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| Forum Association des amis des myasthéniques du maroc | Modification: 5/9/2005 Création: 27/7/2001 |
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A MIMOUN HABRICHE JOURNALISTE IN MEMORIAM
Ave Bush, morituri te salutante
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Oraison funèbre, quelques jours avant la guerre, dédie à Mimoun Habriche. Si le communisme est mort, est-ce que les socialistes doivent mourir aussi ? Le sommeil, la mort, le rêve et l’au-delà, des portes ouvertes sur d’autres dimensions, des états d’âmes…
Apostrophe de la douleur
La douleur réveille la conscience et la crainte de la mort se met à la philosophie. La peur de la mort, ultime mansuétude que l’accroc du doute se donne, est la croyance en un dieu ! L’homme est un lâche devant la maladie. Ses incertitudes et ses impudences apostasiques s’amendent dès les premières souffrances. Il craint l’anéantissement final, l’inconnu dissolution de son être, qui met un terme à sa personne. Car il sait qu’il n’est qu’une structure qui deviendra un amas moléculaire et que s’il vit, c’est par la grâce de cette chimie et ce cette substance qu’est l’ADN. Faute d’avoir reconnu en lui, d’autres humeurs ou d’autres traces d’une substance impérissable ! Navrante impéritie ! Et il espère au moment de partir, que le déchirement du corps se fasse sans les affres de la douleur. Céder tout ce capital, unique référence de soi, céder tout ce qu’il a pu être et représenter comme connaissance et cette mémoire, sans contrepartie est comme une supercherie. Né sans le désirer, peut-être, il ne concède pas de partir promesse ou sans garantie. Dès lors, il se met à croire, au dernier moment et à espérer plus de magnanimité et de clémence encore d’un certain dieu pour une certaine âme !
La douleur réveille la conscience, combien même elle inhibe « l’inspiration » éveil d’une lumière sur un corps que nous utilisons et que nous ne fabriquons pas à peine. Inapte tchateur sur un Net dont il ignore les sciences princeps et les fondements ! Un corps dont on ignore les secrets de fabrication, l’origine des pièces et la date de péremption ! Un corps dont il ignore le secret des origines, de ses compétences inouïes, de ses facultés imperceptibles. Un corps qui nous défie de l’infiniment petit de sa gestion, de sa procréation, de son fonctionnement, mais qui donne assez de conscience pour que chacun d’entre nous représente quelqu’un. Une personne parfois, un individu, souvent, malgré ses myriades de cellules et ses incalculables atomes. Et voila que l’intégrale nous sommes dérive, que le cosmos que nous comportons, se résout et s’inactive, mettant son écriture en berne !
Al Bayane, c’est la vie
La que page tourne, le journal se lit sans nous ! Les événements se passent sans qu’on les analyse ! Les âpres luttes d’expression de soi et des siens, conquises, s’oublient dans la pratique banalisée de la démocratie. Les batailles des Yata sont toutes soldées. Leur esprit est là, avec ceux de ses ancêtres, au bout du tunnel, qui aspire le nouveau venu ! Ils sont la à étendre la main à leur conseiller a la rédaction. Une fenêtre pour un esprit ! Sa perception et sa clairvoyance, partielle, partiale et parcellaire par la connaissance exigue d une seule facette de la réalité, s’est subitement dilatée et répandue. Il voit plus et comprends mieux ! Il ne tousse plus et n’a plus mal, il sent le bonheur l’envahir et le porter ! Il est une âme ! Il est un lot, une pièce, d’une intelligence immense, une entité formidable, impalpable, imperceptible et sereine ! Une parcelle libre de ce qu’il était et qui ne connaît pas la prison d’un corps et les barreaux d’organes imparfaits et malades. Il pourra tout lire, tout penser sans censure ! Il pourra voyager, sans argent, sans fatigue, sans visas et même sans se déplacer ! Il est une âme dans un univers, intelligible, expansif et incommensurable. Il commence à croire, qu’il n’est plus sur le lit de Mohammed V, ni sur son siège du bureau d’Al Bayane ! Il repasse en mémoire sa vie. Des choses oubliées lui reviennent ! Il est une étincelle qui s’est élevée très haut après avoir brillé un court instant ! Elle a éclairé, lu, vu, critiqué et enseigné; peu pour l’univers mais assez pour représenter une flamme vivace, un Homme !
