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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 29/11/2005 Création: 27/7/2001 |
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1000 pages d’enquête sur le réseau Belliraj
Pas de copies pour la défense
Très tôt dans la matinée de ce lundi 3 mars, les avocats de Mostafa Moatassim, Mohamed Amine Ragala (Badil Al Hadari), Mohamed Marouani, Abdelhafid Sriti (Haraka Min Ajli Al Oumma), Labadala Maa El Aïnine (PJD) et Hamid Najibi (PSU) ont entamé les démarches auprès de l’administration pénitentiaire pour obtenir les permis de visite pour rencontrer leurs six clients, en détention préventive à la prison de Salé. «Nous allons les visiter ce mardi 4 mars pour nous entretenir avec eux de l’affaire et les consulter par rapport aux différentes démarches qui seront entreprises par la défense », nous a déclaré le bâtonnier Abderrahim Jamaï, membre du collectif de défense de ceux qui ont été présentés par le ministre de l’Intérieur comme l’aile politique d’un réseau terroriste à connotation salafiste. Plus d’une quinzaine d’avocats se sont constitués pour défendre les six « politiques » qui ont été présentés devant le juge d’instruction Chentouf dans la soirée du 28 février.
Benameur, Sefiani ou encore Mustapha Ramid, le chef de groupe parlementaire trublion du PJD à la Chambre des députés font partie du collectif de défense de Moatassim, Ragala, Marouani, Sriti, Labadla et Najibi.
Plusieurs centaines de pages composent le dossier des 35 prévenus en détention dans le cadre de cette affaire. Un dossier volumineux, fruit des investigations menées par la Brigade nationale de la police judiciaire. Entre les meurtres commis en Belgique, les braquages, l’introduction d’armes à feu et de munition, le blanchiment d’argent -30 millions de dhs selon Chakib Benmoussa qui révélait cette somme dans une interview publiée dans la dernière livraison de « Jeune Afrique »- les projets terroristes et les connexions politico-associatives, les enquêteurs avaient, semble-t-il, matière à noircir près d’un millier de pages, forcément à charge et que le juge Chentouf doit aujourd’hui instruire. « Le problème réside dans le fait que nous ne pouvons pas faire de copie des pièces de ce dossier alors que la loi ne l’interdit pas. Aujourd’hui, le juge nous a invités à consulter le dossier mais sans en faire la moindre copie. Ce qui prive nos clients de l’un de leurs moyens de défense. Le collectif de défense va se réunir pour décider d’une réaction et nous allons saisir le ministre de la Justice de ce qui représente à nos yeux un scandale judiciaire », explique Me Jamaï.
En attendant, six enquêteurs de la police belge devaient arriver hier après-midi, à Rabat, dans le cadre d’échanges d’informations entre les polices de la Belgique et du Maroc. «Les enquêteurs belges viennent nous voir dans le cadre de la bonne coopération policière qui existe entre nos deux pays. C’est aussi un gage de bonne volonté du Maroc, qui abrite un bureau d’Interpol», souligne une source sécuritaire avant de nous affirmer «qu’en aucun cas les enquêteurs belges ne procèderont à l’interrogatoire du Belgo-marocain Abdelkader Belliraj».
Par ailleurs, trois nouvelles personnes arrêtées dans le cadre du démantèlement du réseau « Belliraj » viennent d’être présentées devant le juge d’instruction en charge de cette affaire qui n’en finit pas de révéler surprises et autres guerres de services belges. Alors que la presse belge n’en finit pas d’analyser, après la découverte du statut d’informateur de la sûreté de l’Etat belge de Belliraj, «la guerre latente entre le service anti-terrorisme, la sûreté de l’Etat et la police belges», le ministre de l’Intérieur marocain en disait un peu plus à un hebdomadaire africain édité à Paris. «Sans qu’ils soient eux-mêmes commanditaires ou opérateurs directs, Mustapha Moatassim, Mohamed Amine Ragala et Mohamed Marouani étaient informés tout comme ils savaient que des armes avaient été introduites au Maroc et dans quel but ». Reste aujourd’hui l’essentiel, apporter des preuves plutôt que d’évoquer des éléments sous-tendant les accusations ministérielles.