|
| [Envoyer un message] | [Forum myastheniagravi] | [F.A.Q.] | [Chat] | [Archives] |
| (2 visiteurs) |
| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
|
|---|---|---|
SANTE MALADIE MEDECIN MAROC NEUROLOGIE MYASTHENIE HASSAN_II MOHAMMED_VI IDRISSI MAIDOC2 MAIDOC MESTINON MYTELASE TEGELINE IMMUNOGLOBULINES PLASMAPHERESE THYMUS ASSOCIATION |
||
| 15023 messages déposés | ||
Hakima Himmich : «c'est un combat au quotidien»
30.11.2003 Taille du dossier : N.C
S'il y a message en cette journée mondiale de lutte contre le sida, c'est celui qui doit-être diffusé partout jusqu'à ce que tous les tabous aient disparu et que le silence soit rompu, jusqu'à ce que tout le monde comprenne que la meilleure protection contre le Sida consiste à changer de comportement. La lutte contre le sida doit devenir une priorité au quotidien.
Actuellement, en l'absence de vaccins, c'est la seule manière de contrer l'extension de cette maladie avant le non-retour. Le combat quotidien de l'Association marocaine de lutte contre le Sida (L'ALCS) a t-il contribué a freiner les contaminations ? Le Marocain est-il conscient des dangers de ce fléau ? Le point avec le Pr Hakima Himmich, Présidente de l'association marocaine de lutte contre le sida (L'ALCS)
Que représente pour vous la journée mondiale ?
La journée mondiale de lutte contre le SIDA est importante à plusieurs niveau : d'abord c'est une journée de mobilisation générale de tous les acteurs de la lutte contre le Sida, que ce soit dans le domaine de la santé, du développement, de l'éducation car il est établi que le Sida est un problème qui englobe toutes ces caractéristiques.
Au niveau international c'est le moment de faire le point sur l'épidémie au niveau mondial, de comparer les initiatives les plus pertinentes en matière de prise en charge et de prévention de part le monde. C'est aussi une journée de mobilisation des médias, c'est pour nous une occasion de communiquer avec le grand public par ce biais, de faire des actions de visibilité.
Cependant il faut noter que notre action s'inscrit dans le quotidien, et que nous sommes présent sur le terrain 365 jours par an.
Quelle est la situation au Maroc ?
Depuis la déclaration du 1er cas de sida au Maroc en 1986, 1237 cas cumulés ont été déclarés fin septembre 2003. Les aspects les plus saillants de l'analyse des données relatives à ces cas sont les suivants : le rythme de la progression annuelle des cas déclarés de SIDA accuse une nette augmentation depuis 1993.
Cette augmentation est en grande partie relevée dans les régions du Grand Casablanca, Sous Massa Drâa, et Marrakech Tensift El Haouz.
La tranche d'âge la plus touchée est celle des adultes jeunes, près de 70% des personnes atteintes de Sida ont entre 20 et 39 ans. La contamination est précoce chez les femmes (30% sont âgés de 20 à 29 ans contre 20% chez les hommes). On note une diminution très nette du sexe ratio au cours des dernières années, celui-ci est passé de 5,2 durant la période de 1986/90 à 1,2 durant l'année 2001.
Il y a donc aujourd'hui presque autant de nouveaux cas masculins que féminins. Le sida se transmet au Maroc principalement par voie sexuelle (79% des cas). Le mode de transmission hétérosexuel est largement prédominant avec 69% des cas, 6% sont dus à l'injection intraveineuse de drogues et près de 3% pour chacun des modes de transmission que sont la transfusion et la transmission périnatale.
Chez les hommes, le pourcentage du mode de transmission hétérosexuel est passé de 14% durant la période 1986/90, à 69% durant l'année 2001 ; parallèlement à cette augmentation, le pourcentage du mode de transmission homosexuel a régressé en passant de 30% des cas entre 1986/90 à 10% durant l'année 2001. Le multi partenariat constitue le facteur de risque prédominant pour les deux sexes, représentant 50% chez les femmes et 64% chez les hommes. Une proportion importante des personnes atteintes de Sida est mariée (37%).
La grande majorité des cas notifiés est de nationalité marocaine (94%) et réside en milieu urbain (89%). Sur l'ensemble des personnes touchées, 80% des hommes et seulement 46% des femmes exercent une profession. Il s'agit en fait dans la majorité des cas (54% des femmes et 61% hommes) de petites professions à caractère temporaire et mal rémunérées. La dynamique du sida au Maroc est essentiellement focale. En effet, si des cas de sida ont été enregistrés dans la quasi-totalité des provinces du pays, on note une concentration importante de cas dans les régions du Grand Casablanca, du Souss Massa Drâa et de Marrakech Tensift El Haouz. Ces régions ont produit à elles seules plus de la moitié des cas cumulés de sida au niveau national.
