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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
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La santé pour tous, une gageure que le Maroc doit réussir d’ici 2012
Le secteur de la santé s’est taillé la part du lion, mardi, avec plus du tiers des questions programmées dans le cadre des questions orales à la Chambre des conseillers et portant sur des sujets aussi variés que sensibles tels l’affectation des médecins femmes loin de leurs foyers, la mortalité néo-natale et la protection de la santé de la mère et de l’enfant ...
A toutes questions, la ministre en charge de ce secteur vital a répondu avec patience et un calme olympien et dont nous ne retiendrons ci-après que les point forts, tant il est difficile d’en faire un rapport détaillé en une seule livraison.
Pour commencer donc, Mme Yasmina Baddou a rappelé que la stratégie gouvernementale pour 2008-2012 en ce domaine repose sur un principe cardinal et unanimement partagé à savoir la consécration du « droit de tous » les marocains à la santé à travers l’ensemble du territoire national. Nous sommes particulièrement fiers, a-t-elle fait remarquer par ailleurs, que 67% des lauréats des facultés de médecine en 2007 sont des femmes et que dans certaines spécialités comme la néphrologie ce sont exclusivement des représentantes de la gent féminine qui ont raflé la mise. Ceci pour dire que, actuellement, quelque 3000 marocains souffrent d’insuffisance rénale aigüe et sont condamnés à une mort certaine si on ne prend pas soin d’eux et que, par conséquent, il faut mettre à leur disposition des centres de dialyse, les équipements et le personnel qualifié nécessaires.
D’autre part, ajoute la ministre, la stratégie sus mentionnée a été élaborée à partir d’un recensement et des études minutieuses sur le terrain pour déterminer les besoins et les particularités de chaque région du Royaume en tenant compte justement, entre autres, des interrogations, remarques et suggestions des parlementaires. Il faut donc choisir ce que l’on veut et si on admet que tous les marocains ont le même droit à la santé, il est tout aussi élémentaire de reconnaître qu’il faille bien mettre à leur disposition le personnel idoine à proximité de leur lieu de résidence et non plus seulement sur l’axe Rabat-Casablanca.
Or, sur 150 femmes médecins issues de la cuvée 2007, plus de quatre vingt, dont la plupart son mariées et mères, ont accepté de rejoindre leur lieu d’ affectation, a précisé Mme Baddou pour qui seule une minorité continue de refuser de travailler loin du centre, donc du fameux axe Rabat-Casa et ce malgré le dialogue que le ministère a engagé avec elles et les propositions, somme toute intéressantes, qui leur ont été faites comme, par exemple, de servir un an ou deux dans les autres régions (pas nécessairement dans des « trous » perdus, mais dans des centres urbains tels Al Hoceima, Oujda ou Agadir) avant de « rentrer » au centre où l’on a également besoin de leurs services, car là aussi il y a un manque à combler mais sans commune mesure avec celui constaté dans les autres partie du pays.
Ce que le ministère propose en définitive à ces praticiennes, c’est un roulement, une espèce d’alternance permettant à la fois aux nouveaux lauréats de rendre à leur patrie un peu de ce qu’elle leur a donné en la servant là où elle a le plus besoin d’elles, de mettre les prestations de santé à la portée du plus grand nombre possible de citoyens et, aussi pourquoi pas, de « soulager » ceux qui par centaines -femmes et hommes - ont accepté volontiers de travailler loin de chez eux, souvent même dans des zones reculées et inhospitalières, depuis cinq, six ans et plus, avec abnégation et sans jamais se plaindre. Il s’agit là bien sûr de praticiennes et praticiens mais aussi d’infirmières et d’infirmiers, de sages femmes, de techniciens médicaux, etc.
Quoi qu’il en soit, affirme la ministre, la porte du dialogue demeure toujours ouverte et pas plus tard qu’il y a deux ou trois semaines, son département a proposé aux récalcitrantes un engagement par écrit leur garantissant qu’elles seront « rapatriées » au bout de 12 à 24 mois vers le « centre », en vain déplore Mme Baddou qui trouve tout simplement aberrant et impensable, en réponse à un conseiller pour qui cette situation est de nature à encourager la « fuite des cerveaux », que l’on acceptât de s’exiler carrément pour ne pas servir son propre pays pendant quelques mois au prétexte que l’on y est loin de son mari et de ses enfants.
L’assistance médicale, un grand chantier en marche
Interpellée au sujet de l’assistance médicale, la ministre a rappelé que celle-ci constitue l’un des grands chantiers initiés par le gouvernement et est au cœur même de l’Initiative nationale pour le développement humain, ajoutant qu’un récent rapport de l’OMS indique q’un million de personnes environ atteignent le seuil de pauvreté chaque année du fait des charges que leur imposent les frais de santé et que c’est précisément pour parer à cette éventualité qu’un vaste programme a été lancé, au début de ce mois, par le premier ministre dans la région de Tadla-Azilal à titre expérimental et qui couvrira progressivement l’ensemble du Royaume.
Deux catégories de citoyens sont concernées par ce plan qu’encadre la loi 65-00 à savoir :
1) les foyers dont le revenu annuel ne dépasse pas 3767 Dh. Ceux-ci seront totalement pris en charge par l’Etat sans bourse délier et sans aucune contribution de leur part ; 2) les familles dont le revenu annuel est égal ou légèrement inférieur à 6500 Dh. Ceux-là en revanche verseront une contribution symbolique de 120 Dh/an, soit moins de 50 centimes par jour. Les uns et les autres recevront une carte qui leur donnera accès à tous les soins et autres actes médicaux (radiologie, analyses, suivi médical...).
Dans le même esprit mais sur un autre registre, celui de la prévention de la mortalité néo- natale et de la protection de la mère et de l’enfant, la ministre a indiqué que l’ambition du gouvernement est de ramener le taux de décès des nouveaux nés de 40 pour mille actuellement à 15°/°° à l’horizon 2012 ce qui n’est pas facile, mais guère impossible non plus, et que pour ce faire il est prévu notamment de doter chaque région de centres spécialisés dans la réanimation des nouveaux nés et le suivi des grossesses par des examens et des analyses réguliers (pour les zones rurales et montagnardes, des unités mobiles dûment équipées seront mises en service), d’encourager les femmes à accoucher dans des maternités ou des centres spécialisés, d’organiser le transport ambulatoire, de faciliter l’accès aux soins et de poursuivre les campagnes nationales de vaccination qui ont touché 98% de petits marocains à ce jour et que l’on espère porter bientôt à 100%.
Ahmed El Fadili
Edité le: jeudi 27 novembre 2008.