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La silicose, une maladie grave et fréquente.

Envoi de AAMM-PATHOLOGIE-NET le 02 Mars 2008 15:00:52:

La silicose, une maladie grave et fréquente.


Les affections du parenchyme pulmonaire dues à l'inhalation chronique de poussières inorganiques (minerai) s'appellent pneumoconioses. Certaines poussières inorganiques, comme celles qui contiennent de la silice, du charbon, de l'amiante, ou du béryllium, sont fibrogéniques.

La silicose est une pneumoconiose incurable habituellement provoquée par l'inhalation de poussières contenant de la silice cristalline libre (bioxyde de silicium, quartz) et caractérisée par de la fibrose pulmonaire nodulaire et une atteinte respiratoire. La maladie continue à progresser même lorsque l'exposition cesse. Habituellement, une exposition de 20 à 30 ans est nécessaire avant que la maladie ne devienne évidente, quoiqu'elle se développe en moins de 10 ans là où l'exposition à la poussière est extrêmement élevée.
La rétention bronchique et alvéolaire des particules est le résultat de deux facteurs opposés, la déposition et l'élimination. La rétention de la poussière sera à son sommet, selon la nature de la poussière, pour les particules dont le diamètre s'étend de 0,5 à 3 micromètres. La taille des particules de silice retenues dans le poumon humain est remarquablement constante, avec des diamètres médians variant de 0,5 à 0,7. Les grosses particules se déposent dans les narines et les voies aériennes supérieures. La poussière respirable de silice peut être invisible à l'oeil nu et peut demeurer suspendue dans l'air pendant longtemps, sur de longues distances et ainsi affecter des populations considérées comme n'étant pas en danger.
L'exposition à la silice des travailleurs de la construction est la plus inquiétante, étant donné que la silice est la principale composante de bon nombre de matériaux de construction, dont les plus courants sont : les abrasifs pour décapage par projection; la brique; le béton, le ciment et le mortier; les minerais; la roche et la pierre; le sable, et la terre végétale.
La poussière de silice est libérée pendant les opérations par lesquelles les produits sont écrasés ou brisés. Les activités concernées sont: le piquage, et la perforation de roches; le concassage, la manutention de roches; le sciage, le martelage, la perforation, le broyage et le piquage d'ouvrages de maçonnerie; la démolition d'ouvrages en béton; le balayage ou le soufflage de poussières de béton, de pierre ou de sable; la construction routière; le démantèlement de l'équipement de chantier; le creusement, l'excavation et le déplacement de terres ayant une forte teneur en silice. Même en plein air ces activités peuvent être dangereuses. Des expositions extrêmement élevées, par exemple le perçage de tunnels, la fabrication de savons abrasifs, et le sablage au jet, ont une période de latence beaucoup plus courte et une progression plus rapide de la maladie.
Bien que les polymorphes de la silice, cristobalite et tridymite, soient plus toxiques pour les cellules et expérimentalement fortement fibrogéniques, ces deux variantes minéralogiques sont d'une variance plus limitée en santé.

La production et l'utilisation de briques réfractaires contenant de la silice peut poser des risques significatifs à la santé en particulier si elles ont été exposées à des températures élevées alors qu'une proportion significative de la silice est transformée en cristobalite ou en tridymite. Les briqueteurs et les autres travailleurs qui font l'entretien et démantèlent la brique réfractaire des fours, fourneaux et autres équipements semblables sont exposés à un risque sérieux de silice.

