|
| [ Envoyer un message ] | [ Forum myastheniagravi ] | [ F.A.Q. ] | [ Chat ] | [ Archives ] |
| (3 visiteurs) |
| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
|
|---|---|---|
SANTE MALADIE MEDECIN MAROC NEUROLOGIE MYASTHENIE HASSAN_II MOHAMMED_VI IDRISSI MAIDOC2 MAIDOC MESTINON MYTELASE TEGELINE IMMUNOGLOBULINES PLASMAPHERESE THYMUS ASSOCIATION |
||
| 13770 messages déposés | ||
Réponse à: SM le Roi nomme de nouveaux membres du gouvernement envoi de INFOS MAP le 08 Juin 2004 23:52:35:
Le remaniement ministériel a eu enfin lieu : les coulisses d'un changement annoncé
08.06.2004 | 20h37
«En avril dernier, les partis politiques avaient résisté au remaniement pour cause de nombre de portefeuilles, autant dire pour des raisons d'apothicaire. Trop de pressions. Mais nous savions tous que ce n'était qu ‘un simple report, un sursis, et que cela allait survenir en ce mois de juin». Notre interlocuteur n'est pas très loin des lambris du pouvoir. Il rappelle les longues et laborieuses consultations menées, il y a un peu plus d'un mois par le Premier ministre qui sera plus que jamais confronté à une logique partisane et… arithmétique.
Sans cesse annoncé puis donné pour reporté jusqu'à la prochaine rentrée parlementaire - pour cause de trêve estivale ? - voilà que le Souverain recevait aux premières heures de l'après-midi de ce mardi 8 juin, au Palais de Marrakech, les nouveaux membres du gouvernement Jettou. «Seuls les nouveaux entrants et ceux qui ont vu leurs prérogatives s'élargir ont fait l'objet d'une audience Royale et non pas l'ensemble du gouvernement. Cela signifie qu'il s'agit simplement d'un remaniement ministériel technique et non pas d'un Jettou II qui aurait supposé au préalable la démission de l'Exécutif », fait remarquer un constitutionnaliste.
Il n'empêche que Driss Jettou a joué un rôle primordial dans l'aboutissement de son premier remaniement, survenu près d'un an et demi après sa nomination.
Après l'échec, au printemps dernier, des consultations avec les leaders de la majorité gouvernementale, le chef de l'Exécutif a été chargé de procéder autrement : réfléchir au remaniement, procéder au choix de ses hommes (et de ses femmes bien qu'aucune nouvelle ne fait son entrée dans ce gouvernement qui en perd une, Najima Taï-Taï, la secrétaire d'Etat à l'Alphabétisation et l'Education informelle) , boucler sa liste avant de la soumettre aux formations politiques pour aval. «C'était la seule manière d'aboutir. Jamais les partis n'auraient accepté de sacrifier telle ou telle personne, tant les structures partisanes sont fragiles. Malgré tout, il y a eu quand même des résistances. Sauf que M. Jettou avait un deadline, le 8 juin, et tous se devaient de respecter la date-butoir pour se rendre à Marrakech», confie un proche collaborateur du Premier ministre.
Dans l'après-midi du lundi 7 juin, les choses vont très vite. Driss Jettou rencontre les chefs de partis composant la majorité. C'est avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) que les tractations seront particulièrement ardues. Non seulement le parti de Ahmed Osman perd 4 de ses ministres (Mohamed Aujjar- le ministère des Droits de l'Homme a été supprimé de l'architecture gouvernementale-, T. Rhafes à la pêche, Najib Zerouali modernisation des secteurs publics et Najima Taï-Taï) mais il fallait en prime lui faire accepter de se faire «prêter» deux nouveaux ministres apparentés.
A l'image de ces grands joueurs que les clubs mondiaux se font prêter, M. Mezouar, jusque-là président de l'AMITH et M. Bousaïd, haut cadre au ministère des finances, battront désormais pavillon rassemblement national des indépendants. Le premier remplace un autre RNI, Rachid Talbi Alami aujourd'hui aux Affaires Générales du Gouvernement, (Abderrazak Mossadeq faisant, contre toute attente, partie de la liste des partants) à la tête du ministère du commerce et de l'Industrie alors que le second va à la modernisation des secteurs publics pour succéder au RNI Zerouali.