Et l’on voudrait à Al Bayane, au Pps, moteurs de clarté, croire au rassemblement des forces militantes, croire à l’union de toutes les valeurs nationalistes, à la Koutla, qui faute de mieux, représente un consensus et un cadre démocratique, capable de fédérer pour le mieux agir. Yata, fut l’exemple du leader et du compromis, patriote, militant, monarchiste et musulman ! Tout un programme ! Fait de civisme, de dépassement de soi, d’intelligence, d’adaptation et de tolérance. Mimoun Habriche fut l’un de ses brillants adeptes ! On poussa les autres partis, forts de leurs héritages et de leurs luttes particulières, aussi éloignés en apparence, à se coaliser : un exemple, en son début, pour l’ Uma !
Uma, Ue, différences et unions
Pourquoi pas l’Uma, malgré toutes les arrogances, le mépris, les convoitises, les connivences ! l’Uma pour ses peuples et non pour ses généraux guindés sur leurs gardes ! Avec l’aval des généraux et de tous les sécuritaires de la région, dont l’honneur froissé a façonné des générations de desperados ! La vindicte doit changer en confiance et l’usurpation sur la coopération et les échanges. Changer la suspicion en amour et en force de cohésion, pourvu que l’idéal de liberté et de respect de l’Homme dépasse les différences et ne creuse plus les différences, les successibilités et les égotismes chagrins !
Même les adversaires d’hier se rassemblent et se liguent face au danger et à l’incertitude. Humeurs guerrières qui, sans éthique, proviennent de l’injustice flagrante et du diktat du plus fort. Conscience humaine et humanitaire de la vieille civilisation, la France se réveille avec l’Allemagne. Ces deux nations se distinguent par leurs grandeurs retrouvées et, par delà l’holocauste, au grand dam d’un Bush, nouveau tzar et tyran du nouvel âge et superbe et gauche. Chirac s’allie à Poutine à la Belgique et à la Chine, malgré le poids des campagnes sanglantes de Bonaparte. Crimes d’un autre âge ! Ressuscitation de la conscience, pour défendre une idée de justice et d’étique démocratique ! Pendant que les eurocrates permettent à leurs foules de manifester leur horreur de la guerre, pourquoi les non-blancs, les arabes, les musulmans, les soudevlands ne se réveillent-ils pas de leur suprême léthargie ?! Trop d’exploitation les sidère !
L’infiniment petit et l’infiniment grand se touchent ! Ultime chimie des peuples, la géographie et l’histoire se touchent et s’articulent autour de l’homme conquérant, prédateur et bâtisseur, pour exulter de la possession, du sang et des passions, la culture, la civilisation et la connaissance ! La culture avec la politique, la politique avec l’éthique, qui s’humanise et se démocratise !
Raison, religion et politique,
La logique fait de nouveau bon ménage avec la religion : la religion n’est plus une contrainte mais un choix, une volonté de comprendre, la vie et le monde, un moyen de se libérer des contingences matérialistes et d’espérer ! La liberté de l’homme, prime sur ses convictions et pratiques. Dieu n’a pas besoins de dévots ni de croyants contre gré. La religion ne doit pas se nourrir de contraintes ni être coercitive ! Il est des savants et des physiciens qui après avoir dépassé le stade des honneurs se rapprochent de Dieu. Dieu est craint par ses savants qui excellent dans la connaissance. Et se rapprochent de Lui au point qu’Allah, dit en substance dans le Coran : « Que Dieu respecte de parmi les créatures qui l’adorent, les savants » ! Allégorie ou parabole, qui mesure l’importance du savoir et de la grandeur des scientifiques dans notre civilisation !
La science fait obligatoirement bon ménage avec la religion au risque de tuer celle-ci si elle se goure ! Toute interprétation des sens des Livres Saints ne peut se faire qu’avec les concepts les plus modernes et les découvertes les plus récentes.
