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Du sens et de la valeur à l’action politique : Les partis se réveillent après une longue léthargie...
Auteur : Propos recueillis par Hassan Zaatit
Publier le : February 29, 2008
M.Fathallah Oualalou, membre du BP de l’USFP: “Après les résultats des élections législatives du 7 septembre 2007, le renouveau de l’action politique devient obligatoire. Que faire maintenant ? Au moment où des progrès considérables ont été introduites dans les secteurs économique et social, seul le politique se dégrade et prend de plus en plus du recul. L’incorporation de ministres technocrates dans l’Exécutif, l’utilisation de l’argent sale, absence d’initiatives constructives, l’apparition d’intérêts égoïstes, carriéristes et politiciens, l’instrumentalisation de la religion à des fins politiciennes, l’ingérence dans les affaires internes des partis... Tous ces faits déscriditent non seulement les partis politiques, mais l’action politique elle-même et les acteurs politiques en général. Toutefois, l’action du politique reste tributaire de l’évolution du volet socio-économique d’où la nécessité de redonner de la priorité au travail en tant que force et principal moteur de l’économie nationale. Ne serait-ce pas grand temps de revenir au socialisme économique dans le but de contrecarrer le libéralisme sauvage qui ne cesse d’envahir le sphère économique de notre pays? Notre prochain congrès national examinera en profondeur tous ces éléments”.
M.Mustapha Mansouri, Président du RNI: “En ce qui concerne notre parti, il y a, bien sûr, une prise de conscience de l’ampleur de la situation actuelle des partis. Pour cette raison, nous travaillons d’arrache-pied pour lutter contre le phénomène de la dépolitisation des citoyens. Il faut reconnaître que nous avons une part de responsabilité dans cette crise. Nous devons mettre en tête que les défis du Maroc sont tellement nombreux et divers qu’il nous incombe d’accompagner cette évolution et de mettre en place l’espace adéquat susceptible de réconcilier le Marocain avec ses institutions politiques. Mais, si nous voulons vraiment redonner du sens à l’action politique, nous avons absolument besoin d’une justice indépendante capable de garantir droits et libertés pour tous”.
M.Thami El Khiari, Secrétaire National du FFD: “Même si la déception était grande lors des législatives du 7 septembre dernier, il faut dire, par contre, que les leçons de ce scrutin restent utiles, importantes et pleines d’enseignements pour l’avenir politique de notre pays. C’est vrai que nous avons notre part de responsabilité, mais nous devons saisir cette volonté manifeste des partis d’aller de l’avant pour renouveler et revaloriser l’action politique. Dans le même sens, il ne faut pas sous-estimer le volet socio-économique dans l’action politique. Aujourd’hui, le politique et le socio-économique marchent en pair pour démocratiser la société, ses institutions politiques et son économie”.
M. Saâd Alami du Parti de l’Istiqlal: “Nous devons arrêter l’hémorragie car les partis politiques connaissent aujourd’hui une véritable crise de crédibilité. Nos efforts doivent se focaliser sur les moyens à mettre en oeuvre pour redonner de la valeur aux partis, à leur rôle et à leur action. Le Maroc progressiste et moderne est le projet commun à toutes les forces politiques nationales qui croient en la démocratie”.
M.Ismaïl Alaoui, SG du PPS: "Il y un en enjeu essentiel, celui de revaloriser la politique, de faire reculer la dépolitisation, en montrant que des alternatives sont possibles. Partant de ces considérations, le PPS appelle tous les acteurs politique à une véritable remise en cause de soi, avec toute l’objectivité nécessaire et un sens élevé de l’intérêt national pour réaliser un compromis historique, un contrat politique nouveau autour des questions nationales centrales".
Le Roi et les partis politiques : Qui fait quoi ?
La présence forte et continue du Roi sur le front socio-économique et dans l’action de proximité, induit le sentiment que la gouvernance politique est conduite par la seule institution monarchique, en dehors de toutes autres instances exécutive et législative! Pour le PPS, ce sentiment qui est dû pour l’essentiel à un certain archaïsme dans l’animation de la vie institutionnelle nationale et dans la communication gouvernementale, contribue à marginaliser l’action politique des partis, voire à la dévaloriser aux yeux des citoyens. Un constat qui constitue, selon la même formation, “ un danger pour notre système institutionnel et pour l’ancrage de la démocratie dans notre pays”.