Re: VEILLEE D'ESPOIR POUR LA RELAXATION Forum Association des amis des myasthéniques du maroc
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Forum Association des amis des myasthéniques du maroc Modification: 5/9/2005
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Re: VEILLEE D'ESPOIR POUR LA RELAXATION

Envoi de Recueillement d'une Fran le 02 Septembre 2004 01:35:03:

Réponse à: VEILLEE D'ESPOIR POUR LA RELAXATION envoi de AAMM / DR IDRISSI le 01 Septembre 2004 00:37:00:

INTERNATIONAL




Dans les rédactions et devant l'Hôtel de Ville de Paris, le silence recueilli d'une France solidaire




Les portraits des deux journalistes accrochés sur la façade de l'Hôtel de Ville de la capitale. Photo: Keystone



IRAK. Depuis mardi soir, les gens attendent leur tour en silence pour inscrire
des messages sur les registres installés par Reporters sans frontières. Radio France Internationale a fermé ses portes au rush des journalistes et, au «Figaro», il règne un climat de travail et de communion avec les otages en Irak


Laurent Wolf, Paris
Jeudi 2 septembre 2004

«On est toujours sans nouvelles de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, nos confrères enlevés en Irak.» Des haut-parleurs diffusent en permanence les flashs de la chaîne de radio France Info au pied de la façade de l'Hôtel de Ville de Paris où sont affichés deux portraits des journalistes prisonniers de l'Armée islamique en Irak. Le son continu crée, sur la grande esplanade que quelques piétons traversent, une petite zone d'intimité où se serrent, devant deux pupitres, les passants qui sont venus inscrire leur nom sur une pétition pour leur libération et celle de leur chauffeur et guide, Mohammed al-Joundi, enlevé avec eux le 20 août.

Un jeune homme descend de son vélo et lit la liste sur laquelle il se prépare à mettre son nom. Sa main droite s'oublie un instant et retombe, entraînant le stylo à bille qui est mis à sa disposition. Il le ramasse lentement et signe, puis se tourne vers un livre d'or, où il écrit un message. Et s'en va.

«Il y a eu plus de 2000 personnes depuis mardi soir», dit Robert Ménard, le secrétaire général de Reporters sans frontières, qui organise cette pétition. «Il y a toujours des gens qui viennent signer, qui attendent et qui repartent. Le plus souvent sans rien dire. L'ambiance est un peu solennelle. Mais ils écrivent des choses émouvantes.» Parfois des déclarations: «Pas d'ingérence par le terrorisme.» Ou: «Je parie que les ravisseurs n'ont rien à voir avec l'islam.» Parfois des mots plus personnels: «Nous espérons, nous prions, nous vous attendons.» Et: «Pensées très fortes pour ces deux hommes et pour leur famille.»

Pensées très fortes. C'est l'expression simple de ce moment-là. Un moment d'intensité, de recueillement, qui construit un cercle protecteur. Qui se referme parce qu'il a sa propre puissance. Ou que l'on ferme pour s'isoler, s'abstraire de l'intrusion des autres; comme à Radio France Internationale (RFI), où travaille Christian Chesnot.

La chaîne de radio ne veut plus la visite des autres journalistes. «Je l'ai décidé», explique Alain Menargues, le directeur général adjoint chargé des antennes et de l'information. «Il y a eu un rush, et la rédaction l'a mal vécu. Nous avons eu deux morts en six mois. C'est beaucoup pour une majorité de journalistes qui ne sont pas tous reporters et n'ont pas l'habitude des situations de crise. Nous sommes comme une famille frappée par le malheur. Il faut parler, s'exprimer. Nous avons réussi à installer un climat de confiance. Les gens gèrent l'information, je crois que c'est la solution.»

Alain Menargues pense que la corporation a gardé une sorte de pudeur pour affronter la situation. Elle s'est serré les coudes, mais a hésité à lancer des appels à la solidarité: «C'est un peu comme si on avait honte de notre douleur, peur de se mettre en avant.» On lui demande: avez-vous mis un registre à signer dans le hall pour que les gens de passage puissent exprimer leur solidarité? Il répond: «Non, ce n'est pas dans nos habitudes.»

