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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
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Le Pr Brahim El Khalil El Gueddari
La femme au Maroc plus menacée par le cancer
Au Maroc, les cancers les plus fréquents sont ceux de la femme avec une prévalence pour le cancer du sein et du col de l’utérus, a affirmé le Pr Brahim El Khalil El Gueddari, professeur de radio-oncologie et médecin directeur de l’Institut national d’Oncologie (INO) Sidi Mohamed Ben Abdellah à Rabat.
"60 pc des cancers que l’on diagnostique sont ceux de la femme avec en tête le cancer du sein suivi de celui du col de l’utérus", des cancers accessibles au diagnostic précoce, d’autant plus, a-t-il dit, que la phase précancéreuse pour le col de l’utérus, dure plus de dix ans, une période suffisante pour éradiquer tout risque, si la malade est prise en charge à temps.
Il conseille, à ce propos, un frottis dès le début de la vie sexuelle de la femme.
"Un dépistage fréquent est conseillé en cas d’anomalie, tous les cinq ans si la personne est saine", selon les critères de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a rappelé à la MAP le professeur El Gueddari dans un entretien recueilli dans le cadre de la campagne initiée par l’Association marocaine de lutte contre le Cancer (AMLCC) sous le thème "le diagnostic précoce, savoir à temps, c’est déjà guérir".
Le cancer du col de l’utérus est une maladie sexuellement transmissible (MST) due à un virus, a-t-il précisé en mettant en garde contre la multiplication des partenaires. "Il faut une sensibilisation de la femme et de l’homme qui peut être un vecteur de transmission", a préconisé l’oncologue, tout en assurant que l’espoir demeure qu’un vaccin puisse être mis à jour dans les cinq prochaines années. Des études pilotes ont été lancées dès 1998 à Marrakech et Fès, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’OMS, notamment dans les centres de planning familial, très fréquentés par les femmes. L’évaluation de cette initiative est en cours d’étude, a-t-il indiqué. Une autre possibilité en matière de prévention, devant les moyens limités, l’insuffisance de laboratoires et de médecins disponibles, est, selon lui, la formation de cytotechniciens aptes à détecter les cas suspects et de les présenter aux médecins. Cette technique a été largement rompue en matière de paludisme au Maroc avec tout le succès que l’on connaît, a indiqué le spécialiste.
Eu égard aux difficultés d’odre matériel et logistique qui se dressent devant la mise en oeuvre d’un programme national de dépistage du cancer, le Pr El Gueddari a souligné que l’actuelle campagne se trace pour objectifs de sensibiliser les médecins, surtout les généralistes, et la population, l’initiative individuelle étant la meilleure garante en matière de prévention.
Il regrette l’intérêt réduit accordé au cancer par le ministère de la Santé, dont l’action est axée sur la lutte contre les maladies infectieuses concernant surtout les populations jeunes, la mortalité infantile et de la mère.
Tirant la sonnette d’alarme, l’oncologue a averti contre une phase de transition marquée par une population marocaine vieillissante et présentant un risque plus grand de développer ce genre de maladie. Le cancer va devenir un réel problème dans les 10 à 20 prochaines années, a-t-il estimé.
Or, regrette le Pr El Gueddari, la détection précoce des cancers au Maroc n’est malheureusement faite que dans 10 pc des cas et 80 pc des malades consultent à un stade tardif.
Détecté plus tôt, le cancer est traité de manière simple, se limitant le plus souvent à un simple acte chirurgical qui peut se faire dans n’importe quel hôpital, sans faire appel, par conséquent, aux moyens lourds, coûteux et, malheureusement, encore concentrés dans les grands centres, à savoir Rabat et Casablanca en cas de diagnostic tardif.
Des centres régionaux anti-cancéreux relevant du ministère de la Santé seront prochainement ouverts dans les villes d’Agadir, d’Oujda et d’Al Hoceima, a révélé le Pr El Gueddari.
Cette campagne d’une semaine, organisée du 17 au 22 mai, est axée essentiellement sur la prévention des sept cancers les plus fréquents à savoir, le cancer du sein, du col de l’utérus, du poumon, de la prostate, du colorectum, de la peau et du larynx.
Le traitement de ces types de cancer diagnostiqué précocement, est non mutilant, conservateur et moins contraignant. Bien plus, la guérison est obtenue dans 80 à 100 pc des cas.
L’AMLCC est une association de mécénat née en 1968 pour sensibiliser la population marocaine et les donateurs.
Propos recueillis par Bouchra Benyoussef (MAP)
Edité le: samedi 22 mai 2004.