objet ou la situation anxiogène. Exemple: peur du noir apprivoisée en jouant à cache cache.
*Apprendre à l’enfant de mieux contrôler sa respiration pour prévenir ou atténuer les manifestations physiologiques de peur.
*Eviter la pitié ou la surprotection: Si on doute de ses ressources, l'enfant apprendra à douter de lui.
*Ne pas être surpris quand l'enfant a des succès.
*Permettre à l'enfant de s'offrir une récompense après un succès. Espacer de plus en plus ces renforcements matériels au profit de la simple satisfaction d'y être arrivé.
*Croire en l'enfant et ne pas trop s'impliquer émotionnellement face à ses comportements.
Et enfin si on a peur que notre enfant puisse avoir peur devant..., il faut d'abord aller chercher de l'aide pour soi-même.
Voir précédentes chroniques
Maladies Psychosomatiques
Manipulation Mentale
Anorexie Mentale
Instances psychiques
Trouble d’anxiété généralisée (TAG)
La volonté et le changement
La psychose
Tabou de l’inceste
L'hypocondrie
Adolescent, apprenez-lui à se faire confiance
Le sommeil paradoxal et le rêve
Œdipe et Sexualité
Epreuve de séparation
Florence ACHARD
http://www.menara.ma/infos/includes/detail.asp?article_id=1893&lmodule=femmes
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