La qualité qui répond aux besoins des malades et des médecin Forum Association des amis des myasthéniques du maroc
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Forum Association des amis des myasthéniques du maroc Modification: 5/9/2005
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La qualité qui répond aux besoins des malades et des médecin

Envoi de Pr. Mohamed Al Andaloussi le 15 Mars 2004 21:52:19:

Société
[ 11/3/2004 ]


Pr. Mohamed Al Andaloussi,

«Nous souhaitons atteindre un standard de qualité qui réponde aux besoins des malades et des médecins»


salut leila --- dr idrissi
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Avant d’aborder avec vous la question de la médecine d’urgence, je voudrais savoir quelle a été la contribution apportée par vos services, sur le plan médical, aux sinistrés d’Al Hoceima ?
Pr. Mohamed Al Andaloussi : Nous avons été actifs, puisque nous avons été contactés dès 5 h du matin par M. le Ministre de la Santé, nous avons alors réagi assez vite pour constituer une équipe. Aussi dès 7 heures du matin, une équipe composée de 5 chirurgiens (2 traumatologues, un réanimateur, 2 viscéralistes) et 4 infirmiers était prête pour se rendre à l’aéroport de Rabat-Salé pour aller sur les lieux sinistrés. Cette équipe était munie du matériel nécessaire (boîtes chirurgicales aussi bien pour l’abdomen que pour la traumatologie : fixateur externes, vices, plâtre...) , mais également de médicaments, tuyauteries pour la réanimation..., bref tout le matériel nécessaire pour l’équipe afin de s’acquitter au mieux de sa tâche. Nous avons suivi de très prêt le travail de cette équipe qui a opéré dès le premier jour 9 malades à l’hôpital Med V. Il était question de genoux flottants, de fractures du fémur...

Est-ce que cette équipe a rencontré des difficultés particulières ?
A priori, ils étaient contents de faire du bon travail sur place. Au début, ils devaient loger dans un hôtel, mais il s’est fissuré aussi. Ils se sont installés à l’hôpital et puis, de toute manière, ils ne dormaient pratiquement pas parce qu’ils étaient sollicités en permanence. Nous avons pensé dès vendredi matin à constituer une autre équipe pour relever la première, mais le ministère de la Santé nous a signifié que cela n’était pas nécessaire, puisqu’il n’ y a plus de grands malades à prendre en charge. Le principal a été fait; maintenant, il reste des petits malades qui n’ont pas vraiment besoin de chirurgiens. Sinon, d’après ce que je sais, cette équipe n’avait pas rencontré de difficultés majeures pour accomplir son travail, puisqu’elle était basée à l’hôpital, et accueillait la population qui venait vers elle. Je suppose, d’un autre côté, que les médecins mobiles qui devaient aller vers les malades ont sans doute rencontré des difficultés pour se déplacer.
En outre, au niveau du CHU, nous avons mené une opération de sensibilisation, dès le troisième jour, pour le don de sang. Nous avons aussi constitué une cellule de crise, en collaboration avec les délégués du Ministère de la Santé. L’objectif étant de faire en sorte que tous les services du CHU et des hôpitaux de Casablanca soient disposés à accueillir des malades en provenance de la zone sinistrée. D’ailleurs, certains de nos malades ont été transférés pour que nos services de réanimation puissent recevoir les patients en provenance d’Al Hoceima. Mais, je pense que la Santé publique a fait le maximum sur place. En dehors de 7 cas transférés à l’hôpital militaire de Rabat, nous n’avons pas été sollicités dans ce sens. Nous demeurons mobilisés pour apporter notre aide si le besoin se fait encore sentir.

Je reviens à la question des urgentologues. Née au lendemain des événements du 16 mai, cette discipline est encore à ses balbutillements au Maroc. Qu’en est-il alors de l’état d’avancement du programme de formation relatif à cette spécialité ?
Les besoins se faisaient ressentir depuis longtemps car Casablanca est une grande ville et de ce fait, nous avons une forte pression dans ce domaine sur le CHU et ses services des urgences. La direction du CHU, en collaboration avec le Ministère de la Santé, a tout fait pour mettre en place une structure qui accueille les urgences, principalement celles des habitants de Casablanca, mais aussi les gens qui viennent de toutes les régions, et surtout du sud. Le service des urgences a donc bien été créé. Baptisé le SAU (service d’accueil des urgences), il a sa porte en dehors de l’Hôpital, de manière à permettre aux ambulances d’ y accéder directement . Il est doté d’une salle regroupant des boxes pour médecins internes mais aussi les spécialistes en traumatologie, en neurochirurgie... Mais les patients qui nécessitent une hospitalisation, une intervention chirurgicale ou une réanimation sont orientés vers les services des urgences qui, eux, se trouvent derrière le SAU. Il s’agit du service des brûlés, de réanimation, des urgences viscérales, de traumatologie. Ces services servent à assister le SAU. Ceci étant, on s’est rendu compte que le flux des malades est tellement important qu’il fallait le désengorger . D’où la mise au point d’un programme pour la réhabilitation de tous les services des urgences des hôpitaux à travers Casablanca, qui ont été dotés du matériel nécessaire et réorganisés en fonction des pôles de référence. Nous avons aussi créé au CHU , il a un an et demi, un centre de régulation, une espèce de centre de coordination entre le CHU et les autres hôpitaux permettant d’orienter les accidentés ramassés sur la voie publique, sur le point le plus proche et où il existe une disponibilité , alors qu’auparavant tous ces accidentés étaient dirigés sur le CHU.

