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La nouvelle génération d'anticancéreux taxée à 7%

Envoi de AAMM-EDITO S-LIBERATI ON le 07 Mars 2008 02:09:12:





La nouvelle génération d'anticancéreux taxée à 7%



L'Association Néo Vi House de lutte contre le cancer se mobilise pour demander la détaxation de plusieurs médicaments de nouvelle génération. A ce titre, elle a organisé, le mardi 4 mars, une conférence de presse destinée à sensibiliser l'opinion publique sur cette question sensible.
La DGI (Direction générale des impôts) a en effet, décidé d'appliquer une TVA de 7% à tous les médicaments nécessaires dans le cadre d'un traitement par thérapeutique ciblée du cancer.

Cette thérapeutique, par rapport à la deuxième plus efficace, la chimiothérapie, permet d'augmenter efficacement les chances de survie sans symptômes ainsi que la survie globale. Combinée à la chimiothérapie, elle permet de rendre le traitement plus efficace et moins éprouvant.

Les traitements du cancer, par le recours à cette thérapeutique pouvant atteindre jusqu'à 100.000 dirhams par trimestre, le montant de la taxe, qui n'est prise en charge ni par l'Etat ni par la Caisse maladie, peut représenter environ 30.000 dirhams par an.
Cette taxation paraît d'autant plus illogique que les antimitotiques, utilisés dans le traitement par chimiothérapie, un traitement, dans le principe, similaire, sont, quant à eux, détaxés.
Cette taxation est « due à une méconnaissance liée à un problème d'appellation des médicaments » selon le co-président de l'association, le Pr Abdelkader Acharki.

Interrogé sur le fait de savoir si l'Association avait pris contact avec la DGI, son président a affirmé avoir fait part de son incompréhension aux autorités et avoir demandé le retrait des taxes. Il avoue être en attente d'une réponse. Il aura également voulu sensibiliser, à travers cette conférence, l'opinion publique afin de « faire pression pour que la décision intervienne rapidement ».
« Personne ne pourra rester insensible à ce genre d'anomalie », a-t-il lancé. « Lorsqu'il s'agit de la santé de nos concitoyens, il n'y a pas de raison de prélever des taxes. »

Karima, membre de l'Association, atteinte de cancer, affirme que « les prix des médicaments, mêmes ceux exonérés, ont flambé ». Elle s'interroge, désormais, sur son « sort » dans le cas où la taxe se verrait généralisée à tous les nouveaux traitements, pourtant plus efficaces et moins éprouvants.

Cependant, si la taxation de ces médicaments pose en effet problème, une interrogation plus grave sous-tend la question du cancer. Comment faire, lorsqu'on ne bénéficie pas d'une mutuelle adéquate, pour prendre en charge les frais d'une telle thérapie ? Quelle part de la population peut dans les faits y avoir accès ? « Très peu de gens, il faut l'avouer ».
Aujourd'hui, au Maroc plus de 40.000 nouveaux cas de cancer sont répertoriés chaque année. Déjà, ces chiffres paraissent loin de la réalité, lorsqu'on les compare à ceux de la France, pays à peine deux fois plus peuplé, où, pourtant, presque sept fois plus de cas (278.000) sont enregistrés par an.

Rappelons que chez les femmes, les cancers les plus fréquents sont ceux du sein et du col utérin, alors que chez l'homme ce sont les poumons et la prostate qui sont les plus touchés. Tous sexes confondus les cancers de l'appareil digestif sont les plus importants en nombre.

A noter enfin que le malade est pris en charge médicalement et selon son traitement, ses chances de survie au-delà de 5 ans oscillent entre 60 et 90%. Malheureusement, faute de moyens, aujourd'hui encore de nombreuses personnes n'ont pas accès aux soins et s'en retournent vers une médecine traditionnelle inefficace.
Le cancer est aujourd'hui l'une des pathologies les plus meurtrières dans le monde. Ses chiffres augmentent à mesure que les populations vieillissent. Si rien ne permet d'en déterminer à cent pour cent les causes, les principaux facteurs reconnus sont le tabac, l'alcool, le stress, la malnutrition, ainsi que des facteurs génétiques. Souvent associé à l'excès et au mode de vie moderne, le cancer a pourtant été répertorié depuis 3500 ans avant J.C par les médecins égyptiens. Il a ensuite été décrit par le savant grec Hippocrate comme un gonflement dur et non inflammatoire se reproduisant et se généralisant jusqu'à la mort. D'où la funeste réputation de cette maladie.

Les premières politiques sanitaires de traitement de la maladie sont apparues à partir de la fin du XIXème siècle. Il s'agit à l'époque, soit, d'une part, d'opérer directement la tumeur devenue visible, ainsi que ses excroissances. Cependant une telle opération ne permet pas de guérir définitivement, du fait du caractère macroscopique de la chirurgie qui l’empêche d'avoir accès à toutes les cellules cancéreuses. On enlève la tumeur, mais d'autres cellules restent qui la recréeront.

L'autre possibilité est d'avoir recours à l'hormonothérapie, notamment dans le cas du cancer du sein, où, la croissance de la tumeur mammaire étant subordonnée à la production d'une certaine hormone par les ovaires, on les retire complètement.
Ces deux thérapies, si elles avaient l'avantage d'être rapides et radicales ne permettaient que rarement (dans 20% des cas environ) aux patients de survivre plus de 5 ans après la découverte de la première tumeur.
Dans la première moitié du XXème siècle on a développé la radiothérapie. Le principe est proche de la chirurgie, on cherche à éliminer les tumeurs cancéreuses en les neutralisant. La différence tient au fait que le traitement soit progressif, et non invasif. C'est-à-dire que la tumeur est réduite petit à petit par rayonnement, et que cela réduit les risques d'infection liés à l'opération.

Cependant, ces deux principaux traitements, utilisés de façon complémentaire, présentent une limite importante. Ils s'attaquent à des régions localisées dans le corps tandis que le cancer tend à se généraliser dans tout le système en envoyant des métastases coloniser les cellules vulnérables dans d'autres organes.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on expérimente une nouvelle forme de traitement, qui ne sera massivement exploitée qu'à partir des années 80, la chimiothérapie. Comme son nom l'indique ce traitement passe par l'injection de substances chimiques ayant pour but d'interrompre globalement la division cellulaire en agissant sur l'ADN (et plus rarement l'ARN) des cellules. Cette injection peut-être orale ou intraveineuse.

Un tel traitement, s'il augmente les chances de survie sans symptômes cancéreux, s'avère très éprouvant pour le patient. En effet, en interrompant la division cellulaire, il s'attaque au métabolisme du malade. Parmi les effets secondaires engendrés par cette interruption de la division cellulaire, on notera, par exemple, la chute des cheveux ou la baisse des taux de globules dans le sang. D'un point de vue général ce traitement, puisqu'il n'affecte pas seulement les cellules cancéreuses mais le corps dans son intégralité, affaiblit fortement l'individu qui le reçoit.

PAGES JULIEN



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