La silicose, une des maladies professionnelles les plus anciennes tue toujours partout dans le monde. Entre 1991 et 1995, la Chine a enregistré plus de 500 000 cas de silicose, avec chaque année plus de 6000 nouveaux cas et plus de 24 000 décès, surtout chez les travailleurs les plus âgés. Aux États-Unis, on estime que plus d'un million d'ouvriers sont professionnellement exposés à la poussière de silice cristalline libre (plus de 100 000 de ces ouvriers sont des sableurs au jet), environ 60 000 développeront par la suite la silicose. On signale que tous les ans aux Etats-Unis environ 300 personnes meurent de cette maladie, mais le vrai nombre n'est pas connu. Au 16ème siècle déjà, Agricola écrit au sujet des mines dans les Carpathes d'Europe : "des femmes s'avèrent pour avoir épousé sept maris, qui sont tous décédés prématurément de cette terrible consomption (silico-tuberculose)"…
L'étude physiopathologique montre que les macrophages alvéolaires ingèrent les particules respirables de silice libre entrent dans le tissu lymphatique et interstitiel causent la libération d'enzymes cytotoxiques qui produisent une fibrose du parenchyme pulmonaire. Le changement pathologique initial typique est la formation de discrets nodules silicotiques partout dans les poumons.
Plus tard, les masses fibreuses pseudo-tumorales (conglomérées), la contraction des zones supérieures des poumons, l'emphysème avec déformation marquée de l'architecture du poumon font que les fonctions ventilatoires et les échanges gazeux sont affectés. Une réduction de tous les volumes pulmonaires distingue la physiologique globale de la silicose de celle de l'emphysème pulmonaire.

Cytologie silicose

Les patients souffrant de silicose simple n'ont aucun symptôme respiratoire et habituellement aucune atteinte respiratoire. Ils peuvent tousser et produire des crachats, mais ces symptômes sont dus à la bronchite industrielle. La silicose pseudo-tumorale (conglomérée), en revanche, peut causer de l'essoufflement marqué, de la toux, et des crachats. Quand les masses fibreuses sont étendues, le patient devient sévèrement handicapé: diminution des volumes pulmonaires, de la capacité de diffusion, obstruction bronchique, hypertension pulmonaire, hypertrophie ventriculaire droite, hypoxémie modérée et un plus grand risque de développer la tuberculose. L'insuffisance respiratoire, l'emphysème, l'arrêt du coeur, la silico-tuberculose sont les causes principales de mort par silicose.
Le diagnostic est basé sur des changements caractéristiques à la radiographie pulmonaire et sur une histoire d'exposition à la silice libre. La silicose simple est identifiée par la présence d'opacités multiples sur la radiographie pulmonaire. La silicose pseudo-tumorale (conglomérée) est identifiée par la présence d'une opacité supérieure à 1 centimètre de diamètre sur un fond de silicose simple.
Beaucoup d'autres maladies peuvent ressembler à la silicose par exemple la sidérose des soudeurs, et la pneumoconiose des mineurs de charbon. Cependant, la présence de calcifications en coquille d'œufs dans certains ganglions lymphatiques distingue la silicose d'autres affections pulmonaires. Certains traitements atténuent les effets de la maladie et peuvent retarder son évolution mais il n'y a pas vraiment de traitement efficace autre que la transplantation pulmonaire.
La radiographie pulmonaire (annuelle dans les cas d'exposition intense) est le seul outil recommandé pour dépister la silicose. Des lésions pulmonaires peuvent être trouvées sur la radiographie pulmonaire avant la présence de symptômes. C'est un outil de dépistage très efficace. La surveillance médicale est déterminée en utilisant le concept de "dose cumulée" qui s'énonce comme suit : niveau d'exposition (mg/m3) x nombre d'années = dose cumulée (mg/m3-année). Au niveau de 1mg/m3-année, une première radiographie pulmonaire devrait être faite. À 2 mg/m3-année, une autre radiographie pulmonaire devrait être prescrite… Mais un examen de pré-emploi devrait être obligatoire et inclure aussi un questionnaire complet.

Radio pulmonaire de silicose
Le moyen le plus efficace est, bien sur, la prévention : en Suisse, par exemple, des mesures de contrôle strictes dans les années 70 ont conduit à une réduction par 6 du nombre annuel de cas de silicoses … Un bon entretien d'atelier est très important ; pour ce faire utiliser des procédés humides, ou un système adéquat d'aspiration d'air. Il est également important d'éviter les procédés produisant inutilement de la poussière. Le port d'un masque approuvé pour ce genre de risque est également recommandé.



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