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Réponse à: Re: LA DENGUE...a de quoi affoler envoi de Idrissi le 27 Septembre 2005 00:13:40:

ET UN POEME D'UN BEL ANGE
-------------DOMENECH !--------------
NAISSANCE
Quand on croit être seul
pour qui le soleil luit
le monde face à soi
qui va bientôt le prendre,
qu'il suffit d'un désir
pour se porter en lui,
que tout est à l'endroit
du bon côté de soi,
et que le je l'emporte
sur tous les nous du monde
Quand on voit une route
ouverte à son usage
que l'on va étrenner
et qu'autrui cherche encore,
qu'on n'a peur d'aucun pas
ni d'aucune ambition,
qu'on est sûr de la côte
et d'aimer son effort
et d'atteindre un sommet
prêt à se dévoiler
Quand on ignore l'âme
adorée par les faibles
et qu'on n'adore rien
que sa propre faiblesse,
que chaque jour on prie
pour ne jamais prier,
qu'on omet d'être libre
en ne s'enfermant pas
et que l'on a pitié
de tout hormis de soi...
C'est alors que lemonde
se retourne à l'envers,
que le soleil se noie
dans sa propre colère,
que le je s'annihile
devant chacun des autres,
que la route se ferme
qui n'était que pour soi,
que le sommet se voile
pour une éternité
et qu'il ne reste plus
que prudence et vertu
éclairant tels des cierges
sa seule image nue.
Et c'est alors que l'âme
devient réalité,
que la puissance naît
de la force inversée,
que chaque jour apprend
ce qu'est la liberté.
Extrait du recueil "DE LUNE ET D'OR"
CREATION
Dans un coup de colère
un méchant éclair
mutila un ange
en robe virtuelle
qui n’avait peur de rien.
Avez-vous vu un ange
battre de l’aile ?
claudiquer de cirus
en stratus
comme jouant à saute-nuage ?
Etait-ce étrange
ce demi-séraphin,
cette moitié d’attelage ?
Lassé d’une infirmité
qui le laissait
loin derrière les mouettes,
il se sortit de la tête
une vieille idée
qui y trottait,
courut sur un pied
dérober ses couleurs
pennées
à un jeune perroquet,
qu’il admirait dans le secret
de son coeur,
car pour être angélique
il n’était pas très sage.
Il se compléta
le côté droit
tout en fuchsia,
violet et bleu,
avec un peu d’orange
et un lé de citron,
et se trouva
si magnifique
qu’il se contemplait
à foison
dans tous les yeux
qui chantaient ses louanges.
.../...
Jusqu’au jour
où LA VOIX tonna :
«Qu’est-ce que cela ?
Un céleste arlequin ?
Un patchwork d’amour ?
Malheureux !
Un ange bariolé !
Mais ça n’existe pas.
Des blancs -les innocents-
Des roses -ceux qui n’osent-
Des argentins -les musiciens-
Teintés d’azur -les plus purs-
Améthystes -les tristes-
En or -pour le décor-
Parfois des verts
qui ont pris l’humidité
du matin.
Des gris qui ont bu trop
dans les ruisseaux.
Aussi des noirs
-c’est vrai il y en a-
les pervers ou ceux du soir.
De panachés, jamais !»
Sur ce verdict l’ange resta
tout coit.
Devant son Créateur,
qui seul pouvait
le faire trembler,
il devint
presque blet.
Et, pendant Sa réflexion,
la créature baissant le nez
pleurait.
Dieu n’est que Bonté.
Un ange pleurnichant
c’est encore pire
qu’un ange ignorant
du repentir.
«Et bien,
puisque petit malin
tu aimes tant la pluie
et la polychromie,
garde ton aile
et pour punition,
tu annonceras
chaque fin d’orage
en projetant ton image,
car tu seras
l’ARC-EN-CIEL».
CONTE DE COCHON
Le petit cochon est un porc.
Il a des yeux de porc, un groin de porc. Cela n’est pas très renommé. Cela il l’a pour la simple raison qu’il est myope et donc a besoin de sentir.
Il grogne parce qu’il ne sait pas parler mais dit tant de choses, aussi nombreuses et variées qu’un homme. Son langage est différent ; à cause de cette différence on ne veut pas le comprendre, on préfère le classer parmi les bêtes incompréhensibles.
Comme il est rond, rebondi tout du long et du lé, comme il n’a pratiquement pas d’os, on l’a décrété bon à manger. Le petit cochon ne grandira pas : il restera de lait et d’autant plus recherché. Ou il grossira pour être mieux découpé en saucisses, et il sera saigné pour finir en boudin.
De toutes façons une nature économe l’ayant fait comestible du museau aux pieds, on n’en perdra pas une bouchée, ne jetant que son nom comme injure.
Parfois cependant on l’aime autrement, c’est-à-dire non cuit, c’est-à-dire tout court. Alors commence le cas de conscience qui est en réalité un coup de coeur : le cochon est bon à manger en morceaux, ou entier s’il est porcelet ; mais si on l’aime sur pattes, si courtes qu’elles soient, on hésite, on s’interroge, ce qui était si simple se transforme en casse-tête, on se cherche des excuses pour trancher dans le vif, des prétextes pour surseoir à couper, on regrette, on baisse le bras vers le sol et on lève les yeux au ciel.
Et après ? N’est-on pas paysan ? Il faut se décider : on prend son courage tout flasque, tout faible, minuscule, à deux mains et ...
«A demain, à demain» hurlent les enfants debout, ravis et rouges sous leurs bonnets. «Nous te reverrons demain, petit cochon».
Et le narrateur coupe son fil en même temps que celui de ses marionnettes. Ils n’ont pas compris, soupire-t-il. Sans doute était-ce trop compliqué ! Trop de mots, pas assez d’action, et pourtant que de gestes !
Tant pis : à demain; les enfants. Le petit cochon va dormir, et le paysan mangera autre chose, de la soupe, du fromage, de quoi se plaint-il ? Le petit cochon est sauvé, grâce à vous qui savez si bien, d’un mot mal interprété, changer une histoire triste et vraie en un conte enchanté.
Paule
"Ayant la faiblesse d'écrire de la poésie,
je dédie à tous et à votre grand courage,
anciens et nouveaux venus, ce qui suit :"
LE POUVOIR DES ROSES
La rose nous a tant souri
tout l'été
qu'un soir d'automne,
ses joues se sont éparpillées.
Nous en avons fait de la gelée
pour adoucir notre hiver.
Quand au bout du sien
elle s'est réveillée,
que nous nous sommes approchés
pour retrouver le parfum d'hier,
c'est elle, encore cachetée
avant que le soleil ne la déboutonne,
qui nous a reconnus à notre souffle empreint
de son souvenir.
Ses lèvres ont rougi de plaisir,
ses joues se sont gonflées,
son coeur ouvert nous a dit
que rien ne mourait,
que tout recommençait.
Paule
qui vous souhaite que toutes les roses du monde vous sourient enfin.
_________________
DOMENECH