Une anecdote
On ne peut parler de Habriche, al hibre, sans penser à la chance, au Minoune du Bayane d’avoir eu un Encreur pareil ! Infatigable cheville ouvrière. Le matheux statisticien, l’économiste, était jaloux de ses concepts politiques. Il n’a jamais aimé qu’on lui parle de « libéralisme musulman » ! Double horreur qui le fit jaser et grincer les dents ! Était-ce par fidélité de l’étudiant au référentiel communiste ? Alternative socialiste qui s‘est levé contre les abus et les exactions d’un libéralisme sauvage, au moment ou les syndicats ouvriers, étaient trop balbutiants pour y faire balance ! Y ajouter le label « musulman », tant décrié déjà, était une accolade suspecte, que le rigoureux enseignant ne pouvait supporter ! On n’invente pas, en Psd, impunément, un courant économique, quand on est simple médecin, de surcroît ! N’est pas Marx qui veut ! Moraliser la tendance sauvage du libéralisme, par un amendement, éthique, musulman, faisait trop faisandé, car à l’époque les Talibans, épaulés par leurs oncles d’Amérique, tentaient de se libérer du joug soviétique ! Maîtres du matérialisme, jaloux en la matière !
Mimoun, défenseur de l’orthodoxie académique, n’a pas pu verser dans ces psaumes hérétiques ! Il réagit, aussi sec, à une critique mienne, sur un ton acerbe et caustique, malgré le calme homérique de Nadir Yata ! Il avait pris, lors d’un moment de fatigue du rédacteur, sa célèbre rubrique « Mais, dit l’autre ». Mimoun attendait du médecin iconoclaste, qu’il fasse mieux dans sa matière et s’occupe plus de ses malades, que de se pourfendre d’une théorie, morte née, sur un libéralisme qu’il fallait combattre plutôt que de l’édulcorer ! C’était avant la chute du Mur ! La fidélité fondamentaliste à la science, rend l’erreur des amateurs, impardonnable, Mimoun ! Du monde où tu te trouves, sache l’âmi, que je continue à espérer pour notre monde d’ici-bas, que la mondialisation et son axe univoque « du bien », soit des fois modulés par des valeurs de pacifisme et de clémence, que l’on retrouve dans l’Islam ! Plutôt que dans les formes terroristes et rebelles, des spectres manipulés, que gouverne un empereur impétueux et placide épris de croisades ! L’islam de la tolérance et de l’ijtihad, non celui des anciens associés et agents, des potentats marionnettes et autres Che(s) du djihad, qui se sont subitement révoltés contre les agissements et les sombres visées de leur colon de parrain !
Mortels que nous sommes, adeptes du juste milieu, nous prônons un idéal de libéralisme, tempéré de moralité, adapté au normes de la religion telle qu’elle est communément pratiquée. N’est-ce pas qu’on essaie d’approcher, ici, dans le bled où nous sommes, plaque tournante des civilisations, clé de voûte d’une arche de Noé, une main de paix, tendue dans le Détroit des dogmes et des continents ? La religion est ici une donnée géopolitique incontournable à intégrer dans toutes les études. Vouloir stériliser les mœurs judiciaires, administratives, exécutives, économiques, de cette donnée est une erreur de gestion, même si son contraire est enseigné dans les universités américaines ! Nous ne pouvons plagier tous les parangons qui nous entourent, sans devenir des singes, des déracinés, délaissés dans l’enclos qui les enserre !
L’homme, cet inconscient !
Oui, l’homme politique vit en symbiose avec son milieu, autrement, il ne sert ni l’état ni les électeurs. Les vertus civiques font qu’il vit dans un continuum qu’il analyse, gère ou façonne, qu’il subit ou transforme. Militant d’un parti, médecin ou instituteur, il est adepte d’un tout, d’une usine, d’une ferme, d’une classe, qui s’appelle la Patrie ou la Nation : concepts qu’il a su représenter pour lui ou pour les siens.
