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Réponse à: La Mauritanie bascule de nouveau dans l’illégalité envoi de AAMM-EDITOS-ALM- KHI le 09 Aout 2008 13:06:31:
International
Manifestations à Nouakchott : Entre soutien et condamnation des putschistes
Au deuxième jour du putsch qui a renversé mercredi dernier le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, le Haut Conseil d’Etat, qui dirigera provisoirement le pays, a reçu hier un accueil populaire mitigé. Une grosse manifestation de soutien a en effet été organisée hier à Nouakchott dès 11 heures (GMT et locale). Elle fut l’occasion pour (l’ancien) nouvel homme fort du pays de faire sa première sortie publique. Cette manifestation de soutien, qui avait tout l’air de vouloir prendre à contre-pied les condamnations internationales qui pleuvent de toutes parts sur le pays, a été à son tour contrée par une autre manifestation à travers laquelle certains partis de l’ex majorité présidentielle ont fustigé le coup d’Etat.Le nouveau Haut Conseil d’Etat (HCE) ayant pris, il y a deux jours, les rênes du pouvoir en Mauritanie, a décliné jeudi matin (à 01h30 GMT) sa nomenclature. Il est à 100 % composé d’officiers supérieurs des différents corps d’armées (11 membres, dont les 3 seuls généraux que compte le pays et 8 colonels). Il est bien évidemment présidé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz.
Selon des sources nouakchottoises bien informées, la déclinaison, tard dans la nuit de mercredi à jeudi, de la composition du HCE est due au fait que des tractations avaient eu lieu durant toute la journée de mercredi, en vue d’y intégrer des membres – civils - issus des partis politiques. Mais la fin de non recevoir opposée par certains, surtout le président du parlement Messaoud Ould Boulkheir (Chef du parti de l’Alliance populaire progressiste), ou les conditions draconiennes posées par d’autres, à l’instar du chef de file de l’opposition Ahmed Ould Daddah (leader du Rassemblement des forces démocratiques-RFD) ont fait capoter cette tentative.
Par ailleurs, le Haut Conseil d’Etat s’est engagé à organiser dans les plus brefs délais (sans précision de date) des élections présidentielles «libres et transparentes» en vue de remettre le processus démocratique sur les rails.
D’autre part, la journée d’hier a été marquée par deux manifestations dans la capitale mauritanienne. L’une, en soutien à la nouvelle junte, s’est achevée devant le palais présidentiel où elle a été accueillie par certains membres du nouveau directoire militaire. Le général Abdel Aziz en a profité pour faire sa première sortie publique. Il a remercié les manifestants, «pour cette marche à travers laquelle ils ont exprimé leurs intérêts aux affaires du pays.» Il y a dit que le «Haut Conseil d’Etat s’engage devant Allah et devant le peuple à œuvrer pour trouver des solutions à tous les problèmes du pays et à faire prévaloir la justice et à en faire profiter tous les citoyens... Je voudrais vous assurez l’engagement du Conseil à oeuvrer pour instaurer une gestion transparente des ressources du pays, reformer l’administration et l’organisation des fondements de l’Etat».
L’autre manifestation anti-coup d’Etat a été organisée par les quatre partis (APP, islamistes de Tawassoul, Union des forces progressistes, et ADIL du Premier ministre déchu) qui formaient la majorité présidentielle du temps – pas lointain - de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Celle-ci a été violemment dispersée par les forces anti-émeutes qui ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, pour la plupart d’anciens ministres ou députés proches de l’ex président.
Par ailleurs, nous apprenons que la France a refusé de servir d’éventuel lieu d’exil pour Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, à qui, peut-être, elle ne pardonnera jamais d’avoir pactisé avec les islamistes du parti Tawassoul, après que des actes terroristes ont tué en décembre quatre touristes français en Mauritanie.
Mohamed Ould Boah
8/8/2008