Pakistan Asif Ali Zardari succède à Pervez Musharraf Forum Association des amis des myasthéniques du maroc
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Pakistan Asif Ali Zardari succède à Pervez Musharraf

Envoi de AAMM-SOCIETE-LE MATIN le 07 Septembre 2008 22:28:21:



Pakistan
Zardari à l'abri d'une trop forte pression
Le très controversé veuf de Benazir Bhutto à la présidence en plein chaos politique et économique
Publié le : 07.09.2008 |



Le nouveau président du Pakistan Asif Ali Zardari devrait pouvoir résister à une trop forte pression des militaires, acteurs clés de la vie politique depuis 61 ans, selon les analystes. M. Zardari a été élu samedi à la présidence de la République islamique du Pakistan, en recueillant plus de 70% des suffrages des élus du Parlement et des quatre assemblées provinciales.

Au Pakistan, seule puissance militaire nucléaire du monde musulman, l'armée a toujours joué un rôle fondamental, les généraux ayant dirigé le pays durant plus de la moitié de ses 61 ans d'existence. L'instabilité politique menace cet allié-clé des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme, soupçonné d'abriter des réseaux d'Al-Qaïda et d'être une base arrière pour les islamistes qui combattent les troupes internationales en Afghanistan voisin.

M. Zardari succède à Pervez Musharraf, poussé vers la sortie par la nouvelle coalition au pouvoir issue des législatives du 18 février. M. Musharraf avait abandonné en novembre 2007 son poste de chef des armées, avant de prêter son serment de "président civil", huit ans après son coup d'Etat. Mais malgré son omniprésence, l'armée ne devrait cependant pas trop peser sur la présidence de Zardari, au moins tant que ce dernier n'interfère pas ou ne remet pas en cause la doctrine militaire, estiment les analystes.

"L'armée a décidé de coexister avec les réalités et les dirigeants politiques actuels", a déclaré à l'AFP Talat Masood, général à la retraite et analyste militaire. "Ils réalisent que toute ingérence dans la politique serait mal interprétée et aurait un effet pervers sur leur propre institution", ajoute-t-il. Benazir Bhutto, épouse de M. Zardari assassinée en décembre 2007, avait autrefois accusé les services de renseignements de l'armée d'avoir joué un rôle dans la chute de ses gouvernements, en 1990 et 1996.

En tant que président, M. Zardari présidera l'Autorité nationale de commandement, qui a le contrôle de l'arme nucléaire du pays. Mais dans les faits, c'est bien l'armée qui aura la mainmise sur l'arsenal nucléaire. "L'armée sera toujours responsable de l'arsenal nucléaire", estime M. Masood. Pour Hasan Askari, analyste politique, "jusqu'à maintenant, Zardari a maintenu des relations cordiales avec l'état-major de l'armée et tenu compte de ses sensibilités".

"L'armée va se montrer favorable et va voir comment Zardari va se comporter en tant que chef suprême des armées. Les militaires lui ont octroyé un espace politique et devraient se limiter à leur sphère d'intervention", ajoute l'ancien directeur du département des Sciences politiques de l'Université de Lahore. L'un des facteurs importants de détente sera le maintien par Zardari du soutien aux opérations militaires dans les zones tribales du pays, proches ou frontalières de l'Afghanistan et bastion de talibans pakistanais et afghans épaulés par des militants d'Al-Qaïda. C'est de ces zones, que partent, selon l'armée américaine, des talibans qui vont combattre les soldats basés en Afghanistan.

"L'armée a besoin d'un appui politique dans la guerre contre le terrorisme et attend du président qu'il assure l'armée du soutien du gouvernement", ajoute M. Askari. Selon Riffat Hussain, professeur à l'Université d'Islamabad, "l'armée réalise qu'elle a été trop visible sur la scène politique pakistanaise et pendant trop longtemps, il est temps pour elle de se mettre en retrait". "Mais il y aura encore des gens pour considérer l'armée comme l'arbitre ultime", ajoute-t-il. Asif Ali Zardari, 53 ans, connu jusqu'ici à l'étranger seulement pour sa réputation sulfureuse, est encore largement affublé de son sobriquet "M. 10%" dans son pays. Il demeure un symbole de la corruption au sommet du pouvoir dans les années 90, quand son épouse, dont il était ministre, dirigeait le pays. Il est demeuré impopulaire parmi les 168 millions de Pakistanais, mais il a pris la tête du PPP à la surprise quasi générale au lendemain de la mort de son épouse, puis a été désigné candidat à la présidence malgré des remous au sein de cette formation.

La justice a récemment abandonné une partie des poursuites contre cet homme qui a passé 11 années en prison jusqu'en 2004, pour corruption et assassinat, et il a été amnistié pour le reste des accusations il y a un an par le président Musharraf, qui négociait alors avec Mme Bhutto un accord de partage du pouvoir. "Ce président sera soumis au Parlement", a promis M. Zardari dans un bref discours après le scrutin, après avoir fustigé les chefs de l'Etat "en uniforme".
Quatre généraux putschistes se sont proclamés président et ont dirigé le Pakistan durant plus de la moitié de ses 61 ans d'existence.
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Attentat suicide : 33 morts
L'attentat suicide perpétré samedi dans le nord-ouest du Pakistan a fait 33 morts, selon un nouveau bilan communiqué dimanche par la police prenant en compte le décès de nombreux blessés. Le bilan de samedi faisait état de 16 morts et de plus de 80 blessés, à la suite de l'attaque d'un kamikaze qui a précipité sa voiture piégée sur un poste de contrôle policier et militaire. "Le bilan est monté à 33 morts.

Onze blessés sont décédés à l'hôpital et les équipes de secours ont découvert six corps sous les décombres", a indiqué à l'AFP Riaz Ahmed, un porte-parole de la police. Parmi les morts figurent cinq policiers, a précisé M. Ahmed ajoutant que 80 personnes ont été hospitalisées.
L'explosion a été si violente que le poste a été entièrement détruit et que des bâtiments se sont effondrés aux alentours, en plein cœur d'un marché fréquenté à Zanglaï, près de Peshawar, la grande ville du nord-ouest.

Longtemps après l'explosion, des policiers et des civils sont restés ensevelis sous les décombres, selon des témoins.
Cet attentat a été perpétré quelques heures avant que les parlementaires n'élisent comme nouveau président du Pakistan le très controversé Asif Ali Zardari, veuf de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, elle-même assassinée le 27 décembre 2007 dans l'un des innombrables attentats suicide qui endeuillent ce pays.




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