Il est des parties que l’on néglige ou excède et qui sont obligées de fonctionner pour un ensemble de cet être complexe qu’est l’homme. Nous devons soigner ce capital occulte et fugace, ce corps qui est nous-même, et qui s’use, immanquablement ! Véritable automate qui cache un miracle de chimie, de physique et d’électronique ! Nos excès le rebutent et finissent à raison par déclencher des pannes. Nous sommes parfois conscients de celles-ci, mais nous ne saurions reconnaître les autres. A titre d’exemple, pouvez vous commander votre digestion, votre ovulation. Il se passe en vous des choses que vous ne pouvez diriger ! Ainsi va l’homme ! Nous te rejoindrons tous Mimoun !
Ainsi est l’homme, carnassier, animal évolué, qui ne diffère des fauves que de quelque dizaine de gênes sur quelques chromosomes. L’homme, cette belle mécanique, dont on ne voit pas le pilote qui est dans le cerveau ou au dessus du crâne qui la commande ! Quid du responsable des actes prescrits, du déterminant biologique ou du destin métaphysique ? La voiture sait-elle qui la conduit ? Si cela se peut déjà avec des models expérimentaux, mais nous ? Saura-t-il ce qui il est avant sa conception et là de la mort ? Opterait-il pour le chois de cette vie, s’il en connaît les souffrances ? Ou, est-il obligé de vivre une vie dont il n’a pas le choix ? Mimoun, le socialiste ou le religieux l’humanitaire, sont sensibles aux souffrances, que l’humanité, que tous les êtres vivants partagent ! Objet mortel d’un décret inconnu, qui fixe son origine et qui l’empêche de savoir
Pieds sur terre, tête dans les cieux
Pendant ce temps Bush, pour faire souffrir encore des millions de personnes, sort un spectre de son placard, avant la deuxième représentation de la guerre d’Irak. Bill Ladden. Ne reculant devant aucune honte, cultivant l’amalgame, la sournoiserie, la duplicité, les leurres, il trompe une Amérique bonne enfant et l’engage sur un crime de civilisation. Un nettoyage ethnique prémédité. Simple revanche d’un clan de texans, sur un tyran, leur innommable criminel de guerre, Saddam, qui leur échappe, lui et son pétrole ! Devenu bouc émissaire, voilà Saddam qui sert, pour cacher une honte, celle de n’avoir pas mis le grappin sur leur vieil acolyte, Bill Laden, qui toujours en vadrouille !
Mort ou vif, Bil Laden, continue de faire peur à l’Amérique. Grâce à la psychose obsessionnelle de Bush, il sert à l’Amérique à son tour. Question de coller à Saddam sa part de tremper dans le terrorisme afin de justifier l’anéantissement de l’Irak ! Le nouveau César du monde, s’appropriera avec ses séides les biens d’Ur et de Babylone, le pétrole de la plus ancienne des civilisations causera sa perte. Un pays qui a autant le droit qu’un autre, à disposer d’armes. Mais, trop proche de l’arsenal nucléaire israélien ! Même s’il a été anéanti par Bush, le père, et placé sous embargo durant plus de dix ans, il aura beau jurer qu’il ne dispose pas d’un pétard, on ne le croira plus !
Nous aspirons à la justice de Dieu sur terre. Et si nous sommes à Dieu, Mimoun, il faut bien qu’il nous délivre de ses Saints, avant de Lui revenir ! Soi calme ô ma douleur et laisse-moi penser. Et si tu veux m’emporter, laisse-moi réfléchir où on va, encore, un instant ! Adieu Mimoun, toi qui au ciel et si proche des esprits, dis aux anges, demande à Dieu, l’Unique, celui de tous et de toutes les religions, d’opérer un miracle ! Nous ne voulons plus de guerres sur cette terre.
Dr Idrissi Myahmed, Kénitra,
Le 15 février 2003 , ave Diouri, tel fax 037376330
Texte rédigé à la mémoire de feu Minoun Habriche, pour Al Bayane
Avec mes condoléances à la famille, à celle d’Al Bayane et du PPS.