Cependant ces chiffres restent en deçà de la réalité pour plusieurs raisons : Le test de dépistage anonyme et gratuit (ELISA) n'est disponible que dans certaines villes, les testes de confirmation (Western Blott) quant à eux ne sont disponible qu'à Casablanca et Rabat.
Il est aussi important de noter que les déclarations des cas de SIDA au ministère de la santé relève de la bonne volonté des médecins, on peut estimer que tous ne le font pas.
Le Programme National de Lutte Contre le SIDA du ministère de la Santé estimait à la fin de l'an 2001, qu'il existait au Maroc 15.000 personnes infectées par le VIH et que ceci pourrait être à l'origine de 2.000 à 2.500 nouvelles infections par an si la réponse nationale gardait sa qualité et sa couverture actuelles. Ce qui nous amènerait à un chiffre avoisinant les 20.000 personnes infectées en 2003. Ces chiffres sont évidemment des estimations qui devront être validées.
Le fait de minimiser les dangers de ce fléau risque t-il de mener à une extension effroyable de cette maladie ?
Le Maroc, bien que dans est dans une zone considérée à faible prévalence, il n'en est pas moins que plusieurs signes inquiétants témoignent d'une progression plus rapide de l'épidémie de l'infection à VIH/SIDA. Si le Maroc reste un pays de faible prévalence de l'infection à VIH/SIDA plusieurs signes font craindre une augmentation rapide du nombre de cas de SIDA.
Ces éléments sont : au niveau régional, d'après l'ONUSIDA, la région Maghreb-Moyen Orient ne compterait que 400.000 personnes vivant avec le VIH. Mais cet organisme précise que c'est la région du monde sur laquelle il y n'a pas d'information fiable. La région Maghreb-Moyen Orient ne sera donc plus pour longtemps la zone à faible prévalence pour le VIH / SIDA qu'elle était jusqu'à présent; au niveau national, l'estimation par la DELM du Ministère de la Santé du nombre de séropositifs pour le VIH, qui était de 5000 jusqu'en 1999, est à présent de 15 à 20 000.
Le nombre de cas de SIDA a été multiplié par trois entre 1998 et 1999 dans l'une des provinces du Royaume. Le principal mode de transmission est représenté par les relations hétérosexuelles et le pourcentage de femmes parmi les cas de SIDA ne cesse d'augmenter, passant de 8% en 1988 à 36% en 2000. Ces deux derniers points témoignent du fait que le virus n'est plus confiné dans des groupes ayant des comportements à risque, mais circule dans la population générale.
66% des personnes ne découvrent leur séropositivité qu'à un stade tardif
De ce fait une prise de conscience générale est plus nécessaire. L'épidémie ne peut être contrôlée que par un approche multisectorielle réunissant les efforts de tout les acteurs concernés : ONG spécialisées, ONG de développement, ONG des droits de l'Homme, Ministères de la Santé, de l'Education, de la Jeunesse et des Sports etc..
La prévention reste t-elle la meilleure arme pour lutter contre ce fléau ?
Il n'existe toujours pas de traitement curatif pour le Sida malgré les progrès de la science et de la médecine en ce domaine. La prévention reste plus que jamais le moyen de lutte contre cette maladie le plus indiqué et le plus efficace.
Devant la menace d'une épidémie, En plus des actions «grand public» il faut développer des programmes spécifiques aux populations qui sont plus vulnérable à l'infection à VIH. Ces programmes doivent prendre en considération les caractéristiques socio- économiques et culturelles de ces groupes.
Quelles sont les traitements qui existent au Maroc ? Et qui en bénéficie ?
Grâce aux efforts conjugués de l'ALCS et du Ministère de la Santé, le Maroc assure la prise en charge des personnes atteintes par le VIH/SIDA. La tri thérapie est disponible au Maroc grâce aux multiples démarches des deux parties pour réduire les coûts de ces traitements qui de 12 000 dhs en 1999 coûtent aujourd'hui entre 1500 et 2 000 dhs.
Ces traitements sont gratuits notamment grâce au soutien, pour 3 ans ,du Fonds Mondial pour la Lutte Contre la Tuberculose, le Paludisme et le SIDA.
Cependant comme tout les financements internationaux, ceux ci ne sont pas éternels !!
L'ALCS est convaincue que la solution définitive réside dans l'accès aux médicaments génériques qui pour la même qualité de traitement permet de réduire très considérablement les coût (300 dhs/mois contre 2 000 dhs/mois).
Propos recueillis par Souad Ghazi