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Les génériques rapporteraient un milliard par an
Orléans : Claire Bommelaer
[05 juin 2004]
Cette fois-ci, rendez-vous était fixé à Gidy-la-Forêt, près d'Orléans, dans une usine du groupe pharmaceutique Servier. Selon un schéma de communication désormais éprouvé, Philippe Douste-Blazy a développé, hier, un des axes de sa réforme in situ : tout en se penchant sur des lignes de fabrication, vêtu d'une blouse blanche jetable et suivi d'un aréopage de journalistes, il a précisé la politique que le gouvernement comptait mettre en oeuvre pour développer la consommation de médicaments génériques. A terme, le ministre de la Santé compte générer un milliard d'euros d'économies par an grâce à la diffusion de ces copies de médicaments, dont le brevet est tombé dans le domaine public. Pour l'instant, la France est à la traîne (13% des boîtes vendues), mais un panel de mesures devrait permettre de renverser la vapeur.
Le gouvernement devrait transcrire en droit français une directive européenne de mars 2004 qui harmonise les règles de la protection des produits, et «permettant aux génériques d'arriver plus vite sur le marché». «Avant il y avait 15 ans entre l'autorisation de mise sur le marché (AMM) d'un médicament et la possibilité de le «génériquer», je veux réduire ce délai», a-t-il affirmé.
Le ministre compte également inciter fortement à l'achat de génériques, en durcissant les mécanismes du tarif forfaitaire de responsabilité (TFR, on rembourse le princeps sur la base du prix de son générique).
Enfin, il compte s'attaquer, grâce à des baisses de prix, aux fausses innovations. Lorsque le brevet d'un médicament tombe, les industriels ont souvent tendance à sortir sur le marché un autre produit presque identique, pour le remplacer. Il restera alors à convaincre définitivement les patients «qu'un médicament générique, c'est exactement la même chose que son princeps et que cela soigne aussi bien».
Ces mesures «ne sont que la première étape d'un plan sur le médicament». Des négociations sont actuellement en cours avec les laboratoires, pour leur fixer des objectifs de développement du générique, et parvenir à des baisses du prix pour certains produits. «Nous ne pouvons plus tout prendre en charge au prix fort : si les laboratoires trouvent un produit très innovant, notre politique sera de payer. A l'inverse, les médicaments qui ont fait leur temps ne doivent plus coûter à la collectivité», a-t-il affirmé. Les déremboursements de médicaments à service médical rendu insuffisant (SMR) seront, par ailleurs, poursuivis. Son prédécesseur en faisait une priorité, car très génératrice d'économies. Mais Philippe Douste-Blazy compte infléchir cette politique, alors même que selon une étude récente, 20% des médicaments prescrits sont à SMR insuffisant. Il reviendra désormais à la nouvelle Haute autorité scientifique d'évaluer l'utilité et l'efficacité d'un médicament. «Je ne serai pas le ministre des déremboursements», a lancé, hier, en aparté, Philippe Douste-Blazy. Ni des polémiques qui, généralement, entourent ce type d'annonces.