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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
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Réponse à: GREFFE DU REIN. envoi de BSAMIR le 25 Novembre 2003 21:26:23:
SALUT CHER AMI BONNE FETE ET BON COURAGE
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CONTACTER LE JOURNALISTE
rachid@maroc-hebdo.press.ma
rachid@maroc-hebdo.press.ma
LIRE ET CONTACTER NECESSAIREMENT LE PR ZAYED DRISS AU CHU AVERROES DE CASABLANCA
SON ENTRETIEN
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Entretien avec le Pr. Driss Zayed du CHU Ibn Roch à Casablanca
Flagrante insuffisance de dialyse
Trois mille nouveaux cas d’insuffisants rénaux chroniques se trouvent chaque année en attente de dialyse. Et Pour cause. La capacité d’accueil des hôpitaux est limitée. À cela s’ajoute la facture élevée des séances d’hémodialyse. En l’absence de couverture médicale, les malades sont livrés à eux-mêmes. Chef du service de néphrologie et d’hémodialyse au CHU Ibn Rochd à Casablanca, le professeur Driss Zayed tire la sonnette d’alarme.
Propos recueillis par
Rachid Sami
• Maroc Hebdo International: Quels sont les signes d’une atteinte rénale?
- Professeur Driss Zayed : Les signes d’une atteinte rénale sont rarement bruyants : Douleurs du type colique néphrétique, Urines sanglantes, brûlures et/ou difficultés à la miction, urines purulentes… Dans ces cas, ces signes sont alarmants et poussent le malade à consulter. Plus souvent l’atteinte rénale est muette ou silencieuse, ignorée du malade parfois jusqu’à un stade tardif. Au Maroc, cette situation est fréquente. Parfois, c’est lors d’une visite médicale générale de routine que le médecin découvre fortuitement une atteinte rénale.
• Maroc Hebdo International: Comment peut-on éviter l’aggravation d’une maladie rénale?
- Professeur Driss Zayed : Quelle que soit la maladie causale, une fois les lésions installées de façon chronique, le rein devient vulnérable et fragile à chaque événement « agressif » : Infection, déshydratation, prise de médicaments toxiques pour le rein, régime riche en protéines animales et en graisses, mauvais contrôle d’hypertension très fréquente… Cela dit, pour éviter l’aggravation de l’atteinte rénale et ralentir sa progression, il faut observer le régime, avoir un apport d’eau correct, contrôler l’hypertension artérielle, le diabète, l’infection urinaire et assurer une prise régulière des médicalement prescrits.
• Maroc Hebdo International: La séance d’hémodialyse est-elle douloureuse ?
- Professeur Driss Zayed : En dehors des deux ponctions « ponctuellement » douloureuses des vaisseaux qui connectent le malade avec le rein, la séance d’hémodialyse n’est pas douloureuse.
• Maroc Hebdo International: Y-a-il un moyen de revoir à la baisse le coût d’une séance d’hémodialyse?
- Professeur Driss Zayed : Réduire le coût de la dialyse au Maroc me paraît une équation difficile. La réutilisation des filtres qui réduirait son coût pose des problèmes de sécurité sanitaire et accroît le risque de transmissions virales sanguines.
• Maroc Hebdo International: Un régime alimentaire est-il nécessaire aux insuffisants rénaux?
- Professeur Driss Zayed : Oui, un régime alimentaire adapté à chaque malade est nécessaire. Il occupe une place non négligeable dans la qualité des soins et la vie du malade.
• Maroc Hebdo International: Comment vit-on une greffe de rein?
- Professeur Driss Zayed : Une greffe rénale équivaut à “une véritable” guérison. Elle libère le malade des contraintes de dialyse et lui assure une bonne réhabilitation sociale et professionnelle. Il doit cependant suivre à vie un traitement médical contre le rejet. Un traitement qui doit être nécessairement accompagné d’un contrôle conséquent.
n Maroc Hebdo International: Une grossesse est-elle possible après greffe de rein?
- Professeur Driss Zayed : Oui, une grossesse peut être parfaitement menée.
Au Maroc, trois femmes ont eu des enfants en parfaite santé.
• Maroc Hebdo International: Peut-on avoir une idée sur la capacité d’accueil des hôpitaux au niveau du traitement des malades atteints de l’insuffisance rénale?
- Professeur Driss Zayed : Actuellement, la quasi-majorité des régions du Royaume sont dotées de centres de dialyse. La plupart des hôpitaux publics disposent d’un centre spécialisé en la matière. Au fil des années, ces centres ont souvent été mis en place dans le cadre d’un partenariat avec le ministère de la Santé publique. À cet égard, le ministère contribue pour près de 70% du coût de la dialyse. Cette contribution est souvent ignorée ou occultée. Le reste est pris en charge par les associations de bienfaisance. Cependant, ces centres ont vite été dépassés par le nombre croissant de malades et les moyens limités faute de couverture médicale. À titre d’exemple, rien qu’à Casablanca, les trois hôpitaux à savoir Ibn Rochd, Hay Mohammedi, Ben M’sik, traitent près de 500 malades alors que le Maroc en entier traite près de 2500 patients. La demande est donc énorme pour les hôpitaux.
• Maroc Hebdo International: Le Soutien apporté aux démunis par les mécènes est-il suffisant?
- Professeur Driss Zayed : Le soutien apporté par les mécènes est de taille. Leur contribution se situe à hauteur de 30 %. Leur soutien a permis de sauver plusieurs centaines de malades mais il n’en demeure pas moins que cette action de bienfaisance reste insuffisante. Cela dit, le traitement des insuffisants rénaux doit être “planifié” et intégré dans un programme thérapeutique plus complet, incluant la greffe sans pour autant négliger les actions de préventions. Il faudra donc se pencher sur sa finalité et son financement et sur la nécessaire couverture médicale.
• Maroc Hebdo International: Quelle frange de la population est touchée par l’insuffisance rénale?
- Professeur Driss Zayed : Personne n’est à l’abri de cette maladie. Toutefois, certaines personnes demeurent plus exposées telles les hypertendues, les diabétiques ou encore celles qui souffrent de certaines malformations ou de maladies héréditaires. On estime les nouveaux cas d’insuffisance rénale chronique au Maroc entre 100 et 120 personnes sur 1 million d’habitants. Résultat : Environ 3000 cas d’insuffisants rénaux chroniques se trouvent chaque année en attente de dialyse. Et cette progression alarmante est constatée partout dans le monde.
• Maroc Hebdo International: On constate que les hôpitaux et les cliniques d’hémodialyse sont principalement centrés au niveau de l’axe Casablanca-Rabat, Alors pourquoi marginalise-t-on les autres régions du Royaume?
- Professeur Driss Zayed : S’il est vrai que les possibilités de dialyse sont principalement concentrées dans l’axe Casablanca-Rabat, il n’en demeure pas moins que les régions les plus périphériques sont actuellement équipées en centres d’hémodialyse comme Laayonne, Nador, Oujda, Beni Mellal et Taza. En fait, le problème qui se pose est celui de leur capacité d’accueil et de leurs moyens.