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Réponse à: Hannibal - Une diplomatie marocaine discrète et efficace envoi de AAMM - MONDE - LE MATIN le 15 Aout 2008 12:22:22:
«affaire» Hannibal Kadhafi
Dénouement au niveau maroco-libyen
Le retour de Mme El Kachanni illustre le rôle discret et efficace des autorités marocaines
Publié le : 14.08.2008 |
François Membrez, avocat suisse de son état, ne s'est jamais autant agité que dans l'affaire Hannibal, fils du président Mouamar Kadhafi, qui l'a opposé depuis le 15 juillet à son employé marocain.
Là où il y avait une plainte judiciaire, il a cru déceler la « grande affaire » sonnante et trébuchante. Il a cru flairer le pactole, s'est démené pour conférer à une affaire judiciaire qui au niveau maroco-libyen se dénoue un caractère « véreux » à la limite de l'ostentatoire ! Pourtant , avec l'arrivée mercredi 13 août au Maroc de Mme Zahra El Kachanni, tout indiquait que le drame, qui a pris une dimension de crise diplomatique, mêlant la raison d'Etat, les droits humains et l'intervention assidue d'associations et d'ONG suisses, s'achemine vers un dénouement. Mme Zahra El Kachanni, qui n'est autre que la mère de l'ancien employé marocain de Hannibal Kadhafi, n'a été ni incarcérée en Libye ni menacée, elle n'a pas eu à craindre pour sa vie, comme beaucoup se sont acharnés à le dire et à l'écrire avec un sens appuyé du dénigrement. En rentrant au Maroc, elle confirme aussi le rôle joué dans cette affaire par les autorités marocaines.
Mieux, Mme El Kachanni a affirmé publiquement que les autorités marocaines l'ont soutenue de manière active, de la même manière que les autorités libyennes, démentant ainsi les rumeurs et les fausses informations, colportées et entretenues à dessein depuis quelques semaines sur sa prétendue détention. Une campagne, relayée par la presse, a fait qu'elle était détenue en otage à Tripoli au motif qu'elle est la mère de l'employé qui a porté plainte à Genève contre Hannibal Kadhafi et son épouse Lina. Son arrivée au Maroc, ses déclarations recoupées avec celles des représentants des autorités marocaines apportent ainsi un démenti cinglant à une certaine presse, prompte et constamment portée à discréditer les autorités marocaines.
Dans cette affaire, de nouveau, le manque de discernement est flagrant, car rien n'interdisait de prendre attache avec les autorités compétentes et vérifier les informations sur la prétendue détention des deux ressortissants marocains en Libye comme moyen de représailles. Continuer à prétendre le contraire, ne pas se soumettre à l'exercice basique et nécessaire du rectificatif ou du démenti qui est à la déontologie de la presse l'équivalent d'une règle d'or relève de l'obsessionnelle désinformation mensongère mais aussi d'une irascible volonté de nuire à la fois au Maroc et à la Libye.
Il existe une tradition qui constitue depuis toujours l'un des piliers de la diplomatie marocaine: celle da la discrétion qui est la marque de son efficacité. Non qu'elle fasse profil bas, mais dans les affaires de ce genre-où se mêlent avec complexité politique, justice et dignité humaine-elle cultive l'action discrète que l'on dirait «parallèle» avec un souci de préserver des dérapages parfois coûteux le processus de négociation.
La Libye et le Maroc sont deux Etats qui entretiennent à ce niveau même des relations qui ne souffrent aucune ambiguïté. Leur coopération s'articule autour de plusieurs accords et conventions, politiques, économiques, techniques, juridiques notamment et culturels. Dans l'affaire de Zahra El Kachanni, les deux pays n'avaient besoin d'aucune intervention extérieure, les autorités des deux pays recourant au canal diplomatique pour la dénouer. Mieux que cela, les autorités marocaines, culture de pudeur exige, n'ont pas pour habitude de crier sur les toits leurs actions et encore moins leur exploit. Ceux qui prétendent que le Maroc n'entreprend rien en faveur de ses ressortissants, allant même jusqu'à soutenir avec impudeur qu'ils représentent « moins que rien » aux yeux des responsables de l'Etat, auraient mieux fait de vérifier et de recouper leurs informations, avant de céder à des arguties populistes.
La preuve en est que les mêmes ressortissants en question-la maman et le frère de l'ancien employé marocain de Hannibal Kadhafi – ont regagné le Maroc, de même pour la citoyenne tunisienne inquiétée. Dans cette affaire, jamais les autorités marocaines ne sont restées immobiles, pas plus qu'elles ne se sont départies en même temps de leur obligation de réserve afin d'assurer le maximum d'efficacité à leur action. Chaque pays, la Suisse comme le Maroc comme aussi la Libye, a entrepris ses propres démarches. Le Maroc, pas moins que la Suisse, a engagé une action pour obtenir l'élargissement de Mme Zahra
El Kachanni et de son fils. Les divagations de François Membrez selon lesquelles «des indices convergent que Mme El Kachanni et son fils sont retenus en otages en Libye», tombent en quenouille et n'ont désormais plus aucune valeur significative. Leur arrivée au Maroc, mercredi dans l'après-midi, apporte un démenti catégorique aux allégations de tous ceux-l'avocat suisse en tête – qui ont cru se réjouir si vite de la complication d'une affaire humaine en s'efforçant, la mauvaise foi chevillée au corps, de la transformer en scandale diplomatique juteux.
Par Hassan Alaoui | LE MATIN