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Journée nationale de lutte contre le cancer
Pour une stratégie de régionalisation de la prise en charge des cancers de l’enfant
« Les enfants atteints de cancers, sont tellement peu nombreux (1% cancers des enfants et 99% cancers de l’adulte), qu’ils méritent tous de bénéficier d’un traitement de qualité ». C’est en ces termes, que s’exprime Pr. Mohammed KHATTAB, chef du service d’hématologie et d’oncologie pédiatrique du centre hospitalier Ibn Sina (CHIS) de Rabat, à l’occasion de la journée nationale de lutte contre le cancer. Il faut rappeler que l’année dernière, le Souverain, avait proclamé, Journée nationale de lutte contre le cancer, le 22 novembre de chaque année
Cela suite à la demande formulée dans ce sens par la Fondation Lalla Salma. Cette décision a été prise, suite à une requête soumise au Souverain, par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Salma, présidente de l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer (ALSC), Yasmina Baddou, ministre de la Santé et Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, au nom des associations et en signe de solidarité aux familles touchées. Cette initiative de la part du Souverain constitue un stimulant et un pas important pour les associations dans la poursuite de leurs activités dans la lutte contre le cancer.
A l’occasion de cette journée nationale, Pr. Khattab, appelle de ses vœux, pour la mise en place d’une stratégie claire pour la régionalisation de la prise en charge des cancers de l’enfant, à l’instar de la multiplication des centres d’oncologie pour adultes. Car, il est inadmissible, voire inhumain, qu’un enfant atteint de cancer, bénéficie de sa chimiothérapie à Oujda et soit dans l’obligation de venir à Rabat pour suivre ses séances de radiothérapie.
Cette requête du Pr. Khattab s’inspire des résultats très encourageants obtenus dans le traitement des cancers de l’enfant. Car, précise-t-il, grâce aux médicaments existants, on guérrit complètement 60% des cancers de l’enfant. Mais cela, à condition de suivre rigoureusement les protocoles thérapeutiques prescrits. Mais, hélas, déplore-t-il, un grand nombre d’enfants atteints de cancers, meurent, parce ce que leurs parents n’ont pas les moyens de les faire venir aux CHU de Rabat ou de Casablanca. La solution, martèle Pr. KHattab, passe par l’intégration de la prise en charge des cancers de l’enfant, dans les différents centres de cancers de l’adulte, qui ont ouvert dans plusieurs régions du Royaume ou qui vont ouvrir bientôt.
Il est condamnable, aujourd’hui de voir mourir un enfant de cancer, d’autant plus que les thérapeutiques sont disponibles et sont de plus en plus accessibles par l’avènement des médicaments anticancéreux génériques, aussi efficaces que les molécules mères mais moins coûteux.
Pour illustrer les avancées extraordinaires, remportées dans le domaine des cancers de l’enfant, Pr. Khattab, raconte à titre anecdotique, qu’en 1980, on ne faisait que le diagnostic du cancer de l’enfant et on l’envoyait mourir chez lui. Il n’ y avait aucune possibilité thérapeutique.
Aujourd’hui, on peut traiter complètement, un cancer lymphatique chez l’enfant en trois mois et une leucémie aigue en trois ans, grâce à des traitements quotidiens et hebdomadaires. Cela, en précisant que le coût varie entre 50 000 et 200 000 dh, assurés par les hôpitaux, le ministère de la santé et le soutien d’ONG, à leur tête l’association Lalla Salma de lutte contre le cancer. Sur un autre registre, Dr Khattab, professeur d’hématologie et d’oncologie pédiatrique à la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, attire l’attention sur le déficit en médecins spécialistes en oncologie pédiatrique. Le Maroc, n’en dispose que de 10, en absence d’une filière de santé publique ou universitaire pour la formation de ce profil pointu de médecins. Par ailleurs, il tire la sonnette d’alarme en matière de soins infirmiers oncologiques, l’infirmier ou l’infirmière au Maroc dans cette discipline, a une charge de travail 4 fois supérieure à celle de l’infirmier en Europe. Cela risque de se répercuter sur la qualité des soins et sur la santé des infirmiers, en l’occurrence être victime de burnout, qui constitue la phase extrême du stress.
Dr Mohammed RHAZOINI
Edité le: lundi 24 novembre 2008.