Cette discrétion, cette manière de rester ensemble, au travail, on la retrouve dans la salle de rédaction de la rubrique Politique étrangère du Figaro. On y parle à mi-voix, ce qui n'est pas courant dans la profession. Aucun signe, aucune affiche, aucune photo ne rappelle Georges Malbrunot, le collègue en grand danger. «Nous sommes une équipe expérimentée», dit Pierre Rousselin, le chef de la rubrique. «La plupart d'entre nous ont vécu des situations extrêmes. Je connais Georges depuis dix ans. J'imagine qu'il sait ce qui se passe ici. Il y a une communion. Pas besoin de se forcer.»

«On essaie d'avoir une idée de ce qui se passe, dit encore Pierre Rousselin. On a des contacts mais je vais vous décevoir, nous n'avons pas beaucoup plus d'informations que ce que nous avons publié. On essaie de faire ce qu'on peut pour...» Sa voix hésite, puis repart: «Je parle avec les familles. Tous les jours, même quand je n'ai rien de nouveau à dire.» Et il s'anime: «Ce qui est difficile... C'est une histoire politique troublante, une histoire intéressante, au-delà du cas de nos amis.» Le journaliste reprend le dessus. Puis un silence, et une phrase prononcée douloureusement: «Il y a toujours cet aller et retour entre le travail et l'émotion.»

Au Figaro non plus, il n'y a pas de photographies des otages dans le hall ni de registre pour les visiteurs: «On n'a pas voulu.» Pensez-vous que la population comprend le drame que ces événements représentent pour vous? La voix se noue. On sent qu'il voudrait dire «oui». Mais il répond: «Pas forcément...»





Une nébuleuse de preneurs d'otages
Les enlèvements sont, en Irak, une facette de la lutte armée. Les ravisseurs sont bien organisés. Et sans pitié.
Richard Werly
Qui sont les preneurs d'otages?

L'Armée islamique en Irak qui détient les deux journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, disparus depuis le 20 août, est un groupe insurgé très redouté. Son premier acte de terreur a été, en mars dernier, l'horrible assassinat de quatre agents de sécurité américains, dont les corps avaient été pendus, mutilés et brûlés à un pont de Falloujah, la ville sunnite tombée par la suite aux mains des islamistes extrémistes qui la contrôlent aujourd'hui. Leur première prise d'otage fut en juillet celle du chauffeur philippin Angelo de la Cruz, libéré le 21 juillet après la décision du gouvernement de Manille de céder à leurs exigences et de rappeler son contingent d'une cinquantaine de soldats. Dans le cas des deux reporters français, l'on sait toutefois que la revendication des kidnappeurs ne sera pas satisfaite, Paris ayant refusé d'abroger la loi sur le foulard islamique.

Au total, une dizaine de groupes pratiquent les kidnappings. Une soixantaine d'étrangers ont été enlevés à Bagdad ces derniers mois, puis en général relâchés. Parmi ces groupes, les Brigades des moudjahidin, l'Armée islamique secrète, le Mouvement islamique d'Irak, sans oublier «Tawhid wa Jihad», l'émanation d'Al-Qaida dirigée par le redouté Abou Moussab al-Zarkaoui. La plupart sont composés de sunnites fondamentalistes ou «salafistes», l'autre dénomination des fidèles du wahhabisme d'Arabie saoudite. Des combattants étrangers arabes les renforcent, mais ces derniers ont surtout pour mission de commettre des attentats-suicides. Du côté chiite, le seul groupe à avoir pris en otage des étrangers est l'Armée du Medhi du jeune chef religieux radical Moqtada al-Sadr.

Ces groupes ont-ils des liens entre eux?

