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RETITRAGE IDRISSI
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Editorial
Pédagogie gouvernementale
Publié le : 05.09.2008
La hausse des prix, la surenchère pétrolière mondiale et ses retombées sur l'économie, l'inflation galopante, la Caisse de compensation non seulement maintenue, mais – aubaine pour beaucoup – renforcée ! Ce ne sont là que quelques ébauches, le cadre tracé en pointillé, l'épure d'une rentrée qui eût pu être chaude si les pesanteurs du mois de ramadan ne sont venues comme l'étuve calmer les états d'âme. Un ministre délégué, chargé des Affaires générales, s'est mué en ministre touche-à-tout pour aborder, dans le cadre d'une émission télévisée, le large spectre des problématiques auxquelles se trouve de plus en plus confronté le gouvernement et dont les attentes, au niveau de l'opinion, n'ont jamais été aussi présentes, aussi fortes et pressantes.
Le gouvernement n'est pas seulement interpellé, il est saisi par une réalité mouvante, chaque jour compliquée. Elle tient au principe de vision. Le gouvernement a-t-il une vision ou se contente-t-il seulement de gérer au coup par coup ? A parer au plus pressé lorsqu'un problème surgit ? Autrement dit, n'est-il réactif que dans la mesure où il ne peut prévoir les problèmes ? Lui est-il difficile d'être alors proactif, d'anticiper un tant soit peu sur les événements ? Nous ne versons pas dans la rhétorique, mais la question est de savoir si une pédagogie est mise en œuvre. Et si oui, comment s'organisent la communication et l'échange intergouvernementaux, quels en sont les canaux ? Et si, hormis la rituelle réunion du Conseil des ministres du jeudi, existe-t-il un débat, bilatéral entre le chef de gouvernement et ses ministres, trilatéraux en petit comité ? Qui tranche en définitive ? Les membres du gouvernement, après avoir peaufiné leur projet, ont-ils droit au chapitre ? Peuvent-ils, sont-ils autorisé non seulement à apporter mais à faire valider la contradiction ?...
Nous n'avons aucune peine à faire le « distinguo » entre des ministres bavards à n'en plus finir et d'autres dont la circonspection est devenue proverbiale. L'omniprésence des premiers n'éclipse pas, pour autant, la discrétion des autres. Chaque gouvernement a le privilège d'avoir ses chahuteurs, ses voix prolixes et les tenants des « mezzo voce » ! On ne nous en voudra pas si l'on signale que, du fait même de la disparité – certains diront du pluralisme – de la majorité gouvernementale, il sévit une cacophonie affichée. Les annonces qui devraient être faites en coordination sont lancées ici et là par des membres de gouvernement, à tout bout de champ, en ordre d'autant plus dispersé qu'elles deviennent des simples « effets d'annonce » ! A moins d'un an des élections locales et municipales, dix mois aussi après son arrivée aux commandes, le chef du gouvernement – plutôt moins porté aux ardeurs rhétoriques – demeure fidèle à lui-même, en paroles et en actes.
De toute évidence, il n'entend pas changer de politique tant celle-ci a été menée avec un art consommé de la pédagogie et du « pas à pas » ! Il a désamorcé la crise du dialogue social, certes, mais ne devrait pas s'endormir sur ses lauriers, tant la sortie du tunnel semble encore lointaine. Son ministre délégué pèche par trop d'optimisme, notamment en ce qui concerne la Caisse de compensation qui n'a jamais si vite frôlé, consommation exige, le chiffre de 36 milliards de dirhams. Or, c'est-là l'un des talons d'Achille de ce qui peut s'apparenter à un optimisme béat…
Par LE MATIN