Est-ce que cela signifie qu’en cas de catastrophe comme celle survenue à El Hoceima, ces services pourront répondre aux besoins en soins des victimes ?
Nous faisons tout pour cela. Les efforts sont, en effet, multipliés pour améliorer non seulement la qualité d’accueil, mais également la gestion des situations de crise. Pas mal de choses sont déjà en place, et nous travaillons sur le reste. Nous souhaitons atteindre un standard de qualité qui réponde non seulement aux besoins des malades, mais aussi à ceux des médecins.

Le ministère de la Santé parlait, au lendemain des événements du 16 mai 2003, de la mise en place d’un SAMU, mais apparemment sans suite à ce jour. Où en sont donc les choses ?
Elles avancent bien. Il y a tout un programme du Ministère pour la mise en place du SAMU de Casablanca et Rabat. On peut même avancer que cela se concrétise. En tout cas pour Casablanca, un comité directeur a été constitué. Il regroupe l’ensemble des structures publiques de Santé impliquées dans ce projet, à savoir les membres du CHU, le délégué coordonateur du Ministère de la Santé, les directeurs des hôpitaux. Présidé sur le plan du fonctionnement par la direction du CHU et le délégué régional du Ministère de la Santé, ce comité a pour attribution de mettre en place un schéma directeur propre au SAMU : organisation, coordination, rôle des intervenants, procédure et mécanisme, mais aussi assurer le pilotage des différentes composantes du projet de création du SAMU (construction, réaménageaient, équipements, ....), et enfin établir un échéancier pour la réalisation effective du projet, et veiller à son exécution, sans omettre les mesures d’accompagnement, c’est-à-dire la stratégie de communication, plan de développement de compétence, mobilisation de ressources supplémentaires, finalisation et validation des plans d’urgences hospitaliers et du plan sectoriel de la santé de la région de Casablanca.

En parlant d’échéancier, avez-vous une date précise pour le démarrage effectif de ce projet ?
En principe on devrait être opérationnel d’ici le mois de novembre, plus précisément les 20 et 21 (journées des SAMU ou médecine d’urgences et des catastrophes). Pour le programme, il n’est pas encore arrêté, mais peut-être que d’ici là, il y aura des choses déjà prêtes, qui seront annoncées. En tout cas, pour nous autres, au comité directeur, nous nous sommes donnés des échéances pour avancer rapidement et être opérationnels dès le mois d’octobre prochain. D’ailleurs, nous avons même identifié, au sein du CHU, le site qui va accueillir ce service. Il s’agit du centre de planification familiale, dont l’activité est en constante baisse depuis longtemps.
Bien sûr le SAMU, ce n’est pas uniquement un bâtiment et des ambulances , il y a tout un accompagnement, entre autres, les textes de loi.

Et si on revient à la pénurie des urgentologues ?
Le Ministère de la Santé a déjà lancé une formation pour les ambulanciers. En outre un appel est lancé aux médecins généralistes qui souhaitent faire de l’urgentologie pour être affectés aux services du SAU . Après une formation de 4 années, un médecin généraliste peut avoir son diplôme de médecine d’urgence et de médecine de catastrophe. Ce diplôme est délivré par la faculté de médecine de Casablanca et le centre de régulation. Cette formation est dirigée par le Pr. Ouardi, chef du service du SAU. La première promotion est donc en cours de formation et sera prête dans moins de 4 ans.

Donc, actuellement, nous n’avons pas d’urgentologues ?
Si, ce sont des urgentologues qui ont été formés au CHU, sans qu’ils aient un diplôme reconnu par l’Etat. Auparavant, on leur donnait un certificat après un ou deux ans d’activité . Or aujourd’hui, c’est un diplôme, une spécialité à part entière. Vous êtes spécialiste en urgentologie, comme en cardiologie, ou en neuro, en réa chirurgicale...

Quel en est l’intérêt ?
C’est de constituer une équipe au niveau de chacun des hôpitaux avec la création d’un véritable service des urgences, car jusqu’à maintenant, rares sont les hôpitaux qui ont un vrai service des urgences. C’est souvent un bâtiment où les médecins de l’hôpital viennent observer des gardes et puis c’est tout. Or notre objectif c’est la création d’un service effectif où il y a tout ce qu’il faut pour l’accueil des malades, pour qu’ils soient pris en charge par la suite par l’hôpital, qui doit disposer d’une base arrière constituée de services prenant en charge le malade au niveau chirurgical ou de réanimation. Par exemple, une victime de la circulation, ramassée actuellement par la protection civile, (la plupart du temps, il n’y a pas de réanimation mobile) est transportée directement dans un hôpital ; là elle est prise en charge en fonction de son cas, s’il nécessite une intervention chirurgicale , une simple médication, des soins... Tout cela se fait au même endroit. Or on ne peut pas accueillir le malade, le traiter, l’opérer par la même équipe, surtout dans un centre national comme un CHU. D’où l’intérêt du SAU où on dispose d’une salle de déchocage, qui prend les malades en détresse (infarctus du myocarde, coma, détresse respiratoire...), pour régler le problème dans l’immédiat. Partant, le malade ne doit pas rester plus de 24h dans cette salle et il doit être transféré dans les services spécialisés. C’est ce que j’appelle la base arrière. Il faut être très fonctionnel, car le SAU ne va pas tout faire. Il faut que l’accueil des malades se fasse rapidement ainsi que les premiers soins. L’idée étant de libérer cette salle rapidement pour qu’elle soit toujours en mesure d’accueillir de nouveaux cas urgents.

Entretien réalisé par
Leïla Ouazry




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