C'est presque sûr. Certains experts jugent ainsi que la prolifération de noms dans les revendications cache deux ou trois organisations. La localisation géographique des kidnappings va dans le même sens: alors que les enlèvements d'Irakiens fortunés affectent les principales villes du pays, les kidnappings d'étrangers se sont, eux, presque tous déroulés autour de Bagdad et surtout dans des villes (Falloujah, Latifiyah, Mahmoodia...) à forte implantation salafiste. En outre, les témoignages des otages libérés se recoupent: geôliers bien formés militairement et n'hésitant pas à tuer de sang-froid; allers et venues de messagers; changement de planques; suivi des nouvelles internationales...

Ce profil fait penser aux anciens membres des services de sécurité de Saddam Hussein, formés sous la dictature à enlever et à faire disparaître les opposants au régime. Une collusion entre ces kidnappeurs professionnels, la mafia et des tribus locales est toutefois probable. Les mafieux, qui disposent d'indics, repèrent les cibles, voire procèdent aux enlèvements pris ensuite en charge par les groupes d'insurgés. Certains affirment que les deux journalistes auraient ainsi été «vendus» par des voyous à leurs geôliers actuels. Dans le cas des deux journalistes, l'élément nouveau est la revendication non irakienne de leurs ravisseurs qui exigent non pas le retrait de troupes étrangères, mais l'abrogation d'une loi française. Ont-ils été inspirés par les menaces proférées contre la France par Aymal al-Zawahiri, le lieutenant de Ben Laden, en février 2004? Ou s'agit-il d'un prétexte?

Comment se passent les négociations?

Jusqu'à présent, le conseil des oulémas sunnites de Bagdad, installé dans l'ex-mosquée «Oum Al-Maarik» (la mère de toutes les batailles) construite par Saddam Hussein, a joué les intermédiaires. Chaque ambassade étrangère en Irak, dont l'ambassade de Suisse, garde précieusement les numéros de ces principaux dignitaires à utiliser en cas de «coup dur». Problème: les oulémas ont affirmé mardi n'avoir pas réussi à contacter les ravisseurs de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Un autre interlocuteur est le Conseil des tribus sunnites dirigé par le cheikh Hisham al-Duleimi et, dans le cas de Falloujah, l'imam fanatique al-Janabi, présenté comme le «Cheikh Yassine» irakien. Ces intermédiaires sont plus des «porteurs de valises» que des donneurs d'ordres. Car le business des otages est juteux: l'employeur koweïtien des sept captifs (trois Indiens, trois Kenyans et un Egyptien) a reconnu mercredi avoir payé 500 000 dollars.




Sur le fil
LT
Ahmed Chalabi a échappé mercredi matin à une tentative d'assassinat. Des tireurs non identifiés ont ouvert le feu sur le cortège de l'ancien membre du Conseil de gouvernement irakien dans le sud de Bagdad alors qu'il rentrait de la ville sainte chiite de Najaf. Ahmed Chalabi est sorti indemne de cette attaque, mais deux de ses gardes du corps ont été blessés, dont l'un grièvement. L'ancien protégé du Pentagone est rentré en Irak en passant par l'Iran au début du mois d'août pour répondre des charges de contrefaçon pesant contre lui. Malgré le mandat d'arrêt, le ministre irakien de l'Intérieur a déclaré qu'il ne procéderait pas à l'arrestation de Chalabi tant que certains points juridiques n'auront pas été éclaircis. Ce dernier est donc libre de circuler dans le pays.

Des émeutes ont éclaté mercredi à Katmandou où des milliers de manifestants ont incendié la principale mosquée et les bureaux de Qatar Airways, au lendemain de l'annonce de la mort des 12 otages népalais en Irak. Le gouvernement a décrété un couvre-feu illimité et fixé un jour de deuil national à jeudi, après le plus important massacre d'otages perpétré en une seule fois en Irak depuis l'invasion de ce pays en mars 2003 par la coalition menée par les Etats-Unis.


© Le Temps, 2004 .
Droits de reproduction et de diffusion réservés

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