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Réponse à: Pour Camille:Sarabande envoi de pierre du gard le 18 Décembre 2004 23:14:53:
lecture du net selection idrissi
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1 °) Sarabande
Trente ans après, les deux personnages de Scènes de la vie conjugale sont de nouveau réunis à l'écran, et Bergman utilise leurs retrouvailles pour sonder l'amour-haine entre parents et enfants. Le dernier film en date du vieux maître suédois, d'une simplicité et d'une force lumineuses.
Rediffusion le 22 décembre 00.55
Après des années de silence, Marianne, avocate spécialisée dans les divorces, éprouve le besoin de revoir son ex-mari Johan, qui vit retiré dans une maison en pleine nature. Une belle journée d'automne, Marianne arrive dans cette propriété idyllique. Elle n'est pas sûre que cette visite soit une bonne idée. Mais elle reste, et une complicité apaisée s'instaure entre Johan et elle. Au cours de son séjour, Marianne fait la connaissance d'Henrik, fils que Johan a eu d'un premier mariage, et de Karin, la fille d'Henrik. Les relations entre Johan et son fils, entre Henrik et sa fille, sont tendues, compliquées. La présence de Marianne va déclencher des mises au point douloureuses…
Sarabande d'automne
Près de trente ans après avoir décrit la vie amoureuse et houleuse de Marianne et Johan dans Scènes de la vie conjugale (1974), Ingmar Bergman retrouve les deux personnages interprétés par les mêmes acteurs. Marianne et Johan ont vieilli séparément et se retrouvent soudain, presque de façon impromptue. Les années ont passé et leur relation s'est apaisée. Ici, plutôt que les difficultés des rapports de couple, le cinéaste explore l'amour-haine qui lie parents et enfants. Entre Johan et son fils Henrik, une vieille haine recuite par les ans surgit avec violence. Entre Henrik et sa fille Karin, il y a de l'amour mêlé de souffrance, d'exaspération, de culpabilité. Les trois personnages sont en outre liés par une absente omniprésente, Anna, la mère de Karin, morte deux ans auparavant. Avec ce film construit en dix scènes, plus un prologue et un épilogue, Ingmar Bergman poursuit l'œuvre de toute une vie : travail amoureux sur les mots, mise en scène d'une simplicité et d'une force lumineuses, personnages voués à la solitude de l'introspection. La musique tient comme toujours une grande place puisque Henrik et Karin sont musiciens, et la sarabande du titre est un extrait d'une pièce de Bach. Ce film est enfin un hommage aux femmes, qui sont à la fois plus sincères et plus fortes que les hommes. Et en premier lieu à Marianne/Liv Ullmann, l'accoucheuse du malheur des autres, qui nous implique directement en parlant à la caméra dans deux séquences clin d'œil, au début et à la fin du film.
Téléfilm d'Ingmar Bergman
(Suède, 2002, 1h47mn, VF)
Scénario : Ingmar Bergman
Avec : Liv Ullmann (Marianne), Erland Josephson (Johan), Julia Dufvenius (Karin), Börje Ahlstedt (Henrik), Gunnel Fred (Martha)
Image : Raymond Wemmenlöv, Per-Olof Lantto, Sofi Stridh, Jesper Holmström, Stefan Eriksson
Décors : Göran Wassberg
Montage : Sylvia Ingemarsson
Production : SVT, ZDF, ORF, ZDF-Enterprises, Network Movie, DR, NRK, RAI, YLE 1, Nordiska TV Samarbetsfonden, Nordisk Film, Och TV Fond
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2 °)
"Sarabande" : Bergman, yeux grands ouverts face à la mort
LE MONDE | 14.12.04
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Dans cet ultime film, le cinéaste réunit Liv Ullmann et Erland Josephson, les interprètes de "Scènes de la vie conjugale", pour dix dialogues, de la violence à l'apaisement.
Film suédois avec Liv Ullmann, Erland Josephson, Börje Ahlstedt, Julia Dufvenius. (1 h 50). Le scénario est paru aux éditions des Cahiers du cinéma, 112 p. 9 € . Sarabande sera diffusé sur Arte, le 17 décembre à 20 h 45 en version française et le 19 décembre à 23 h 50 en version originale.
Il y a quelque chose de poignant dans l'idée que de jeunes - ou moins jeunes - spectateurs entreront dans l'œuvre d'Ingmar Bergman par la sortie, par Sarabande, croisant sur le pas de la porte le cinéaste, qui affirme clore par ce film - il a répété à plusieurs reprises qu'à 85 ans il ne tournerait plus - sa vie de cinéaste. Ce ne sera sans doute pas facile de pénétrer cet univers à travers ces dix dialogues, encadrés par un prologue et un épilogue, tournés en vidéo digitale haute définition pour la télévision. A première vue, à première écoute, ce n'est qu'affaire de mort, de mensonges et de douleurs infligés entre époux, amants, parents et enfants. Avec le temps, l'angoisse ne s'est pas apaisée et le vide est encore plus effrayant. Et pourtant, de la mise en scène de ces agonies finit par naître une beauté, une harmonie presque apaisantes.