Au sein du parti de cet ancien premier ministre, tout ce remue-ménage ne s'est pas fait sans douleur : le pouvoir aiguise les appétits et les habitudes des signes extérieurs de la ministrabilité sont très vite adoptés. Des ministres RNI partants le vivront très mal allant jusqu'à menacer de crise le parti qui les a fait (puis défait) ministres. «Quant à la question des nouveaux ministres apparentés RNI, cela pose le problème grave de l'absence de cadres à l'expertise avérée au sein des structures partisanes. Les partis n'arrivent pas à recruter encore moins à séduire certains profils dont le pays a visiblement grand besoin. Il y a non seulement un problème de relève politique mais aussi de compétences, je dirais, technocrates. Résultat, après l'épisode Istiqlal et ses apparentés Adil Douiri et Karim Ghallab, c'est au tour de Osman d'être confronté de manière sévère à ce problème», relève un spécialiste des arcanes politiques, prévoyant dans la foulée et les jours à venir orage et mauvais temps au RNI.
A gauche de l'échiquier, et du gouvernement, l'USFP et le PPS perdront, chacun, un ministre. Marque d'un destin ministériel sans cesse déçu ? L'Usfpéiste Khalid Alioua, ministre de l'enseignement supérieur , est une fois encore victime de remaniement alors que Omar Al Fassi, du PPS, quitte la recherche scientifique, un ministère qu'il occupait depuis le premier gouvernement d'alternance.
L'Istiqlal sans El Khalifa et la société civile avec Harouchi
L'Istiqlal perd l'un de ses principaux ténors, M'Hamed El Khalifa et… l'artisanat, département tombé dans l'escarcelle du ministre du tourisme, le (presque) istiqlalien Adil Douiri. C'est au prix d'un comité exécutif extraordinaire et houleux, tenu jusque tard dans la soirée de ce même lundi 7 juin, que M. El Khalifa se serait résigné à son départ.
«Et si le pôle haraki était le grand gagnant du remaniement ?», s'interroge, non sans malice, un militant. Les trois partis composant la galaxie «Haraka», Mouvement populaire, Mouvement national populaire et Union démocratique ont multiplié ces derniers mois les déclarations sur le mode «nous sommes la première force politique du pays», lorgnant même du côté de la primature. En lieu et place, le pôle haraki aura un représentant de plus au sein de l'Exécutif, Mohamed Mohattane au développement rural alors que le patron du MP, Mohand Laenser, gérera en plus du ministère l'agriculture, dont il est l'actuel locataire, la pêche.
L'entrée d'un techno, anciennement ministre, et figure célèbre de la société civile, a provoqué une vraie surprise. Abderrahim Harouchi, le très dynamique président d'AFAK, l'association pour le développement et le civisme, également membre du conseil consultatif des droits de l'homme, renoue avec la carrière ministérielle. Cette fois, ce sera au développement social et à la solidarité.
L'Exécutif remanié tiendra conseil de gouvernement ce jeudi, premier du genre pour quelques nouveaux entrants. Un conseil de gouvernement que l'on imagine aisément comme une reconfirmation de la feuille de route de Driss Jettou . «Les principaux objectifs qui ont présidé à ce remaniement sont d'abord le resserrement de l'équipe et ensuite la concentration sur les objectifs du gouvernement tels que déclinés devant le parlement.. Le développement économique, l'enseignement, le développement social sont à ce titre de vraies priorités», nous a précisé un responsable gouvernemental, resté à son poste.
Et comme pour mieux ancrer ces priorités et concentrer les objectifs de l'exécutif, la nouvelle architecture gouvernementale a essayé de mettre en place une logique de pôles. C'est ainsi que Habib El Malki par exemple hérite d'un supra ministère, regroupant l'éducation nationale, l'enseignement supérieur et la recherche scientifique. Et toujours dans un souci d'harmonisation et d'efficacité, les regroupements ont également concerné agriculture et pêche ou encore tourisme et artisanat.
«Le remaniement auquel nous avons assisté aujourd'hui était en fait un principe même de ce gouvernement. Au commencement, Jettou avait déclaré qu'il ne s'embarrassera pas de défaillances et qu'il n'hésitera pas à débarquer lorsque nécessaire. C'est maintenant chose faite. Ce gouvernement est appelé à donner de la visibilité à tous ces chantiers qui sont en cours du Port de Tanger à Agadir. Il doit aussi trouver le moyen de nous entraîner derrière lui. C'est cela le pari : un Exécutif qui travaille et mais aussi et surtout un gouvernement qui nous fasse rêver», conclut un politique. Le rêve, comme l'utopie, on n'a encore rien inventé de mieux pour mobiliser…
Narjis Rerhaye