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le cas de VIH fulgurant

Envoi de AAMM-INFOS le 20 Mars 2005 13:06:20:

Le cas fulgurant de New-York analysé

NOUVELOBS.COM | 19.03.05 | 12:10

Diagnostiqué il y a un mois sur un patient new-yorkais, le cas de VIH fulgurant ne serait pas exceptionnel, selon un article paru samedi dans une revue médicale.


Le virus d'immunodéficience humaine (VIH)

U n mois après l'annonce, largement médiatisée, de l'apparition d'un cas de sida jugé fulgurant sur un malade newyorkais, un article publié samedi dans la revue médicale britannique Lancet apporte des précisions sur ce cas rare, mais pas forcément exceptionnel, selon des experts.
Le patient dont les tests de détection d'anticorps anti-VIH étaient restés négatifs jusqu'en mai 2003, a souffert d'un épisode fébrile début novembre 2004, deux semaines après avoir eu des rapports sexuels à haut risques avec des partenaires multiples.
Cette fièvre pourrait être le signe d'une primoinfection par le virus du sida suite à une contamination en octobre, selon l'étude publiée par l'équipe des Dr Martin Markowitz et David Ho.

Maladie développée en 20 mois

Diagnostiqué séropositif en décembre 2004, le patient homosexuel souffrait en février d'une grande fatigue, d'un amaigrisssement, alors que son taux de lymphocytes CD4, les cellules immunitaires infectées par le VIH, est inférieur à 80 par microlitre (millionième de litre). Ce qui correspond à un diagnostic de sida-maladie, selon l'équipe américaine.

Cependant, le patient ne souffre pas de maladies opportunistes, critère retenu en France pour caractériser le sida déclaré, selon une spécialiste de l'Institut national de veille sanitaire (InVS).
Si l'infection a eu lieu en octobre, il ne s'est écoulé que quatre à cinq mois avant l'apparition du sida-maladie, selon l'équipe américaine. La maladie s'est développée en vingt mois au plus, le patient étant séronégatif en mai 2003.

La probabilité de voir l'infection évoluer en moins de douze mois vers le sida-maladie est de 45 sur 10.000, selon des données (Multicenter Aids Cohort Study) présentées en février à Boston, lors de la 12e conférence annuelle sur les rétrovirus, rappelle l'équipe américaine. Pour une évolution en moins de six mois, la probabilité est de 7 sur 10.000.
Le patient américain "a progressé très rapidement vers le sida, ce n'est pas fréquent mais ce n'est pas anormal", nuance le Dr Caroline Semaille, responsable de la surveillance du VIH en France à l'InVS, soulignant qu'il n'y a "pas de preuve que l'infection ait eu lieu en octobre."

"Ca s'est déjà vu

"Si c'est vingt mois, c'est pas très rapide, quatre mois c'est rapide, mais ça s'est déjà vu", a-t-elle déclaré, soulignant qu'il "y a peu près 1%" des séropositifs qui "évoluent dans les deux ans vers le sida".

L'apparition chez le patient américain d'une souche de virus, résistante à trois des quatre classes d'antirétroviraux (ARV) contre le sida (seuls l'enfuvirtide et l'efavirenz sont efficaces), n'est pas non plus exceptionnelle.
Des souches "multirésistantes" sont découvertes en France chez "4 à 5% des personnes qui viennent de s'infecter", précise le Dr Semaille.
Avantagé par des mutations génétiques qui lui permettent d'échapper à la plupart des ARV, le virus du patient américain a néanmoins gardé sa virulence, c'est-à-dire sa capacité à se multiplier aussi rapidement qu'un virus "sauvage" non muté, selon l'étude publiée dans le Lancet.
Invitant à renforcer la prévention, l'équipe américaine s'inquiète de voir la propagation de l'épidémie accentuée par l'usage d'une drogue à base d'amphétamines lors des rapports sexuels. Mais, insiste-t-elle, il faut "éviter de prendre des mesures punitives vis-à-vis des populations les plus vulnérables".
Ce type de drogue augmente la libido et peut conduire à des expériences sexuelles "plus hard" et moins protégées, donc plus à risques, explique le Dr Semaille, précisant qu'en France ce type de pratique "n'a pas encore été identifié" mais que la vigilance est de mise


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