Pendant le prologue, Marianne (Liv Ullmann), une femme d'une soixantaine d'années, soliloque derrière une table couverte de photographies. Face à ses fragments de vie, elle décide de renouer un film, de rendre visite à son époux Johan (Erland Josephson), le père de ses deux filles, dont elle est divorcée et qu'elle n'a pas vu depuis trente ans. Devenu riche grâce à un héritage, Johan a quitté l'université où il était professeur et s'est retiré dans une grande maison perdue dans les bois.
Johan et Marianne sont les deux personnages de Scènes de la vie conjugale, film diffusé en 1973 par la télévision suédoise. Ils avaient déjà les traits de Liv Ullmann et d'Erland Josephson. Mais la parenté entre ces deux films n'est pas celle du feuilleton ou de la saga, elle tient plutôt de la variation sur un thème. Josephson, que le scénario des Scènes avait rajeuni, est ici vieilli de cinq ans, pour rejoindre l'âge de Bergman. Les filles du couple changent de nom et Johan est affligé d'un fils, Henrik (Börje Ahlstedt), né d'un premier lit, un musicien qui vit dans un cottage près de la villa, avec sa fille Karin (Julia Dufvenius).
A ces hiatus de scénario correspondent les métamorphoses de la mise en scène. Lorsque Marianne arrive dans la villa, apparemment vide, les portes claquent autour d'elle, refermant l'espace que la caméra dessine avec une agilité inquiétante. Comme un personnage de conte de fées, elle est prisonnière de ce lieu, qu'elle ne quittera plus de tout le film, alors qu'elle était censée n'y passer qu'un après-midi. Et quand elle retrouve Johan endormi dans un jardin d'hiver, les acteurs donnent à leurs premiers échanges une affectation légèrement théâtrale, qui n'enlève rien à la vérité de leur jeu, mais situe le film sur un autre terrain que le naturalisme de Scènes de la vie conjugale.
UNE CRUDITÉ TERRIBLE
Il ne s'agit plus de saisir instant par instant la vie d'un couple, mais de relever les traces que les êtres laissent les uns sur les autres au fil du temps. Ce thème central apparaît clairement dès la deuxième scène, qui réunit Marianne et Karin. La jeune fille a fui son père après une dispute. Lors d'un cours de violoncelle, il a voulu la forcer à jouer un morceau d'Hindemith qu'elle juge trop difficile, mais ce heurt n'est que le symptôme fugace d'un mal très profond, qui s'est répandu entre père et fille après la mort d'Anna, la mère de Karin. En perdant son épouse, le professeur, concertiste de petite renommée, a perdu les derniers vestiges de la considération que lui accordait son père.
Par le truchement d'une lettre, d'une photo, la figure d'Anna, la disparue, revient sans cesse pour infléchir les échanges entre les survivants. Marianne, au début témoin objectif, est obligée de s'engager dans ces transactions terribles : pour aider sa fille dans sa carrière de soliste, Henrik veut lui acheter un violoncelle de prix ; pour cela, il a besoin de sa part d'héritage, que Johan lui refuse, tentant de surcroît d'en faire profiter Karin en tenant son fils en dehors de l'arrangement. Finalement Marianne se range au côté de la jeune fille pour la soutenir dans sa tentative d'évasion.
Vers la fin du film, les époux séparés se retrouvent une dernière fois, dans une scène d'une crudité terrible, qui ne cille pas devant les corps usés desquels la vie s'échappe. A ce moment, comme à bien d'autres, on retrouve des vestiges du passé de Bergman le cinéaste, des signes qui seront familiers à ceux qui le connaissent déjà, une ampoule nue qui oscille au bout d'un fil, une chapelle luthérienne illuminée d'un rai de lumière.
Mais Bergman ne regarde pas en arrière. La preuve, il a tourné ce film en utilisant une technique - la vidéo haute définition - qui sera probablement celle de ceux qui viendront après lui. Projeté sur un écran de cinéma, ce matériau est étonnamment adapté au propos du cinéaste. L'image relève le moindre détail des physionomies du décor, tout en leur refusant la matérialité que donne la pellicule argentique. Il se creuse ainsi un léger décalage entre une réalité reproduite avec tant d'exactitude mais qui ne prend jamais tout à fait vie. Cette texture spectrale le montre, tout comme le texte magnifique de Sarabande :Bergman regarde devant lui, de l'autre côté de la mort.
Thomas Sotinel
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.12.04
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merci aux journalistes
et
bon spectacle !
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